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je suis tout à fait pour ce genre de protèction félicitation pour cette détermination...
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RD Congo : Au Nord-Kivu, une tuerie a eu lieu sous les yeux des casques bleus

Publié le 10/11/2008 à 12:00 par sergegrah
RD Congo : Au Nord-Kivu, une tuerie a eu lieu sous les yeux des casques bleus
Pour prendre l’exacte mesure de la tuerie qui a eu lieu à Kiwandja, entre mercredi 5 novembre et jeudi 6 novembre 2008 au matin, il faudrait passer chaque quartier, voire chaque habitation de la bourgade du Nord-Kivu au crible, tant les morts y sont nombreux et dispersés. Mais il est évident que la petite localité de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a subi un ratissage sanglant. L’essentiel de la responsabilité en incombe aux rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) du général Laurent Nkunda, composé en grande partie d’éléments tutsis et engagé depuis la veille, face à un ennemi souvent en civil, dans la reconquête de quartiers hostiles, habités par de nombreux Hutus congolais. Dans une minuscule maison du quartier de Mabongo 2, les morts appartiennent, selon des voisins apeurés, à la même famille : deux adultes, un enfant, deux adolescents. Sur quelques centaines de mètres, d’autres cadavres sont dissimulés dans d’autres maisons. Surtout des hommes, jeunes. Mais aussi une femme. Plus loin, un vieillard avec une balle dans la tête. En fin de journée, plusieurs journalistes ayant pénétré dans Kiwandja avaient recensé une dizaine de morts, chacun de leur côté (seize dans mon cas) dans deux quartiers. L’étendue de l’agglomération interdisait de considérer ces chiffres comme définitifs. Un habitant de la ville, seul rescapé d’une famille, affirme avoir été épargné par les soldats "pour aller dire aux autres de ne pas rejoindre les maï-maï dans la forêt" où se trouvent le maquis de ces guerriers traditionnels alliés du pouvoir central.

Mercredi 5 novembre, le CNDP avait lancé une offensive pour reprendre Kiwandja aux maï-maï appuyés par des groupes de FDLR (rebelles hutus rwandais) et des éléments des forces gouvernementales qui en avaient pris le contrôle la veille, et se fondaient dans la population. Ordre avait été donc été donné aux habitants d’évacuer la ville, faisant de tout traînard un ennemi potentiel. En ville, le major Muhire, conseiller en matière de sécurité de Laurent Nkunda, ne cherche pas à minimiser les pertes. Il reconnaît n’avoir fait aucun prisonnier, mais affirme que seuls des "malintentionnés", les combattants, ont été tués. "Le nombre de morts que j’ai pu voir moi-même sur le champ de bataille dépassait la cinquantaine", affirme-t-il, tout en insistant sur l’hostilité de Kiwandja où, selon lui, "tous les magasins appartiennent à des maï-maï ou à des FDLR". Un autre officier du CNDP, interrogé par un reporter de Radio France internationale, a estimé que la rébellion avait tué "plus de deux cents" personnes. Jeudi 6 novembre 2008 au soir, une porte-parole de la mission de l’ONU en République démocratique du Congo (Monuc) se disait "extrêmement préoccupée" par les rapports qui lui arraivaient. Elle évoquait "des exactions graves contre des civils, y compris des exécutions sommaires".

Pendant ce temps, la vaste majorité de la population de la ville errait à la recherche d’un abri pour une nouvelle nuit à la belle étoile, sans eau, sans nourriture, sans toilettes, ni aide extérieure, à commencer par celle que les Nations Unies auraient pu leur apporter. Dès les premiers combats, les casques bleus se sont claquemurés dans leur base, déployant leurs hommes à l’intérieur, arme en main, prêts à ouvrir le feu sur quiconque, au sein de la population, tenterait de pénétrer dans leur enceinte protégée des barbelés. Les exactions des maï-maï et le ratissage sanglant des soldats du CNDP ont eu lieu à quelques centaines de mètres à vol d’oiseau de leur camp. Dans le centre de santé protestant CBK, non loin du centre, une poignée d’infirmiers, hommes et femmes, ont décidé de rester coûte que coûte pour soigner les blessés et les évacuer vers l’hôpital de Rutshuru, à 4 km. Dans sa blouse blanche maculée, l’un d’entre eux explique : "Si des mamans viennent donner naissance, on ne peut pas les laisser accoucher toutes seules, par terre." Comme tous ceux qui pratiquent autour de lui cet héroïsme discret, l’homme se met à trembler de colère en évoquant les ONG internationales qui ont fui la ville dès les premières difficultés, abandonnant la population à elle-même. "Ils ont tous pris fuite, sauf Médecins sans frontières ! Si j’étais au gouvernement, j’interdirais à ces gens de revenir ici."

Jean-Philippe REMY
In Le Monde

Miriam Makeba, une voix de l'Afrique, s’est éteinte

Publié le 10/11/2008 à 12:00 par sergegrah
Miriam Makeba, une voix  de l'Afrique, s’est éteinte
La chanteuse sud-africaine, auteur de succès planétaire «Pata Pata» et figure de la lutte contre l'apartheid, est décédée d'une crise cardiaque à l'âge de 76 ans. Surnommée "Mama of Africa", Miriam Makeba est la chanteuse africaine la plus célèbre de tous les temps. Elle s'est longtemps battue contre l'apartheid et à lutter contre tous les racismes. Plus encore qu'une immense artiste, Miriam Makeba est un symbole.

Sa chanson "Pata, Pata" a fait le tour du monde et est sans doute l'une des rengaines africaines les plus connues. Quant à Miriam Makeba elle-même, c'est un monument, un symbole pour tous les Africains. Non contente d'être l'une des artistes majeures du XXème siècle, elle incarne le combat des cultures africaines pour être reconnues par le reste du monde.

De son nom complet Zenzile Makeba Qgwashu Nguvama Yiketheli Nxgowa Bantana Balomzi Xa Ufun Ubajabulisa Ubaphekeli Mbiza Yotshwala Sithi Xa Saku Qgiba Ukutja Sithathe Izitsha Sizi Khabe Singama Lawu Singama Qgwashu Singama Nqamla Nqgithi, Miriam Makéba est nNée le 4 mars 1932 à Johannesburg. Elle commence très jeune à chanter. A 20 ans, elle est choisie pour être l'une des principales choristes du groupe "Manhattan Brothers", une formation très en vogue qui effectue des tournées mondiales. Son talent évident la met très vite en avant.

En 1956, elle écrit ce qui deviendra un tube légendaire : la chanson "Pata, Pata". Sa renommée dépasse les frontières du continent africain et en 1959, un producteur de Broadway fait appel à elle pour tenir le rôle principal de "King Kong", une comédie musicale à succès basée sur la vie d'un grand boxeur. La même année, elle est la vedette d'un documentaire intitulé "Come back Africa" présenté dans le cadre du très prestigieux Festival du Cinéma de Venise. Enfin pour clore en beauté le palmarès de cette année 1959, elle reçoit un grammy award pour son disque "An evening with Harry Belafonte et Miriam Makeba". Première artiste sud africaine à obtenir cette récompense, son aura ne cesse de grandir.

La rencontre avec Harry Belafonte sera déterminante. Symbole des retrouvailles entre noirs américains et leurs cousins africains, cette collaboration dépasse largement le simple cadre d'un travail artistique. Profitant de cette formidable occasion et des prises de conscience qu'elle engendre, Miriam Makeba multiplie les déclarations anti Apartheid. En 1963, l'un de ses discours virulents - et pourtant porteurs de paix - à l'Unesco met le feu aux poudres. Le gouvernement Sud Africain l'exile. Comme le dit joliment Miriam Makeba "Je suis alors devenue citoyenne du monde". Elle s'installe aux Etats-Unis où elle poursuit son combat sans trêve. Les vexations des autorités sud-africaines ne l'arrêteront pas, même si elles sont douloureuses. C'est ainsi que lorsque sa mère décède, la chanteuse n'obtiendra pas le simple droit d'assister aux obsèques.
Aux Etats-Unis, Miriam Makeba se lie aux Black Panthers, se sépare du musicien Hugh Masekela pour épouser Stokely Carmichael, l'un des leaders du mouvement.

Conséquence : le gouvernement américain déclare sa présence indésirable. L'année où elle réalise une version -LA version- de "Pata, Pata" qui reste en tête de tous les hits parades dans le monde entier, elle est contrainte de s'exiler à nouveau. La Guinée l'accueille à bras ouverts. Ce retour de la star en terre africaine est vécu à la fois comme un camouflet de l'impérialisme et comme une bouffée d'espoir par la plupart des noirs. La chanteuse acquiert alors un statut que peu d’artistes n’ont jamais atteint. D'autant plus qu'inlassablement, elle continue à multiplier les déclarations pour dénoncer le racisme et l'oppression. Discours aux Nations Unies, trophée de "La femme du siècle" décerné par le Bedford Styversant Comunity of New York, décorée par la France au titre de "Commandeur des Arts et Lettres"... les récompenses et titres honorifiques ne cessent de saluer l'impressionnant travail que réalise Miriam Makeba pour dénoncer l'Apartheid.

Sa vie aura été un combat permanent contre l'injustice, le 9 novembre 2008 elle décéde des suites d'une crise cardiaque à Naples, alors qu'elle participait à un concert de soutien à l'écrivain Roberto Saviano, menacé de mort par la Camorra. Elle restera dans l'histoire comme une immense artiste, symbole de la liberté.

Et si Dieu n'aimait pas les Noirs ?

Publié le 07/11/2008 à 12:00 par sergegrah
Et si Dieu n'aimait pas les Noirs ?
Et si Dieu n’aimait pas les Noirs, est le prochain livre de Serge Bilé. Il paraîtra le 8 janvier 2009 aux éditions Pascal Galodé. Sous-titré « Enquête sur le racisme aujourd’hui au Vatican », cet ouvrage, écrit en collaboration avec le journaliste italo-camerounais Audifac Ignace, « regroupe des témoignages de prêtres, d’évêques et de cardinaux africains, en poste à Rome, mais aussi de religieuses africaines envoyées par les congrégations de leur pays dans les couvents italiens, explique le Franco-Ivoirien. Tous racontent, pour la première fois, avec beaucoup de douleur, les discriminations dont ils sont victimes, au Saint-Siège même, de la part de leurs confrères et consœurs européens. »

En janvier 1944, alors que les armées alliées font route pour libérer Rome, occupée par les nazis, le pape Pie XII exige, curieusement, qu'aucun soldat noir, africain, antillais, ou américain, ne soit déployé aux portes du Vatican.

En aout 1988, le secrétaire particulier de Jean-Paul II, l'évêque zaïrois Emery Kabongo, est sauvagement agressé, officiellement par des inconnus, à Castel Gandolfo, la résidence d'été du souverain pontife, pourtant si bien gardée.

Aujourd'hui, les prêtres africains, en poste ou de passage au Saint-Siège, se disent discriminés. Plusieurs ont même été bannis, pour avoir prolongé leur séjour italien, au-delà de la limite autorisée. Ils sont désormais mendiants et sans papiers.

Quant aux religieuses africaines, que les congrégations romaines font venir, pour palier la crise des vocations, elles constituent une main d'œuvre corvéable à merci. Désemparées, beaucoup d'entre elles échouent dans la prostitution !

Ce livre, fruit d'une minutieuse enquête, dévoile les ombres et contradictions d'une institution, qui n'arrive toujours pas à se débarrasser de ses propres préjugés sur les Noirs, qu'elle considérait, jadis, à l'image, non pas de Dieu, mais du diable !

Du sang dans nos portables

Publié le 07/11/2008 à 12:00 par sergegrah
Du sang dans nos portables
République Démocratique Congo : comment nous alimentons la guerre la plus sanglante d'Afrique

Des Congolais jettent des pierres aux Casques bleus qui patrouillent sur la
route à Kibati, à 25 km au nord de Goma.

La guerre la plus meurtrière depuis l'invasion de l'Europe par Adolf Hitler
recommence - et il est pratiquement certain que vous portez dans votre
poche, un débris ensanglanté de ce massacre. A la vue de l'holocauste au
Congo avec ses 5,4 millions de morts, le même vieux cliché sur l'Afrique
ressort : c'est un « conflit tribal » « au cœur des ténèbres ». Il n'en est
rien. Une enquête des Nations Unies a constaté que cette guerre était menée
par des « armées de business » pour s'emparer des métaux qui permettent à
notre société du 21ème siècle de faire bling bling. La guerre au Congo est
une guerre qui vous concerne.

Chaque jour, je pense aux gens que j'ai rencontrés dans les zones de guerre
de l'est du Congo lorsque j'y faisais des reportages. Les services
hospitaliers étaient remplis de femmes qui avaient subi des viols collectifs
par les milices et qui avaient blessées par balle au vagin. Les bataillons
d'enfants soldats âgés de 13 ans, drogués, hagards, qu'on a obligés à tuer
les membres de leurs propres familles pour les empêcher de s'enfuir et de
retourner chez eux. Mais curieusement, alors que je regarde la guerre qui
recommence sur CNN, je me prends à penser à une femme que j'ai rencontrée et
qui, selon les critères congolais, n'avait pas trop souffert.

Un jour que, revenant d'une mine de diamants, je rentrais à Goma, ma voiture
a crevé. Pendant que j'attendais qu'elle soit réparée, je me tenais au bord
de la route et je regardais les longues colonnes de femmes qui titubent sur
chaque route de l'est du Congo, transportant tous leurs biens sur leur dos,
cet amas d'affaires les handicapant terriblement. J'arrêtai une femme de 27
ans qui s'appelait Marie-Jeanne Bisimwa et qui avait quatre petits enfants
accrochés à elle. Elle me raconta qu'elle avait de la chance. Oui, son
village avait été brûlé. Oui, elle avait perdu son mari quelque part dans le
chaos. Oui, sa sœur avait été violée et était devenue folle. Mais elle-même
et ses enfants étaient en vie.

Je l'ai emmenée dans ma voiture, et ce n'est qu'après quelques heures de
discussion sur les routes défoncées que j'ai remarqué que quelque chose ne
tournait pas rond avec les enfants de Marie-Jeanne. Ils étaient affaissés,
le regard fixe. Ils ne regardaient pas autour d'eux, ne parlaient pas, ne
souriaient pas. « Je n'ai même pas pu les nourrir », m'a-t-elle dit, « à cause
de la guerre. »

Leurs cerveaux ne se s'étaient pas développés et ne se développeront jamais
plus. « Est-ce qu'ils vont aller mieux ? », m'a-t-elle demandé. Je l'ai
déposée dans un village à la périphérie de Goma et ses enfants l'ont suivie
en trébuchant, inexpressifs.

Il y a deux histoires sur l'origine de cette guerre : l'histoire officielle
et la véritable histoire. L'histoire officielle est qu'après le génocide au
Rwanda, les Hutus, auteurs des massacres, traversèrent la frontière et
fuirent au Congo. Le gouvernement rwandais les aurait poursuivis. Mais ceci
est un mensonge. Comment le savons-nous ? Le gouvernement rwandais n'est pas
allé à la poursuite des Hutus génocidaires, en tout cas, pas dans un premier
temps. Il est allé là où se trouvent les ressources naturelles du Congo et
a commencé à les piller. Ils ont même dit à leurs troupes de travailler avec
les Hutus qu'elles rencontreraient. Le Congo est le pays le plus riche au
monde en or, en diamants, en coltane*, en cassitérite et autres minerais.
Tout le monde en voulait une part, c'est pourquoi six autres pays ont envahi
le Congo.

Ces ressources n'ont pas été volées pour être utilisées en Afrique. Elles
ont été raflées afin de nous être vendues. Plus nous en achetons, plus
l'envahisseur pille et massacre. L'augmentation du nombre des téléphones
portables a créé une hausse des morts car le coltane qu'ils contiennent se
trouve essentiellement au Congo. Les Nations Unies ont cité les sociétés
internationales qui seraient, selon elles, impliquées dans ce pillage :
Anglo-America, Standard Chartered Bank, De Beers et une centaine d'autres
(toutes ces sociétés ont démenti ces accusations). Mais au lieu d'arrêter
ces entreprises, nos gouvernements ont demandé aux Nations Unies d'arrêter
de les critiquer.

Il y a eu des périodes où les combats ont faibli. En 2003, un accord de paix
a finalement pu être négocié par les Nations Unies et les armées étrangères
se sont retirées. Beaucoup ont continué à travailler à travers des milices amies mais le carnage a quelque peu diminué. Jusqu'à maintenant. Comme pour la première guerre, il y a l'histoire publique officielle et la vérité. Un chef de milice congolaise, nommé Laurent Nkunda, soutenu par le Rwanda, a déclaré qu'il devait protéger la population tutsi locale des mêmes génocidaires hutus qui étaient restés cachés dans les jungles de l'est du Congo depuis 1994. C'est pourquoi il s'empare aujourd'hui des bases militaires congolaises et il est en train de marcher sur Goma.

C'est un mensonge. François Grignon, directeur pour l'Afrique du groupe de
réflexion International Crisis Group m'a dit la vérité : «Nkunda est financé
par les entrepreneurs rwandais qui, ainsi, peuvent garder le contrôle des
mines du Nord-Kivu. C'est le cœur absolu du conflit. En fait, ce à quoi
nous assistons, c'est un combat des bénéficiaires de l'économie de guerre
illégale pour conserver leur droit d'exploitation.»

En ce moment, les businessmen rwandais font une fortune avec les mines dont
ils se sont emparés illégalement durant la guerre. Le prix mondial du
coltane s'effondre, alors maintenant ils se concentrent avidement sur la
cassitérite, qui est utilisée pour faire des boîtes de conserve et d'autres
produits de consommation courante. Quand la guerre a commencé à faiblir, ils
ont vu qu'ils perdaient leur contrôle face au gouvernement congolais élu,
c'est pourquoi ils ont réamorcé la guerre de façon sanglante.

Mais le débat sur le Congo en Occident (quand il y en a un) se concentre sur
notre incapacité à fournir un pansement, sans même évoquer le fait que nous
sommes ceux qui avons provoqué la blessure. C'est vrai que les 17 000
Casques bleus présents dans le pays échouent, de manière catastrophique, à
protéger la population civile, et ont un besoin urgent d'être renforcée.
Mais il faut surtout cesser d'alimenter la guerre, tout d'abord en arrêtant
d'acheter des ressources naturelles ensanglantées. Si Nkunda a assez d'armes
à feu et de grenades pour combattre l'armée congolaise et les Nations Unies
c'est uniquement parce que nous lui achetons son butin. Nous devons
poursuivre en justice les entreprises qui achètent ces ressources, pour
complicité de crimes contre l'humanité, et introduire une taxe mondiale sur
le coltane pour financer une force de paix conséquente. Pour en arriver là,
nous avons besoin de construire un système international qui accorde plus de
valeur à la vie de Noirs qu'au profit.

Quelque part là-bas, perdus au milieu du grand pillage international des
ressources du Congo, se trouvent Marie- Jeanne et ses enfants, qui errent à
nouveau, claudiquant, le long de la route, portant tout ce qu'ils possèdent
sur leurs dos. Ils n'utiliseront sans doute jamais de téléphone portable
plein de coltane, ni de boîte de haricots en cassitérite fondue, ni ne
porteront de colliers en or, mais il se pourrait qu'ils meurent pour un de
ces produits que nous consommons.

Par Johann Hari « How we fuel Africa's bloodiest war”
Traduction Isabelle Rousselot, révisé par Fausto Giudice

*Le coltan : (version abrégée de « Colombite-Tantalite ») est un minerai métallique, que l'on trouve principalement dans l'est de la République démocratique du Congo. Une fois raffiné, le coltan produit du tantale métallique, qui peut stocker des charges électriques élevées et est par conséquent employé dans les condensateurs qui entrent dans la composition des téléphones mobiles et des Playstations, entre autres.


La Marseillaise, un chant guerrier ?

Publié le 24/10/2008 à 12:00 par sergegrah
La Marseillaise, un chant guerrier ?
14 octobre dernier, lors du match France-Tunisie, "La Marseillaise", l'hymne de la France avait été sifflé par le public du stade de France. Cet incident est l’occasion d’une véritable levée de bouclier sur la Seine. RFI, notre chère radio mondiale, a jugé l’attitude « incivique, scandaleux et proprement insupportable ».

Tout ce qui touche à la France étant très cher aux ivoiriens que nous sommes, je voudrais ouvrir ici un « petit débat » sur cet incident politico-sportif qui secoue actuellement le pays de « nos ancêtres les gaulois ».

Pour comprendre l’enjeu d’un tel débat, que chacun relise ces paroles et les analyse en toute sérénité…

LA MARSEILLAISE

[i]1er couplet :

Allons enfants de la Patrie,
Le jour de gloire est arrivé !
Contre nous de la tyrannie,
L'étendard sanglant est levé, (bis)
Entendez-vous dans les campagnes
Mugir ces féroces soldats ?
Ils viennent jusque dans vos bras
Égorger vos fils, vos compagnes !

Refrain :

Aux armes, citoyens
Formez vos bataillons
Marchons, marchons !
Qu'un sang impur
Abreuve nos sillons !

Couplet 2 :

Que veut cette horde d'esclaves,
De traîtres, de rois conjurés ?
Pour qui ces ignobles entraves,
Ces fers dès longtemps préparés ? (bis)
Français, pour nous, ah ! quel outrage
Quels transports il doit exciter !
C'est nous qu'on ose méditer
De rendre à l'antique esclavage !

Refrain

Couplet 3 :

Quoi ! des cohortes étrangères
Feraient la loi dans nos foyers !
Quoi ! ces phalanges mercenaires
Terrasseraient nos fiers guerriers ! (bis)
Grand Dieu ! par des mains enchaînées
Nos fronts sous le joug se ploieraient
De vils despotes deviendraient
Les maîtres de nos destinées !

Refrain

Couplet 4 :

Tremblez, tyrans et vous perfides
L'opprobre de tous les partis,
Tremblez ! vos projets parricides
Vont enfin recevoir leurs prix ! (bis)
Tout est soldat pour vous combattre,
S'ils tombent, nos jeunes héros,
La terre en produit de nouveaux,
Contre vous tout prêts à se battre !

Refrain

Couplet 5 :

Français, en guerriers magnanimes,
Portez ou retenez vos coups !
Épargnez ces tristes victimes,
À regret s'armant contre nous. (bis)
Mais ces despotes sanguinaires,
Mais ces complices de Bouillé,
Tous ces tigres qui, sans pitié,
Déchirent le sein de leur mère !

Refrain

Couplet 6 :

Amour sacré de la Patrie,
Conduis, soutiens nos bras vengeurs
Liberté, Liberté chérie,
Combats avec tes défenseurs ! (bis)
Sous nos drapeaux que la victoire
Accoure à tes mâles accents,
Que tes ennemis expirants
Voient ton triomphe et notre gloire !

Refrain

Couplet 7 (dit couplet des enfants) :

Nous entrerons dans la carrière
Quand nos aînés n'y seront plus,
Nous y trouverons leur poussière
Et la trace de leurs vertus (bis)
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de partager leur cercueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger ou de les suivre[/i]

J’imagine que les « ennemis » de la France doivent frémir en parcourant les paroles de ce chant guerrier… Avant de crier au scandale, il faut reconnaître que les sifflements sont les moindres effets que peuvent produire des paroles aussi violentes que « La Marseillaise ». Et dire que des gens se sont livrés une bataille impitoyable pour voir disparaître « L’ode à la Patrie » des antennes de la RTI…

En tous cas de mon avis, il est urgent que la France se décide à mettre en chantier un autre Hymne. Car, quel est donc « ce sang impur » qui doit encore « abreuver » la terre française ? Quelle est donc cette gloire qui surgirait d'un nouveau bain de sang ? Je crois que le pays de la « Déclaration universelle des droits de l’Homme », la France, si elle veut être respectée dans ses symboles, il faut que « ces symboles » soient eux-mêmes respectueux de l’Homme.

La France est-elle encore au temps des Marseillais dont l'ardeur avait sauvé la Patrie en péril ? La France d'aujourd'hui, celle de toutes les races, de tous les hommes, de toutes les femmes et de tous les enfants, doit être une Terre de la Fraternité et de la promotion et du respect des droits de tous les hommes… Fussent-ils des « Jeunes patriotes » de Laurent Gbagbo.





ETRE VIERGE AVANT LE MARIAGE, INDISPENSABLE OU SUPERFLU ?

Publié le 23/10/2008 à 12:00 par sergegrah
ETRE VIERGE AVANT LE MARIAGE, INDISPENSABLE OU SUPERFLU ?
TEMOIGNAGES…


Salimata, 29 ans

[i]C’est avant tout une affaire de choix. Je respecte le fait que certaines personnes souhaitent se préserver pour une personne en particulier. Mais je pense que ça peut être lourd à gérer dans la société dans laquelle nous vivons. Rester vierge jusqu’au mariage n’est plus perçu comme quelque chose de particulièrement vertueux. Dans certaines familles, il faut absolument être vierge au mariage mais, à mon avis, ça doit rester une décision personnelle. Chacun est encore libre de faire ce qu’il veut de son corps.[/i]

Myriam, 22 ans

[i]C’est un point de vue purement individuel. Le poids de la culture joue un rôle essentiel dans la question de la virginité avant le mariage. Mais c’est surtout religieux. J’ai déjà assisté à des cérémonies de mariage au Maroc et j’ai pu constater que dans la religion musulmane, la femme est oppressée par la virginité avant le mariage, certes, mais que l’homme l’est aussi. Il ne faut pas oublier que c’est des deux côtés.[/i]

Ibrahim, 25 ans

[i]Quand on est en face de l’être élu, on ne se pose pas la question de savoir si la personne est vierge ou non. Mais pour moi, si la personne est vierge, c’est mieux, et surtout si l’on envisage d’aller loin dans la relation. La culture, la religion et l’éducation pèsent très lourd sur la question.[/i]

Sébastien, 38 ans

Pour moi, il est important qu’une femme ne soit pas vierge au mariage. Une femme qui n’a pas eu de relations sexuelles dans sa vie va, une fois mariée, vouloir constamment chercher à découvrir de nouvelles sensations. Je veux que la femme que je vais épouser soit expérimentée.

Saly, 29 ans

[i]Je pense que ce n’est pas si important que ça. C’est plus une question de culture et d’éducation. La culture joue en effet un rôle essentiel dans le choix de rester, oui ou non, vierge jusqu’au mariage. Je pense aussi que c’est dans la tête. On a beau essayer des pratiques diverses et variées, si la personne a décidé de ne plus être vierge, il n’y a rien à faire contre ça. La preuve, on voit dans certains villages d’Afrique, des filles qui se font exciser dans le but qu’elles n’aient plus envie de sexe. Or, j’ai des amies à moi qui son victimes d’excision et il n’y a pas de différence au niveau de l’envie de sexe.[/i]

Fatou, 47 ans

[i]J’ai choisi de me préserver jusqu’à mon mariage mais c’était avant tout un choix par rapport à mes convictions religieuses. Je suis musulmane et dans ma religion, il est important de rester vierge jusqu’au mariage. Mais je pense vraiment que c’est un choix personnel. Ce sont les règles qu’on m’a inculquée depuis mon plus jeune âge mais aucune pression n’a été exercée sur moi à ce sujet. Donc j’avais le choix car à partir d’un certain âge mes parents ont considéré que j’étais assez grande pour faire la part des choses.[/i]

Aboubacar, 23 ans

[i]Par rapport à ma religion, je dirais que ça a de l’importance d’être vierge jusqu’au mariage. C’est symbolique et c’est une marque de respect pour la femme ou l’homme qu’on décide d’épouser. Mais d’un autre côté, je pense que si on est bien avec son compagnon, il n’y a pas de raison d’attendre. C’est plus de la perte de temps qu’autre chose. Le sexe contribue à la longévité du couple. Je pense que, de nos jours, on ne peut pas rester longtemps sans qu’il ne se passe quelque chose avec son partenaire.[/i]

Fodé, 51 ans

[i]Etre vierge au mariage, c’est le plus beau cadeau que l’on puisse faire à son mari ou sa femme. Pour moi, rester vierge jusqu’au mariage est la plus belle marque de respect. Se dire que sa femme (ou son mari) n’a été souillée par aucun autre homme, c’est magnifique. C’est plus religieux qu’autre chose, mais je trouve ce geste très important.[/i]

Francine, 17 ans

[i]Je pense qu’on ne choisit pas le moment venu. Si on est bien avec une personne, il n’y a aucune raison d’attendre très longtemps pour passer à l’acte. Ce n’est pas un acte réfléchi, quand on est prêt on y va consciemment mais aussi inconsciemment. Je pense que de nos jours, la religion n’a pas beaucoup de poids sur le sujet.[/i]

Ouattara, 33 ans

[i]Je ne pense pas que rester vierge jusqu’au mariage a vraiment son importance. La société a évolué les gens ne marchent plus comme avant. Maintenant, le sexe joue un rôle majeur dans la relation entre deux individus. Sans cela, une relation ne peut pas aller bien loin. La culture et la religion n’ont plus vraiment leur place en France.[/i]

Marie, 19 ans

[i]Je trouve ridicule de s’abstenir de passer à l’acte sous prétexte d’une religion ou d’une culture. C’est une affaire tellement personnelle, on ne devrait pas en faire une affaire d’état. Il y a même des jeunes filles persécutées par leurs parents qui veulent être assurés qu’elles seront vierges au mariage. Ce qui les pousse à faire des opérations et éviter le pire. C’est vraiment triste. Je suis d’accord pour que chaque parent inculque les règles qu’il veut à son enfant. Mais c’est à lui, une fois plus grand, de faire la part des choses.[/i]

Source : afrik.com

LE « SACRE » DE LA VIRGINITE D'HIER A AUJOURD'HUI

Publié le 23/10/2008 à 12:00 par sergegrah
LE « SACRE » DE LA VIRGINITE D'HIER A AUJOURD'HUI
Interview d’Alain Epelboin (CNRS)

[i]La virginité reste toujours importante dans certaines ethnies d’Afrique. Les raisons qui justifient sa sacralisation sont religieuses et sociales. Le médecin anthropologue français Alain Epelboin nous les explique, en prenant soin de préciser que ses dires ne sont pas spécifiques à l’Afrique. Ce chargé de recherche au Centre national de la recherche scientifique-Muséum national d’histoire naturelle revient aussi sur l’impact de la modernité et du sida sur le « sacre » de la virginité.[/i]

Sur quoi repose le « sacre » de l’hymen ?

La plupart du temps l’hymen n’est pas visualisé, c’est le saignement qui l’est. Je parlerais donc de « sacralisation de la virginité ». Préserver la virginité, c’est aussi socialiser la sexualité, maîtriser les pulsions individuelles anarchiques, non contrôlées par la communauté. Ce ne sont pas deux individus qui se marient, mais deux communautés qui perpétuent et/ou créent l’alliance matrimoniale. Ce sacre de la virginité est variable selon les sociétés : celles qui lient le mariage à la virginité et celles qui autorisent une sexualité/fécondité d’épreuve, permettant ainsi d’éprouver la fécondité avant le mariage officiel (même dans des sociétés disposant de contraception et/ou d’accès à des avortements « sécurisés ». Il y a aussi les sociétés (asiatiques mais pas seulement) qui considèrent qu’un rapport sexuel avec une jeune vierge est un remède « fortifiant », « virilisant », « rajeunissant » pour le partenaire masculin. Encore à l’heure actuelle, on retrouve la croyance que dépuceler une vierge peut guérir du sida. En ce qui concerne les garçons vierges, on peut retrouver ce caractère porte-bonheur pour la prostituée de bordels (par exemple au Brésil actuel, dans certains milieux où le père peut lui même conduire son fils au bordel pour le faire devenir un homme). N’oublions pas aussi les vierges du paradis promises par un certain islam aux martyres de la foi. Et aussi les pulsions pédophiles qui sont en rapport avec l’innocence, la virginité et l’initiation.

Comment les grandes religions monothéistes considèrent les ethnies qui « autorisent une sexualité/fécondité d’épreuve » ?

Les grandes religions annoncées (chrétiennes, musulmanes, juives...) se construisent sur le sacre de la virginité : c’est-à-dire au travers de la « sacralisation de la virginité », la construction d’une représentation de la pureté et de la souillure (cf. l’immaculée conception). Les christianisations (catholiques, protestantes) et/ou l’islamisation ont donc combattu et combattent les cultures autochtones qui favorisaient la sexualité d’épreuve avant le mariage (par exemple les Diolas du Sénégal et de nombreuses populations d’Afrique centrale). Du coup, certaines ethnies ne la pratiquent plus ou le font de façon très secrète.

En cas de relations sexuelles avant le mariage, quelles techniques utilisaient les femmes pour saigner (tout en sachant que même une femme vraiment vierge ne saigne pas toujours la première fois) ?

Il doit y en avoir des masses : j’ai en mémoire dans le monde entier (y compris en Europe) l’usage de contenants à la fois solides et fragiles (vessies/viscères de volailles, je crois...) avec un liquide artificiel rouge type sang et/ou du sang introduits dans le vagin à l’insu du marié, fabriqués par des complices (parentes, copines, guérisseuses...). Le problème du sang de remplacement, c’est qu’il faut empêcher qu’il ne coagule, sinon ce n’est pas crédible. Il existe des techniques chirurgicales anciennes et modernes (dont l’hyménoplastie, ndlr). En 1979, à Dakar, au Sénégal, un ami gynécologue obstétricien libanais utilisait un fil de catgut cousu à la base des petites lèvres qui devait s’arracher lors de la pénétration en provoquant un petit saignement. Le même problème se pose (et s’est posé depuis toujours) pour des couples qui ont déjà consommé et qui doivent faire croire que c’est la première fois. Là, le subterfuge est plus facile à réaliser et il suffit de se munir d’une fiole de sang quelconque.

L’urbanisation a-t-elle eu un impact sur le « sacre » de la virginité ?

L’urbanisation ou plutôt l’édification de mégapoles urbaines depuis les années 1970 et ses corollaires, à savoir des chômeurs incapables de payer la dot, ont certainement favorisé une sexualité hors mariage. La scolarisation dans le secondaire et l’université, que ce soit en Afrique ou ailleurs, font se rencontrer des jeunes gens qui ne se seraient pas rencontrés « normalement », avec une sexualité des jeunes filles incontrôlable par les tenants de l’ordre social. On parle beaucoup dans ces pays de rapports sexuels des enseignants avec leurs élèves.

L’épidémie de sida renforce-t-elle ou affaiblit-elle cette sacralisation ?

Au-delà des convictions quant à la dangerosité du VIH, il y a un usage social du sida fait par les pouvoirs politiques conservateurs/traditionalistes en place et les religions citées ci dessus, pour valoriser l’abstinence et la fidélité et stigmatiser le « vagabondage sexuel ».

En conclusion, que peut-on retenir sur cette question ?

Il faut rappeler que même dans les sociétés où il est interdit de « casser la gourde de miel » avant le mariage, il existe presque toujours des moyens de réparer. En d’autres termes que l’histoire abonde d’exemples qui montrent qu’il y a toujours coexistence entre le discours officiel/institutionnel et les discours/pratiques officieux.

Vierge à tout prix ?

Publié le 23/10/2008 à 12:00 par sergegrah
Vierge à tout prix ?
« Virginité », c’est le leitmotiv des adeptes du « culte de l’hymen ». Il repose essentiellement sur le saignement de cette membrane lors de la nuit de noces. Un saignement qui, dans la coutume pratiquée dans certains pays d’Afrique et ailleurs dans le monde, est sensé symboliser la pureté de la jeune mariée. Pourtant, l’hymen ne saigne pas toujours lors de la première pénétration...


Sous l’emprise d’une culture qui fait de la virginité une exigence et qui concentre l’honneur de toute une famille dans ce « bout de membrane », certaines femmes se retrouvent face à un douloureux dilemme. Soit parce qu’elles ont succombé aux plaisirs de la chair, soit parce qu’elles ont été victimes d’une agression sexuelle. Un traumatisme auquel elles ne souhaitent pas rajouter un drame familial. A tel point que certaines n’ont plus qu’une obsession : saigner le jour du mariage. Et tout est bon pour obtenir quelques gouttes d’hémoglobine sur les draps immaculés du lit nuptial et les cris de joie des matrones. D’aucunes optent pour des méthodes traditionnelles, quand certaines recourent aux grands moyens : l’hyménoplastie ou reconstruction de l’hymen.

Saigner comme une vierge : un impératif

Une chirurgie qualifiée d’« atteinte à la dignité de la femme » par une partie du corps médical et/ou une façon de s’enrichir sur la détresse des patientes. Certains praticiens dénoncent notamment leurs collègues du Maghreb qui pratiquent l’intervention à un coût exorbitant et dans des conditions d’hygiène douteuses et dangereuses. Des critiques qui confortent les populations qui estiment que la virginité n’est pas un absolu. Pour elles, être vierge n’est pas toujours une qualité. C’est le cas en République Démocratique du Congo. Dans certaines régions de ce pays, l’expérience (sexuelle) est plutôt considérée comme une vertu et la légèreté des femmes n’est point un crime.
Ces différentes postures démontrent bien que la virginité fait débat. Un débat qui nous permet de pénétrer cet univers de vraies fausses vierges, de comprendre leurs motivations et les arguments de leurs contradicteurs.


RapeX, premier préservatif anti-viol

Publié le 23/10/2008 à 12:00 par sergegrah
RapeX, premier préservatif anti-viol
Explications et controverse

La Sud-Africaine Sonette Ehlers a inventé un préservatif féminin dont les « épines » se plantent dans la peau du pénis du violeur. Le RapeX, une fois commercialisé, entend ainsi protéger les victimes des maladies sexuellement transmissibles, faire reculer le nombre faramineux de femmes agressées chaque année et confondre les auteurs des crimes. Mais l’invention, première du genre au monde, est controversée par plusieurs organisations, qui estiment notamment qu’elle expose les femmes à plus de violence de leur(s) violeur(s).


Pour ou contre le préservatif anti-viol ? Le débat est ouvert depuis quelques semaines en Afrique du Sud, où Sonette Ehlers a mis au point le RapeX. Cette invention unique, brevetée mais pas encore commercialisée, est destinée à protéger les femmes contre les violeurs. Ce qui n’est pas du luxe dans la Nation arc-en-ciel : selon la police, il y a plus de 50 000 viols rapportés par an. Côté associatif, on multiplie facilement ce chiffre par quatre, voire plus. Récemment, la Commission légale du pays, surnommé la « capitale du viol », a estimé à 1,69 million le nombre annuel d’agressions sexuelles. Au final, d’aucuns estiment qu’un viol est commis toutes les 26 secondes. Etant donné l’ampleur du phénomène, qui épargne de moins en moins enfants et nouveaux-nés, on aurait pu s’attendre à ce que la trouvaille de Sonette Ehlers soit accueillie à bras ouverts. Au contraire, le préservatif-piégeur-de-pénis est vivement critiqué par plusieurs associations.

Inspirée par une victime et un pénis coincé dans une braguette

Retour en 1959. « J’ai rencontré au service transfusion où je travaillais une jeune fille d’ethnie tswana qui avait été violée. Elle avait tant de peine sur son visage... Elle m’a dit : « Si j’avais eu des dents à cet endroit ! » J’ai alors promis de faire quelque chose un jour pour empêcher ce genre de choses. Deux ou trois semaines plus tard, j’ai rencontré près d’un théâtre deux médecins venus aider un homme qui s’était coincé le pénis dans la fermeture éclair de son pantalon. Il ne pouvait pas bouger et criait de douleur. C’est comme ça que j’ai eu l’idée de créer quelque chose qui empêche de courir et de bouger et qui ne peut pas être enlevé ailleurs qu’à l’hôpital », a confié à Afrik Sonette Ehlers.

Elle explique n’avoir jamais oublié sa promesse. « Mais, à l’époque, il manquait les matériaux pour réaliser ce que j’avais en tête. Il y a cinq ans, nous avions ce qu’il fallait. Un ingénieur est venu d’Angleterre pour m’aider à concevoir le préservatif. Il y avait aussi d’autres spécialistes », se souvient-elle. Le prototype a été présenté le 31 août dernier à Kleinmond, dans la Province du Cap. Le résultat : le RapeX. « Ce dispositif de sécurité, qui ressemble à un tampon creux à l’intérieur, est fait de latex et de plastic. L’agresseur ne sent rien en pénétrant le vagin, mais la première fois qu’il tente de revenir en arrière, il est accroché : le plastic est taillé en pointes très pointues et courtes qui agrippent la peau de son pénis. Les pointes ne pénètrent pas profondément, l’objectif n’est pas de blesser », assure-elle.

Selon Sonette Ehlers, le RapeX possède de multiples avantages. La capacité à confondre l’agresseur reste l’atout le plus mis en avant. « J’ai appelé mon invention RapeX parce qu’en anglais le X signifie la fin (et le mot « rape » se traduit « viol », ndlr). Le RapeX, c’est la fin du viol parce qu’un violeur qui sera piégé et ne pourra pas recommencer. Car dès que son pénis est accroché, la douleur est si vive qu’il ne s’occupe plus de sa victime. Elle peut donc s’enfuir car le préservatif est sorti de son corps. Mais le violeur, qui souffrira beaucoup et ne pourra plus uriner tant que le RapeX ne sera pas retiré, sera obligé de se rendre à l’hôpital ou chez la police. Les autorités sauront alors que c’est un violeur », estime Sonette Ehlers. L’inventrice explique par ailleurs que des spécialistes ont testé le RapeX et conclu qu’il ne présentait aucun risque ni pour la femme ni pour l’homme et protégeait bien des maladies sexuellement transmissibles. « Il n’y a aucun moyen qu’elle attrape le sida ou tombe enceinte », certifie Sonette Ehlers. Important dans un pays où près d’un adulte sur cinq serait porteur du virus du sida. Le « dispositif de sécurité » à usage unique se place, comme un tampon hygiénique, à l’aide d’un applicateur spécial. Pour le retirer, une autre aide est prévue. Sonette a elle-même testé son dispositif anti-viol et indique ne pas le sentir.

Une coalition anti-RapeX

Une perle, semble-t-il. Pourtant, plusieurs associations ont élevé la voix pour dénoncer l’invention. Certains demandent même au gouvernement d’empêcher sa production. La directrice de Rape Crisis du Cap (Sud), organisation de lutte contre le viol, observe des défauts majeurs au RapeX. « (...) Ce dispositif crée la perception que les femmes doivent être responsables de leur propre sécurité. (...) Pourquoi ne nous demandons-nous pas pourquoi les hommes violent et pourquoi nous ne nous concentrons pas sur ce qui doit être fait pour empêcher les hommes de violer ? Ce dispositif ne s’adresse pas aux causes du viol et ne vous protégera pas d’être violée puisqu’il s’active seulement lorsque le pénis entre dans le vagin. Il y a plusieurs formes de viol, comme le viol oral ou anal. Les femmes sont aussi violées avec divers objets ou collectivement.

Ce dispositif ne va pas aider les femmes qui se font violer de nos jours. Ce dispositif rendra les femmes plus vulnérables aux réactions violentes du violeur et la possibilité d’être violemment blessé ou tuée est accentuée. Il y a aussi le risque que les violeurs ‘testent’ pour voir si la femme porte le dispositif en utilisant un objet et après il la violera en utilisant son pénis », énumère Chantel Cooper dans un communiqué.
Cette vision reflète la vision de plusieurs opposants aux RapeX. Beaucoup d’entre eux estiment par ailleurs qu’accepter ce préservatif, c’est intégrer la donnée « je peux me faire violer à tout moment » dans son quotidien. « La solution n’est pas de changer le comportement des femmes, mais de changer la société et la vision de la masculinité dans la sexualité et de rendre le système judiciaire plus efficace », explique une militante luttant contre le viol.

Dans le camp du non, certains considèrent également que la méthode pour faire reculer l’agresseur est inhumaine. C’est le cas de Charlene Smith, très active dans la lutte contre le viol, dont elle a elle-même déjà été victime. « C’est un instrument médiéval, basé des notions de haine des hommes et qui comprend fondamentalement mal la nature du viol et la violence contre les femmes dans cette société. C’est vindicatif, horrible et dégoûtant. La femme qui a inventé ça a besoin d’aide », aurait-elle expliqué au journal britannique Times. Elle aurait déclaré au Los Angeles Times que l’invention « remonte au concept de la ceinture de chasteté » et que « nous n’avons pas besoin de ces dispositifs de la part de gens qui espèrent faire beaucoup d’argent sur la peur des femmes ». « L’un des problèmes de cette invention, c’est qu’elle sera payante alors que les gens les plus à risque sont ceux qui sont au chômage ou pauvres. Si cette invention est vendue et que les violeurs le savent, ils risquent de se concentrer sur les femmes pauvres qui ont peu de chances de la porter », analyse une membre de Rape Crisis du Cap.

« Le RapeX aussi en Malaisie et en Europe »

A ceux qui disent que le RapeX est « barbare », Sonette Ehlers répond : « le RapeX n’est pas barbare. Ce qui est barbare, c’est le viol et il faut quelque chose de barbare pour l’empêcher. Ceux qui critiquent le préservatif ne savent pas de quoi ils parlent. Ils n’ont jamais vu et n’ont jamais eu le préservatif dans la main ». Elle ne s’attendait pas à tant de réactions négatives. Surtout des femmes. « Je m’attendais à des critiques des hommes, mais pas des femmes. De nombreux hommes m’ont contactée pour me dire qu’ils étaient contents de mon invention parce qu’ils veulent que leur femme et leurs filles soient en sécurité », indique-t-elle.

Les adeptes seraient nombreux. « Beaucoup de femmes me demandent quand porter le RapeX. Je leur dis à chaque fois qu’elle sorte et qu’elle risquent de se retrouver seules ou qu’elles sortent avec un homme pour la première fois », souligne la femme dynamique. « Je suis pour cette invention parce qu’en Afrique du Sud, il y a trop de viols. Même les enfants en sont victimes. Le problème, c’est que les criminels ne sont pratiquement jamais jugés parce que c’est difficile de prouver qu’un père ou un frère vous a violé. Avec ce préservatif, il n’y a pas moyen de mentir », commente Carol. « Je ne l’ai pas eu dans les mains, mais je l’ai vu à la télévision. Je ne sais pas s’il fonctionne, mais s’il est bien fait, c’est une bonne idée. Le viol est un sérieux problème ici », explique un docteur sud-africain.

Où se procurer le RapeX ? Pour le moment, il n’est pas encore commercialisé. La production devrait commencer l’an prochain. « Il devrait être vendu dans les pharmacies. Nous discutons du prix auquel il sera vendu. Je pensais à le vendre peu cher, un ou deux rands (environ 0,12 ou 0,25 centimes d’euros), mais le prix dépends de nombreux facteurs », avance Sonette Ehlers. Elle indique que le RapeX pourrait bien se retrouver sur des terres autres que sud-africaines. « La Malaisie et l’Europe sont également intéressés », souligne-t-elle. Les violeurs n’ont plus qu’à bien se retenir.

Source afrik.com

Le pillage technologique est vital pour développer l’Afrique

Publié le 30/09/2008 à 12:00 par sergegrah
Si dès janvier 2009, chaque travailleur africain de la Diaspora réussit à transférer par semestre: un logiciel, une machine agricole, un process, une ingénierie ou une bonne pratique vers une entreprise de son pays d’origine comme il transfère mensuellement des fonds avec Western Union ; Si toute compagnie étrangère qui exécute un chantier en Afrique centrale est contractuellement astreinte au transfert de savoir-faire aux locaux comme l’exigent les Chinois chez eux*, d’ici 2020, les 6 pays de la Cemac** connaîtront un décollage économique approchant celui des 4 dragons de l’Asie du sud-est*** dans les années 70. En attendant l’Etat stratège, nos entreprises peuvent tout à fait impulser ce mouvement intelligent, citoyen, entraînant l’Etat et la Diaspora dans leur sillage. Quid de l’éthique ? Les gardiens de la loi savent tous qu’on ne tire pas sur l’ambulance. Urgence fait Droit.

Lorsque j’étais gamin, Oscar, un homme d’un âge très avancé qui habitait au dos de notre maison familiale avait coutume de répéter à ses petits-enfants que « celui qui n’apprend pas du passé est condamné dans l’avenir ». L’histoire du monde est pleine de faits académiques qui donnent raison à ce vieux sage bantu. De tout temps en effet, la volonté de puissance, la recherche de l’espace vital ou simplement l’instinct de survie ont conduit des hommes et femmes à partir à la conquête. L’Afrique porte encore les stigmates de l’esclavage et de la colonisation. Ce crime épouvantable a crée un tel écart de développement économique, industriel et technologique entre le Nord et le Sud que seul un saut quantique proprement africain peut permettre de combler ce fossé. Refuser de comprendre cette leçon du passé c’est déchirer le scanner de nos malheurs actuels et condamner l’avenir de l’Afrique. A contrario, accepter d’en tirer l’enseignement, c’est obliger les Africains au combat, à une guerre autre, sans effusion de sang, faite de patriotisme, d’intelligence, de savoir, de stratégie et de stratagèmes. Le pillage technologique y est une arme primordiale.

« Rien n’est bon ni mauvais en soi. Tout dépend de ce que l’on en pense», écrivait Shakespeare in Hamlet. Si l’Afrique pense que son bonheur réside dans son développement intégral, elle doit en lever les obstacles. Les Africains du XXIe siècle n’ont ni le temps, ni les moyens, ni la sottise de réinventer le fil à couper le beurre. Il leur est impératif d’ouvrir l’œil et l’oreille en se rappelant la mission prométhéenne que confia la Reine des Diallobé à Samba Diallo dans l’Aventure ambiguë de Cheik Hamidou Kane : voler le feu au ciel pour le ramener à la terre. Mais attention ! Il ne s’agit pas de vendre son âme -on n’en a qu’une- mais bien de viser, caresser et in fine « rompre l’os et sucer la substantifique moelle», comme disait Rabelais dans le prologue de Gargantua. Les technologies que nous allons transférer dès demain en Afrique doivent être compatibles à nos besoins locaux. Grâce à une adaptation judicieuse, elles doivent aider nos entreprises, nos institutions, nos écoles à devenir autonomes et compétitives. En l’occurrence, l’esprit précède et commande l’action.

Concluons en prenant exemple sur les Chinois: lors des JO de Pékin 2008, l’empire du Milieu nous a convaincu par la preuve que lorsque les circonstances l’imposent, c’est dans le camp adverse qu’il faut aller piocher son entraîneur, ses méthodes, ses techniques, bref le meilleur de son savoir-faire, y adjoindre le nôtre, la discipline et l’amour de la patrie pour gagner. A l’arrivée: 100 médailles dont 51 en or ! Sur ce point, l’absence d’unités d’élite spécialisées dans le Renseignement sportif de haut niveau en zone Cemac est une lacune sans nom ! Comment comprendre que de talentueux africains évoluant dans les meilleurs clubs du monde ne soient systématiquement débriefés à la maison, voire encouragés à transférer au pays les bonnes pratiques d’entraînement acquises à l’étranger, dans le cadre d’une stratégie nationale d’intelligence sportive ? Se presser lentement peut être bien fatal.

Source Kamitblog

[i]* Peut-être parce que la Chine actuelle est essentiellement dirigée par des ingénieurs de formation. Mais est-ce là l’unique raison de leur stratégie volontariste?
** Les 6 pays de la Communauté économique et monétaire des États d’Afrique centrale: Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad.
*** Les 4 dragons d’Asie du Sud-Est: Corée du Sud, Hong-Kong, Taïwan, Singapour.[/i]



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