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je suis tout à fait pour ce genre de protèction félicitation pour cette détermination...
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merci le commentaire ma beaucoup servi pour mes recherches....
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Mgr Maroy Rusengo: Le viol est une arme de guerre

Publié le 14/01/2009 à 12:00 par sergegrah
Mgr Maroy Rusengo: Le viol est une arme de guerre
Manifestation contre le viol à Kinshasa

Dans la province du Sud-Kivu (Est de la RDCongo), les risques de guerre montent, déclare Mgr. Maroy Rusengo, archevêque de Bukavu. La raison en est le général dissident Laurent Nkundabatware, le chef des milices « rebelles » qui, soutenu par le gouvernement rwandais, terrorise actuellement les populations autochtones dans la province voisine du Nord-Kivu.

Excellence, y aura-t-il bientôt une nouvelle guerre ravageant une fois de plus la région déjà meurtrie des provinces orientales congolaises des deux Kivu ?

Le danger existe en effet. On assiste à l’intimidation des gens et à leur manipulation, il y a aussi des massacres. Jusqu’à aujourd’hui, le Nord-Kivu n’a pas encore retrouvé la paix.

Et quant à la situation qui prévaut à Bukavu, la capitale du Sud-Kivu, dont vous êtes l’archevêque ? Est-elle meilleure ?

Un peu. Les milices Hutu rwandaises dans les forêts du Sud-Kivu ont choisi une attitude plus calme que dans le passé. A la différence du Nord où les déplacés internes sont nombreux. C’est dans les territoires de Masisi et de Rutshuru situés au nord-ouest de Goma où la situation est dramatique. C’est la partie du Nord-Kivu sous contrôle de Laurent Nkundabatware, chef des groupes armés « rebelles » et de sa milice formée d’enfants soldats.

Nkundabatware est un général Tutsi. La devise sera-t-elle, une fois de plus, les Tutsi contre les Hutu, cette fois-ci sur le territoire congolais ?

(Sur un ton très décidé) Non. L’hostilité entre Hutu et Tutsi est une affaire purement rwandaise. Au Congo, il ne s’agit, à -aucun moment, de cela. La milice de Nkundabatware est d’ailleurs mitigée, elle se compose de miliciens d’origine Hutu, Tutsi et d’autres ethnies encore. Ce qui importe, sont les fonds mis à disposition pour payer les services en vue de la poursuite de cette guerre. Et là, le soutien arrive du Rwanda.

Dans le conflit actuel, quelles sont les parties qui interviennent ?

D’un côté, ce sont les Forces armées de la RDCongo (FARDC) qui ont la mission de défendre les frontières et de protéger les populations civiles et leurs biens. Or, elles sont jeunes, à effectifs peu nombreux et elles sont encore inexpérimentées. De l’autre côté, il s’agit de la milice de Nkundabatware, un homme qui figure sur les avis de recherche des mandats internationaux. On a ensuite les milices rwandaises. Il s’agit précisément des réfugiés Hutu rwandais que le gouvernement actuel du Rwanda qualifie d’auteurs du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994. C’est cela qui explique le déplacement massif, à cette époque, des Hutu rwandais sur le territoire de l’Est du Congo (Nord et Sud-Kivu) sous l’escorte des soldats français de l’opération dite « Turquoise », sous l’égide de l’ONU.

Qui est à l’origine de ces nouvelles incitations à la guerre ?

C’est bien Laurent Nkundabatware et ses hommes ainsi que tous ceux qui les soutiennent. Ils refusent de se laisser brasser pour intégrer les nouvelles Forces armées régulières congolaises. Ils prétendent devoir protéger leur ethnie Tutsi minoritaire. Ils disent qu’ils sont menacés, marginalisés, discriminés. Tout cela est apparemment cousu de fil blanc, car après les élections, on a offert à toutes les milices de s’incorporer dans la nouvelle armée nationale. Toutes les milices étaient officiellement dissolues, c’est vrai, mais prêtes à intégrer progressivement et entièrement la nouvelle armée, sous le commandement unique des nouveaux chefs nommés à cet effet par hiérarchie. Il y a cependant lieu de souligner que les vrais enjeux de cette guerre sont les riches ressources naturelles des minerais du Kivu.

Y a-t-il des enfants soldats engagés dans les conflits ?

Nkundabatware tente en vain de recruter des enfants congolais. Mais de toute façon, les enfants des Hutu rwandais vivant dans nos forêts, eux, ne connaissent rien d’autre que de tuer, de violer et de faire la guerre. Tôt ou tard, ces enfants-là finissent par s’enrôler dans les milices.

Pourquoi l’armée congolaise n’intervient-elle pas pour désarmer les milices ? La MONUC (Mission de l’Organisation des Nations Unies au Congo), avec un effectif de plus de 17 000 casques bleus, ne devrait-elle pas intervenir de manière plus efficace ?

Les Forces armées congolaises n’existent que depuis un an, elles sont en train de se former. Je regrette que la MONUC soit réduite à une mission de pure observation. Elle devrait accomplir une tâche beaucoup plus ample. Or, par exemple, les milices Hutu rwandaises dans les forêts sont bien armées. La MONUC devrait empêcher la livraison d’armes et de munitions à ces gens. Ces milices Hutu rwandaises occupent des territoires congolais depuis plus de dix ans. La MONUC devrait les désarmer et les reconduire là d’où elles sont venues, c’est-à-dire au Rwanda.

D’autant plus que ces milices violent des femmes massivement et sauvagement, selon les sources même de l’ONU ?

Il m’est difficile d’en parler. Je n’ai jamais compris ce qui se passe dans les cerveaux de ces gens-là. En 2004, à Bukavu, lors de l’invasion des milices du même Nkundabatware, nous avons été les témoins oculaires de ces atrocités. Les hommes de Nkundabatware ont fait irruption dans toutes les maisons de la ville de Bukavu, une après l’autre, en violant les femmes et les jeunes filles. Jour et nuit, systématiquement, dans la ville toute entière. C’était horrible. Au Sud-Kivu, la situation s’est un peu améliorée aujourd’hui. Mais partout où se trouve Nkundabatware, les violations massives des femmes font partie de sa tactique militaire, une tactique de guerre et une arme de guerre.

Une arme de guerre ?

Les milices veulent en effet démoraliser et humilier nos filles, nos femmes, nos sœurs, nos mères. Leur but est de détruire notre communauté. Chez nous, les femmes, notamment les mères, jouissent d’un prestige énorme. Celui qui agresse la mère d’un fils ou d’une fille commet un grand crime. Cela humilie en même temps les hommes et les enfants, la famille en reste anéantie. Les femmes qui ont été violées sont rejetées de leur communauté. Celui qui détruit les femmes, détruit les familles et la société toute entière. Les femmes qui ont été violées sont socialement mortes. Il est exclu qu’elles rentrent dans leurs foyers familiaux. L’Eglise catholique et la société civile essaient d’apaiser et d’atténuer cette coutume traditionnelle, mais elle est ancrée profondément dans la conscience collective, et c’est exactement pour cela que les éléments des milices utilisent ce moyen des violations sexuelles. Ce n’est cependant pas la faute de ces femmes d’avoir été violées. Les ennemis du Congo exploitent l’interdiction formelle de telles pratiques dans nos coutumes sociales. C’est diabolique. Je ne sais pas qui a appris cela aux milices. On n’a jamais vu de telles choses auparavant chez nous. C’est importé du Rwanda.

Les femmes sont-elles souvent infectées par le virus du VIH/Sida ?

Beaucoup de miliciens du Rwanda, de l’Ouganda et du Congo sont séropositifs ou atteints du sida. Cela veut dire que, par les violations massives des femmes, ils détruisent à long terme notre communauté. Le sida est, bien sûr, un cas de première importance qui nous menace.

Et quel rôle l’Eglise peut-elle jouer ?

Nous avons toujours exigé que les armes et les munitions ne circulent plus librement au Congo. Comme d’ailleurs dans n’importe quel autre pays. Ensuite, nous nous occupons des victimes. Nous voulons leur donner de l’espérance, leur montrer qu’elles ne sont pas coupables des souffrances qu’elles ont subies. De plus, nous voulons soutenir celles qui s’engagent à s’organiser.

De quelle manière la Société civile est-elle capable d’aider ?

La population du Sud-Kivu s’organise, pour que la vie privée reprenne normalement son rythme, car chez nous, beaucoup de choses qui devraient relever du Pouvoir public ne le sont plus, du moins pour le moment. L’Etat en est encore plus ou moins absent. Les écoles, la formation médicale, l’aide sociale, tout dépend chez nous d’organisations autonomes. On appelle cela la Société civile, une association à structure démocratique dotée d’un président. A la fin d’une guerre, lorsque l’Etat est faible et les structures détruites et inexistantes, il faut tout faire soi-même. La Société civile dénonce – grâce à sa grande vigilance – courageusement tout ce qui se passe sur le terrain et tout est soigneusement rapporté. Et ainsi, de manière systématique et continuelle, les rapports sur toutes les violations de femmes et de toutes atteintes aux droits de l’homme commises par les milices sont publiés. Dans le Sud-Kivu, ces travaux de rédaction des rapports sont particulièrement bien développés. Cela ne veut pas dire que dans les autres provinces il n’y ait pas de violences sexuelles ou d’autres ignobles crimes. Les autres provinces, notamment le Maniema, Province Orientale, Kasaï Oriental, Nord-Kivu et Tanganjika, sont tout aussi harcelées par les forces armées négatives rebelles qui commettent les mêmes crimes qu’au Sud-Kivu. Nous autres, au Sud-Kivu, nous disposons peut-être davantage de moyens de communication et d’information à travers les médias occidentaux et l’ONU.

Comment est-ce que la Société civile aide les femmes victimes de violations et leurs enfants ?

Beaucoup de femmes sont tombées enceintes à la suite des violations. Or, les enfants qui en naissent sont les enfants de pères étrangers inconnus et donc des « enfants des ennemis » Cette situation constitue un grand dilemme pour les mères et représente une bombe à retardement pour la société congolaise. La Société civile a créé des centres d’accueil et d’écoute pour les femmes victimes des viols. Dans ces centres, les victimes trouvent des femmes psychiatres ou psychothérapeutes auxquelles elles peuvent se confier. En effet, après s’être rendues compte de la nécessité de décharger leurs consciences des calvaires qu’elles ont injustement subis, il fallait qu’elles en parlent ouvertement à visage découvert et devant la camera. On a alors filmé les interviews de ces victimes avec leurs psychologues. Ces films documentaires sont les témoignages accablants et inédits sur les souffrances inhumaines de ces femmes. Les centres d’écoute et de détraumatisation offrent également aux victimes les soins médicaux, elles y reçoivent l’éducation et l’assistance nécessaires pour se débarrasser progressivement de leurs cauchemars. Les parties génitales de nombreuses femmes sont souvent complètement détruites, maltraitées par les violeurs avec des bâtons, des canons de revolvers etc. Beaucoup d’entre elles n’ont plus d’appareils de contenance, elles souffrent d’inflammations suppurantes, elles ont donc d’abord besoin d’un traitement chirurgical approprié.

Est-ce que vous recevez également un soutien provenant de Suisse ?

Oui, nous sommes soutenus par la DDC (Direction du développement et de la coopération du département suisse des Affaires étrangères) et par des organisations d’aide privées. L’avantage d’un soutien officiel, c’est qu’avec des moyens financiers considérables on peut réaliser des programmes d’assistance d’une certaine importance mais à court terme avec la présence des fonctionnaires de la DDC. Ces derniers se retirent aussitôt le projet terminé et les crédits y afférents consommés. Quant aux projets d’aide privée, on a souvent à faire à des relations humaines à long terme avec la formation sur le tas du personnel local. Les deux formes d’aide se complètent quand même mutuellement.

Pourriez-vous mentionner un tel projet d’aide privée ?

Le Great Lakes Forum International (GLFI) est une ONG de droit suisse. Elle a financé l’acquisition d’un tracteur avec accessoires pour les travaux agricoles. Ce travail sera réalisé par ADAR asbl (Assistance au développement agricole rural), une ONG de droit congolais spécialisée dans la multiplication et la sélection de semences de cultures vivrières. Dans une ferme-pilote à Kavumu près de l’aéroport de Bukavu, les travaux agricoles se feront mécaniquement grâce au tracteur et ses accessoires livrés par le GLFI. Cette ferme produira uniquement des semences naturelles. Il ne sera donc pas question de faire appel aux semences OGM (organismes génétiquement modifiés). Jusqu’à présent nous n’avons à disposition que les semences dégénérées qui remontent à l’époque coloniale. Nous comptons sur les semences qui seront mises à disposition par ADAR asbl pour permettre aux paysans cultivateurs de récolter des produits vivriers à productivité élevée et partant, d’augmenter leurs revenus.
Pour les travaux légers sur les champs, le projet entend employer les femmes victimes des viols qui sont rejetées par leurs familles. Elles seront ainsi capables de redonner un sens à leur existence et de demeurer reconnaissantes à l’endroit de la société civile. En plus, elles trouveront suffisamment de nourriture. Les fonds investis sont modestes et, très important, nous avons pu établir, à travers ce projet, des contacts durables en Suisse.

Dans la lutte contre les violations sexuelles, où est-ce que vous situez votre engagement personnel ?

Je ne fais que continuer l’œuvre entamée par mes éminents prédécesseurs. Tous les deux ont payé de leur vie leur engagement au service du peuple. Je ne suis archevêque que depuis une année. Dans le passé, j’ai été curé dans une paroisse à Bukavu et donc j’ai été témoin direct des viols et des pillages et j’ai ainsi vécu l’écroulement de nos tissus socio-économiques et la destruction de nos structures familiales.

Le Kivu regorge de ressources naturelles. On y trouve de l’or, des diamants, du coltan, de la cassitérite, du pyrochlore etc., et tout cela en énormes quantités. Ces matières premières arrivent en Europe, aux Etats-Unis …

Je ne sais pas pourquoi les pays riches pillent un pays pauvre. Et de prétendre en même temps qu’un tel comportement soit légal. J’apprends qu’en Suisse, même le fait de posséder un chien est contribuable. Pourquoi donc personne ne veut accepter de payer les taxes relevées sur les minerais en provenance du Congo ? C’est simple : Vous n’avez qu’à respecter vos propres lois chez nous aussi. Les richesses du Congo ne seront pas réservées uniquement au Congo. Il faut les distribuer, mais de manière juste, s’il vous plaît. Nos matières premières sont à la base d’énormes profits réalisés chez vous. Il faut que nous y participions, sinon la misère durera pour toujours.

N’y a-t-il donc rien qui reste aux Congolais eux-mêmes ?

Moins que rien. Les pays riches produisent des armes et les exportent dans nos pays. Arrivées là, elles sont utilisées pour tuer. Les pilleurs tuent en effet dans le but de continuer d’exploiter illégalement nos ressources naturelles, sans être dérangés dans leur sale besogne. Pour nous, en somme, il nous reste en effet moins que rien. J’attends davantage de justice de la Communauté internationale. Vous voulez nos ressources naturelles ? Pourquoi pas, mais à un prix équitable !

Excellence, une dernière question : Quelles sont vos attentes que vous adressez à la Suisse ?

D’abord à la Suisse officielle, nous adressons nos remerciements pour le choix qu’elle a opéré de s’investir davantage dans les secteurs de santé et des droits de l’homme, à partir de 2008, dans notre province du Sud-Kivu. Il y a un nombre important de Congolais qui vivent en Suisse. Je souhaiterais que beaucoup de ressortissants congolais de la diaspora s’engagent et aident à résoudre les grands problèmes chez nous, dans notre patrie. Les Congolais vivant à l’étranger et contribuant de manière exemplaire au développement de leur pays ne sont pas nombreux. Beaucoup de compatriotes ne font que se remplir les poches et se distraire. Au Congo, on a besoin de la contribution de chacun et chacune des citoyens congolais qui ont reçu une bonne formation et qui pourraient donc participer à la reconstruction et au développement du pays. Si la Suisse s’engage davantage chez nous, elle sera cordialement la bienvenue. Cela est également valable pour les hommes d’affaires suisses qui sont attendus pour investir chez nous. Nous félicitons et encourageons l’organisation suisse qui s’occupe de leur sensibilisation et de leur encadrement. Nous invitons aussi d’autres ONG suisses de venir chez nous s’ajouter à celles qui y sont déjà actives. La Suisse n’a jamais été une puissance coloniale, nous l’admirons en tant qu’Etat qui dispose de capacités financières considérables et qui s’engage pour la paix. La Suisse aide sans « agenda caché », au contraire des grandes puissances.

Propos recueillis par Joseph M. Kyalangilwa
et ¬Matthias Erne

Source : www.voltairenet.org

Dati et Yade : les kleenex de la diversité ? Des icônes devenues encombrantes

Publié le 07/01/2009 à 12:00 par sergegrah
Dati et Yade : les kleenex de la diversité ? Des icônes devenues encombrantes
Rachida Dati, ministre de la Justice, et Rama Yade,
secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux droits de l’Homme

Rachida Dati, ministre de la Justice, et Rama Yade, secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux droits de l’Homme, représentaient le symbole de la diversité prônée par le président Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui en disgrâce auprès du chef de l’Etat, c’est sur la place publique qu’elles sont vilipendées par ses proches qui réduisent leurs qualités à leur seule origine.


Il n’est pas bon de tomber en disgrâce en Sarkozie, surtout quand on est issu de la diversité, le nouveau mot à la mode pour désigner les turpitudes des Français qui ont le malheur d’être réduits à leur carnation. Une fois déchu, les courtisans s’acharnent sur vous. Rachida Dati, ministre de la Justice impopulaire, et Rama Yade, secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux droits de l’Homme récalcitrante, en font les frais. Comme toujours, les courtisans sont plus impitoyables que le monarque, au risque même de nuire au roi. Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la famille, qui appartient au "Club des sept", celui des sept ministres proches du président français, n’y est pas allée avec le dos de la cuillère pour commenter mercredi dernier les déboires de ses deux collègues du gouvernement. Deux collègues qui étaient dans un passé pas si lointain, elles aussi, membres de la garde rapprochée du chef de l’Etat. « On n’est pas protégé parce qu’on est d’origine maghrébine ou africaine. On doit (faire) comme les autres, et je dois dire même, plus que les autres, à partir du moment où on vous laisse cette opportunité, on a des devoirs. », a affirmé Nadine Morano lors de l’émission Question d’infos sur La Chaîne Parlementaire (LCP).

Issu de la diversité, reconnaissant tu seras !

Selon la secrétaire d’Etat à la famille, Rama Yade, qui a refusé d’être candidate aux élections européennes comme le souhaitait Nicolas Sarkozy, a « des devoirs comme tous les membres du gouvernement. [..] On n’est pas une icône, on est là pour servir son pays ». La veille, Nicolas Sarkozy, celui qui s’est érigé en chantre de la diversité dans la politique française, annonçait ses différentes mesures pour faire de l’égalité des chances une réalité dans la société française. Rama Yade n’a pas manqué de le souligner en réagissant à la déclaration de Nadine Morano. « Au moment où (il) fait des propositions pour améliorer la diversité dans notre pays, il ne faudrait pas en faire le procès parallèlement », a subtilement noté la secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme. « Il y en a qui n’ont jamais accepté cette diversité (...) et donc des relents conservateurs remontent », a-t-elle précisé.

Les langues se délient donc pour dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Pour Christian Estrosi, le député-maire de Nice, « il y des ministres qui ont de l’expérience, qui ont été des élus, qui ont eu des responsabilités publiques, locales et nationales avant d’être nommés ; d’autre part, il y a une autre catégorie de ministres - dont fait partie Rama Yade - qui ont été choisis pour leur compétence, leur talent, et parce qu’ils représentent éventuellement une certaine diversité ». Et ceux-là, semble-t-il, doivent se montrer éternellement reconnaissants d’avoir eu cet "insigne honneur". Ils doivent notamment, d’après Nadine Morano, en faire « plus que les autres ». C’est ce qu’on appelle aux Etats-Unis, le black tax. Le concept renvoie à cette idée que les Noirs américains doivent en faire deux fois plus que les Blancs, souvent à niveau de compétence égal, pour démontrer qu’ils méritent véritablement leur position. Pendant que les Etats-Unis et le monde saluent ce jour historique du 4 novembre 2008, le jour de l’élection de Barack Obama, le premier président Africain-Américain, la France doit se contenter d’un 17 décembre. Le jour où Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la famille, le premier lieu où se mettent en place les valeurs d’une nation, a confirmé l’existence d’une "taxe de la diversité" dans l’Hexagone. De cela, à l’instar de Rama Yade qui avoue tout mettre en oeuvre pour qu’on ne juge que son action, Fadela Amara, la secrétaire d’Etat chargée de la Politique de la ville n’en veut pas. « Moi, je souhaiterais que l’on soit traité comme tout le monde, comme tous les ministres qu’il y a dans le gouvernement », a-t-elle déclaré vendredi dernier.

Rama Yade répond à Nadine Morano et à Christian Estrosi

Aujourd’hui, l’opportunité qui a été offerte aux ministres issus de l’immigration a un goût de cadeau empoisonné, du moins pour les principales concernées. Sarkozy a "fait" ses ministres de la diversité, ses braves lieutenants se chargeront de les "défaire". Rama Yade devrait son existence politique au chef de l’Etat français. « Elle existe, dixit Christian Estrosi, parce que Sarkozy l’a fabriquée ! On fait un placement, on le fait fructifier et, au moment où on veut en tirer les bénéfices, voilà... ». Réponse de la secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme : « une femme n’est pas un investissement dont on doit tirer les bénéfices. […] Ce genre de propos n’est pas très honorable. » Patrick Gaubert, président de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme, qui réagissait aux propos de Nadine Morano, va encore plus loin. « Ce n’est pas parce qu’elle (Rama Yade) est de la diversité qu’elle doit tout accepter. […] Ce n’est pas ma vision de la République. Je vous rappelle qu’on parle de Français, ce sont des Français qui parlent aux Français, mais d’une drôle de façon. Le temps des colonies est terminé. » Devrait-on encore avoir à le rappeler dans le pays des droits de l’Homme au moment où le président des Etats-Unis est un Noir ? Optimiste néanmoins, Christian Estrosi « pense (que Rama Yade) reviendra sur sa décision » sous prétexte que lui, en « vingt-cinq ans » de politique avec Nicolas Sarkozy, n’a « jamais eu le droit de refuser quoi que ce soit ». « Il ne m’a jamais laissé le droit de refuser », ajoute-il. La benjamine du gouvernement français n’aurait-elle pas, tout simplement, plus de personnalité que son ancien collègue ?

La compétence des symboles en cause

Cependant, quelles que soient leurs qualités, les critiques dont font actuellement l’objet les ministres de la diversité sont liées à la façon dont elles – Fadela Amara, Rama Yade et Rachida Dati - ont été « recrutées ». Surtout la secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme et la ministre de la Justice. Pour la première, le poste qui lui a été offert à été fait sur mesure. Au point de faire regretter à Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères, son « erreur ». Un mea culpa qui a pris des allures de reniement pour l’ancien "french doctor". Il serait à l’origine de la proposition d’un secrétariat d’Etat aux droits de l’homme. Plus grave encore, Nicolas Sarkozy serait « déçu » par Rama Yade à cause de son refus d’aller aux élections européennes. A la seconde, les signes de la confiance limitée que le président lui fait dans la conduite de sa charge se sont multipliés au fil de ces derniers mois. Un homme en est aujourd’hui la preuve tangible : le magistrat Patrick Ouart, le conseiller justice de Nicolas Sarkozy. Dans un article paru en octobre dernier sur la garde des sceaux, Le Nouvel Observateur révèle, s’appuyant sur les confidences d’un magistrat parisien, que le président français « pour protéger sa ministre débutante, lui (a retiré) (…) la gestion des affaires sensibles, les dossiers politico-judiciaires, genre Clearstream ou les affaires financières, et lui (a laissé) la réforme de la carte judiciaire, les peines planchers, et tout ce qui touche directement à l’administration de l’appareil judiciaire ». Puis, « au fil des jours, Patrick Ouart, avec l’assentiment de Sarkozy, a été obligé de s’occuper de tout ».

Rama Yade, a été remarquée par Nicolas Sarkozy pour son franc-parler pendant la campagne présidentielle en 2007, et Rachida Dati s’est révélée comme une brillante porte-parole du candidat de l’UMP. Mais leurs erreurs et leurs maladresses, depuis qu’elles sont au gouvernement, ont fait d’elles les souffre-douleurs d’une France qui, sous la houlette de Nicolas Sarkozy, a entamé une marche forcée vers plus de diversité dans tous les segments de la société. Leurs parcours démontrent pourquoi, en France, il faudra désormais préférer, comme semble le faire aujourd’hui le président de la République, "l’égalité des chances" à "la discrimination positive". Du côté des défenseurs de la diversité, les malheurs de Dati et de Yade sont l’occasion de comprendre qu’il ne faudra plus se contenter de symboles et de « mesurettes ». Car la fin de l’état de grâce peut laisser la place à un manque encore plus dévastateur : beaucoup retiendront qu’on leur a donné leurs chances et qu’elles n’ont pas été à la hauteur. La diversité risque à ce rythme de prendre un coup dans l’aile. Leurs successeurs devront effectivement faire « plus » pour montrer patte blanche. Sans mauvais jeu de mots.

Par Francine Marek
Source afrik.com

Bonne et heureuse année 2009 !

Publié le 31/12/2008 à 12:00 par sergegrah
Bonne et heureuse année 2009 !
Une année vient de s’écouler… Une année encore où le soleil africain a brillé par les bêtises de ses fils. Des fils qui continuent d'offrir au monde un spectacle d'une hideur sans nom : Putschs, rébellions, guerres, bandes armées, seigneurs de la guerre, enfants-soldats, pirateries. Immigration de la misère, fuite des cerveaux... Famines, pandémies, mauvaise gestion, corruption, trafic en tout genre. Des maux qui n’ajoutent rien à la gloire d’un continent défiguré par des prédateurs qui se constituent des fortunes et des empires sur le dos du peuple.

Comment peut-on s’en étonner lorsque des dictatures, drapées dans des oripeaux de la démocratie se multiplient et avec eux les « hommes-providence » et les présidents « à vie » ? Ces vampires de sinistre réputation continuent de bâtir et de fortifier leur pouvoir à la sueur et au sang de leur peuple. Pendant que le monde est en mutation, l’Afrique en est encore et comme toujours à la traîne, à regarder passer le train du progrès et de la modernité.

Vers quelle destination se dirige un tel peuple qui absorbe tout ce qui vole en matière de concepts étrangers sans jamais les remettre en question ? Vers quelle fin tragique court donc ce peuple qui lutte systématiquement contre ses sources génératrices de progrès ? En effet, dans nos tristes sociétés africaines, il suffit d'essayer de briller pour être confronté à toutes sortes de difficultés. C'est une insulte que d’y faire honneur à quelqu'un qui a mieux réfléchi... Dans nos villages, les sorciers ne « tuent » jamais les cancres. Leurs victimes sont toujours les meilleurs éléments de la communauté. Combien sont-ils les cadres qui sont morts pour avoir voulu participer au développement de leur village ! Combien sont-ils les hommes politiques qui sont combattus avec une haine vénéneuse, juste parce qu'ils ont de meilleurs projets pour leur peuple !

Qu’espère l’Afrique quand ses jeunes se méprisent au point d’ignorer leur propre Histoire ? Soundjata Kéita, Samory Touré, Chaka Zulu, Behanzin, Ablah Pokou, Sarraouina, Marcus Garvey, Kwamé N'Kruma, Frantz Fanon, Cheick Anta Diop... effacés de notre mémoire. A jamais. Quelle société se projette-t-elle quand toute une génération se consume dans la perversité et le superficiel ? De quoi rêvons-nous pour nos enfants ? Quel héritage leur léguer ? Quel profil de citoyen voulons-nous dans cette société sans sève nourricière ? Mais enfin !...

Pour cette année 2009, rêvons d’une Nouvelle Côte d’Ivoire au moment où elle négocie un autre virage dangereux de son histoire. Et que ce rêve s’articule autour de la restauration des fils cassés par cette crise multiforme. Pour reconstruire la Nation ivoirienne. Creuset où doit se fondre tous les Ivoiriens.

Que chaque Ivoirien revienne de son illusion d’être seul, pour partager cette Terre avec tous ses frères. Oui, vibrer ensemble pour de nouvelles valeurs. Bâtir ensemble, irréversiblement unis, une Nation. Pour réaliser le difficile selon Confucius : la Paix. Ce qui exige un consensus permanent. Une tolérance quotidienne de l’autre, de mon frère différent de moi. Autant dans sa culture que dans l’expression de sa liberté, de ses opinions, de ses projets et de ses rêves. Alors pourquoi prédire l’apocalypse ? Là où l’élection présidentielle de 2009 ne sera qu’un jeu fraternel. Avec pour seul objectif, la victoire du peuple Ivoirien.

Rêvons cette année d'une Côte d’Ivoire d'amour, de paix, d'égalité, de liberté, d'unité, de solidarité, de justice pour tous, d'éducation et de santé pour tous. Du partage équitable de la prospérité nationale (...). Car la misère est en train de dépasser toutes les limites du supportable et de l’acceptable.

Que 2009 marque la fin des discours politiques pour passer à des actions plus concrètes. Afin de mettre fin à la souffrance des Ivoiriens… Les discours ne sont pas une thérapie. Au contraire, ils montrent à quel point nos hommes politiques sont étrangers à la réalité sociale qu’ils prétendent évoquer. A la vérité, les discours politiques ne satisfont que leurs auteurs. A l’image des funérailles qui n’ont de sens que pour les vivants. En effet, quel sens peuvent avoir des discours pour un enfant dont le père est au chômage depuis 2002 et qui a de fortes chances d’être lui aussi au chômage, ainsi que ses frères et sœurs ? Quel est le sens de ces discours quand les hôpitaux ne sont plus rien d’autres que des mouroirs ? C’est quoi des discours à un moment où l’école est quasiment inexistante ?

Oui, pourquoi des discours quand l’immoral prend la place de la morale ? Quand l’anormal se substitue au normal… Une commutation des valeurs, au fil d’une déliquescence incontrôlée de l’éthique. Que peuvent bien faire des discours quand le vice a fini par se suppléer à la vertu ? Dans une indifférence totale et dans la plus nauséeuse des désinvoltures. Quelle signification donner à des discours quand nos enfants naissent et grandissent dans un climat de tricherie, de corruption, de médiocrité et de recherche de gain facile… servis en quantité comme modèle ?

Qu’en 2009 les parents se réapproprient l’éducation de leurs enfants… Et que les hommes politiques s’oublient quelque peu pour accompagner les populations vers des voies plus lumineuses. Car tant que ce sera le même égoïsme, la même indifférence à la misère, à la souffrance des populations. Tant que la spiritualité sera folklorisée, commercialisée, mal comprise et portera le lourd manteau de l'intolérance, les plus beaux rêves de paix et de développement seront vains.

Pour cette nouvelle année, il nous faut un Etat fort. Un Etat qui consolide un cadre politique et économique viable. Fondé sur le respect scrupuleux des droits des citoyens… Qu’en cette nouvelle année nos intellectuels soient les ouvriers passionnés de la modernisation et du développement de notre pays. A l'instar des philosophes européens du XVIIIe siècle, qu’ils libèrent de tous les freins la Côte d’Ivoire dans sa marche vers le progrès. Et les Ivoiriens de comprendre l’immense enjeu du processus de sortie de crise rendu irréversible par l’APO. Cet accord ne sera rien si nous n’y mettons pas notre volonté inébranlable d’aller à la paix. Il nous faut savoir, comme l’indique Ueshiba Morihei, fondateur de l'aïkido, que : « La Paix n’est pas facile. C’est un combat sans merci, une lutte contre les désirs maléfiques et toutes les faussetés qui les accompagnent... ».

Une Côte d’Ivoire Nouvelle, consciente de ses atouts et de ses faiblesses et déterminée à s’engager résolument dans la voie de l’unité retrouvée et du développement est tout à fait possible... Notre pays mérite notre Amour. Aimer la Côte d’Ivoire, c'est s'investir totalement dans son développement. Aimer la Côte d’Ivoire, c'est non seulement se préoccuper de nous-mêmes et de nos proches, mais aussi du sort de tous nos compatriotes d’où qu’ils viennent.

Malgré l'anxiété des questions sans réponses, l'intolérance et l'inégalité qui nous agressent, nous devons être des semeurs infatigables de Paix. C’est vrai que nous luttons à armes inégales contre certaines injustices. Mais la Paix et l'Amour peuvent venir à bout de la violence et de toutes les haines engendrées par la soif de pouvoir de certains d’entre nous… Nous avons besoin aujourd’hui de tirer les grandes leçons de tout ce qui nous est arrivé. Regardons en arrière, mais surtout en avant. Pour espérer beaucoup en l’année 2009. Car l’espoir aide à surmonter bien des difficultés.

En tous cas, je souhaite à tous que 2009 soit bonne et heureuse. Que nous puissions vivre nos petites joies et nos petites peines en bonne santé. Que nous soyons plus attentifs, plus solidaires envers l'autre. Il y a tellement de choses dont on rêve et qu’on souhaite à soi même et à ses frères ! De bonnes rencontres... de nouvelles amours... des amours pérennes... moins de stupidités à la télé... des rues propres... des routes plus sûres... des hôpitaux plus humains… une Ecole qui fonctionne réellement… un peuple discipliné et responsable… une société moins « si vile »… mais aussi et peut-être surtout, du travail pour ces milliers de jeunes désespérés.

Frères Ivoiriens, cette année 2009 doit nous faire prendre conscience que tout dépend de nous… « Que si le pays s’enfonce dans le chaos, c’est notre faute. S’il stagne, c’est encore à cause de nous. Et si le pays avance vers le progrès, c’est grâce à nous. Qu’il n’y a pas d’hommes providentiels ni de messie. Le démiurge, c’est le peuple. Les mains magiciennes ne sont en définitive que celles du peuple. »

Bon 2009 à tous !

Serge Grah



Une pensée et une prière pour les enfants de Gaza

Publié le 30/12/2008 à 12:00 par sergegrah
Une pensée et une prière pour les enfants de Gaza
Une pensée et une prière pour les enfants de Gaza

Source :http://coquelicot2007.centerblog.net/

Mort du Président Guinéen : Qui était Lansana Conté ?

Publié le 24/12/2008 à 12:00 par sergegrah
Mort du Président Guinéen : Qui était Lansana Conté ?
Lansana Conté

Il avait accédé au pouvoir une semaine après le décès d’Ahmed Sekou Touré. Un jour après sa mort, l’histoire se répète : un capitaine de l’armée annonce la dissolution des institutions républicaine du pays. Né en 1934 à Moussayah Loumbaya, une bourgade située près de Conakry, Lansana Conté a dirigé la Guinée comme on dirige une armée pendant 24 ans. Issu de l’ethnie minoritaire des Soussous, estimée à 15% de la population nationale, l’homme a échappé à plusieurs tentatives d’assassinat et de coups d’Etat. C’est finalement la mort qui aura eu raison d’un règne sans partage. Portrait.

Fils d’agriculteur rapidement devenu « enfant de troupe » après un passage à l’école coranique, il est formé notamment à l’EMPT de Bingerville (Côte d’Ivoire) et à Saint-Louis (Sénégal). Incorporé en 1955 et envoyé en Algérie, il quitte l’armée française avec le grade de sergent à l’indépendance de la Guinée, en 1958. Il devient ensuite capitaine en 1971, puis commandant de la région militaire de Boké. En Guinée-Bissau, il participe à la guerre de libération contre les Portugais. Officier rigoureux et intègre, il est nommé en 1975 chef d’état-major adjoint de l’armée de terre. Lansana Conté est nommé chef de l’Etat par le comité militaire de redressement national (CMRN) qui a pris le pouvoir après la mort d’Ahmed Sékou Touré, qui dirigeait la Guinée depuis 1958.

En 1985, Conté rompt avec la dictature à économie centralisée imposée par Sékou Touré, opte pour le libéralisme économique. Il fait adopter une nouvelle Constitution en 1990 et instaure le multipartisme en 1992. Des tentatives de le renverser échouent en 1985 et en février 1996. En 1993, Conté se rallie à la vague de réforme démocratique qui touche l’Afrique au début des années 1990 et organise une élection présidentielle multipartite en 1993. Il la remporte avec 51,7 % des voix. Une mutinerie éclate les 2 et 3 février 1996 et Conté prend en charge personnellement le portefeuille de ministre de la Défense nationale. Peu à peu, Conté renoue avec les pratiques autoritaires de Sékou Touré et introduit une modification constitutionnelle lui permettant de se maintenir au pouvoir à vie, validée par un référendum que les observateurs internationaux considèrent comme truqué.

En décembre 2003, le chef de l’État, pourtant gravement malade, est réélu avec 95,6 % des suffrages face à un unique candidat faire-valoir, les autres opposants ayant préféré ne pas participer à un scrutin jouée d’avance. Le 19 janvier 2005, Conté est victime d’une tentative d’assassinat alors que son cortège revient de l’aéroport de Conakry. Le Président, qui n’a pas été blessé, déclare que « Dieu n’avait pas encore décidé que c’était temps qu’il meure ». Il condamne également ceux qui cherchent à nuire au développement de la Guinée. Les nombreuses grèves générales et leur répression au cours du premier semestre de 2006 affaiblissent encore plus le président guinéen. Dans le même temps, son état de santé s’aggrave et il se rend plusieurs fois en Suisse pour se faire hospitaliser Le diagnostic n’est pas rendu public mais la presse africaine évoque un diabète et une leucémie (d’autres sources parlent également d’une gangrène En octobre 2006, Lansana Conté annonce qu’il compte conserver sa fonction de président jusqu’à la fin de son troisième septennat, en 2010. Il déclare également : « Si Dieu le veut, j’aimerais trouver quelqu’un comme moi ou plus, qui a de l’envergure, patriote, pour diriger la Guinée. (...) Mon ambition est de trouver quelqu’un qui aime la Guinée et qui la protégera contre ses ennemis. »

Malgré son état de santé et la grève générale, commencée le 10 janvier 2007, Conté s’accroche au pouvoir. Lors d’une rencontre avec des responsables syndicaux, le vendredi 19 janvier, il leur dit : « Je vais vous tuer tous, tant que vous êtes. Je suis militaire, j’ai déjà tué des gens. ». Le 17 janvier, il annonce le limogeage de Fodé Bangoura, ministre d’État aux Affaires présidentielles et numéro deux du régime. Le mercredi 24 janvier 2007, alors que la grève générale dure toujours et que cinquante-neuf personnes sont mortes de la répression des forces de l’ordre, Lansana Conté accepte de nommer un Premier ministre de consensus. Le 26 janvier, il cède aux demandes des centrales syndicales à l’origine de la grève et annonce qu’il transférera toutes ses prérogatives de chef du gouvernement au futur Premier ministre, dont le nom n’a pas encore été révélé.

Conté choisit alors Eugène Camara, un de ses proches le 9 février. Mécontents de ce choix les syndicats et la société civile s’embrasent. Conté cède à la pression le 26 février et nomme Lansana Kouyaté au poste de premier ministre. Le 5 avril, le général Conté cède le poste de ministre de la Défense nationale qu’il détenait au général Arafan Ousmane Camara. Lors de son allocution, Conté confirme ses problèmes de santé : « Je suis en train de diminuer. » Le poste de chef d’État major des armées guinéennes échoit au général Kerfalla Camara. Le président guinéen meurt dans la nuit du 22 décembre 2008 des suites d’une longue maladie (une forme aigue de diabète accompagné d’une leucémie). Un deuil de 40 jours a été décrété par le Premier ministre.

Source : nettali.net

Europe : Xénophobie rampante

Publié le 17/12/2008 à 12:00 par sergegrah
Europe : Xénophobie rampante
Une malade de sida en Ouganda

Les faits sont graves dans leur simplicité : une ressortissante ougandaise demande l’asile en Grande-Bretagne qui rejette cette demande. Atteinte du sida et de deux affections opportunistes d’importance, elle soutient que la renvoyer en Ouganda mettrait sa vie en péril car elle ne pourrait avoir accès au traitement qui la stabilisait. Le gouvernement anglais s’obstinant dans sa volonté d’expulsion, l’affaire se retrouve devant la grande chambre de la Cour européenne des droits de l’homme qui entérine la position des autorités britanniques.

Renvoyer cette femme, dont « la Cour admet que la qualité et l’espérance de vie de la requérante auraient à pâtir de son expulsion », ne constitue donc pas un traitement inhumain et dégradant au sens de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme (arrêt du 27 mai 2008). Pour justifier que cette femme soit ainsi exposée à une mort rapprochée parce qu’étrangère, la Cour européenne n’hésite pas à mettre en avant la « charge trop lourde » qui pèserait ainsi sur les Etats membres du Conseil de l’Europe.

En clair, les étrangers gravement malades, qui n’ont pas le droit de séjourner dans un des pays membres du Conseil de l’Europe, peuvent être expulsés, au risque de mourir dans des conditions dégradantes, si cela grève trop les caisses des Etats. On croyait que les dispositions de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme prohibaient absolument les traitements inhumains et dégradants et la torture. Il n’en est rien : une autorité publique peut prendre sciemment la décision d’infliger un traitement inhumain ou dégradant à un étranger pour des considérations d’ordre économique.

Dire qu’un étranger ne bénéficie pas d’un droit aussi élémentaire que celui de recevoir les soins appropriés, c’est lui dénier une partie de son humanité. C’est dire que l’étranger n’est pas un homme comme les autres, n’ayant pas les mêmes droits fondamentaux que les autres. Soumettre le droit absolu de ne pas subir des traitements inhumains et dégradants à une condition quelle qu’elle soit, c’est aussi entrer dans la même logique que celle de George Bush lorsqu’il justifie la torture. Dans un cas ce sont des considérations économiques qui justifieraient cette violation de la dignité de l’homme, dans l’autre cas ce serait la sécurité des populations civiles. En rendant cette décision à une majorité écrasante, avec l’approbation du juge français, la Cour européenne fait sienne, au mépris des principes les plus essentiels, au mépris de la déclaration universelle des droits de l’homme, cette xénophobie rampante qui dévore l’Europe. On savait les politiques atteints de cette maladie, voici que les juges les plus prestigieux de notre continent en sont aussi atteints.

Michel TUBIANA
Source : interet-general.info

VACCINS : IMMUNITE MORTELLE

Publié le 11/12/2008 à 12:00 par sergegrah
VACCINS : IMMUNITE MORTELLE
ROBERT F. KENNEDY JR.

En juin 2000, un groupe de scientifiques officiels de haut niveau se sont réunis au Centre de Conférence de Simpsonwood à Norcross (Georgie, USA), convoqués par le Center for Disease Control and Prevention (CDC) (Centre de Contrôle des Maladies et Prévention). Cette rencontre a eu lieu dans le plus grand secret. Il n’y a pas eu d’annonce publique, les 52 personnes ont été conviées sur invitations privées. Il y avait des officiels de haut niveau du CDC, de la FDA (Food and Drug Administration), des spécialistes de la vaccination de l’OMS de Genève et des représentants des plus grandes firmes de fabrication de vaccins incluant Glaxo SmithKline, Merck, Wyeth et Aventis Pasteur.

Tous les documents ont été déclarés confidentiels, aucune photocopie n’a pu être faite et aucun papier n’a pu être pris lorsqu’ils sont partis. La discussion principale a été centrée sur l’étude de Tom Verstraeten, un épidémiologiste du CDC qui a analysé les bases médicales de données de l’agence de 100 000 enfants et nourrissons, vaccinés avec des vaccins contenant un conservateur mercurique – le thimerosal – qui apparaît comme le responsable d’une augmentation dramatique des cas d’autisme et d’autres atteintes neurologiques chez l’enfant.

Verstraeten déclara à Simpsonwood qu’il avait été stupéfait parce qu’il avait analysé en l’occurrence le nombre croissant d’études qui montrent la corrélation entre le thimerosal et des retards de parole, des déficits d’attention, d’hyperactivité et d’autisme. Depuis 1991, lorsque le CDC et la FDA ont recommandé l’usage du thimerosal pour trois vaccins additionnels utilisés chez des nourrissons extrêmement jeunes (dans un des cas, quelques heures après la naissance), le nombre estimé de cas d’autisme a augmenté de 15 fois, de 1 cas pour 2500 à 1 cas pour 166 enfants. Même pour des scientifiques et des médecins habitués à des études sur la vie et la mort, les résultats font peur.

Mais, au lieu de prendre des mesures immédiates pour alerter la population et interdire le thimerosal, les participants de la rencontre de Simpsonwood ont consacré les 2 prochains jours à discuter comment cacher les dommages, se sentant dans une mauvaise position pour se défendre contre d’éventuelles suites judiciaires. Le CDC a payé l’Institut de Médecine pour faire une nouvelle étude afin de «blanchir» le risque du thimerosal et éliminer le lien avec l’autisme. En attendant, les résultats de Verstraeten ont été empêchés d’être publié et il a été dit aux scientifiques que ses données originales avaient été perdues et ne pouvaient être dupliquées. Quand Vertraeten a finalement publié son étude en 2003, il avait commencé à travailler pour Glaxo SmithKline et avait revu ses données pour enterrer le lien entre le thimerosal et l’autisme.

Les fabricants de vaccins ont commencé à éliminer le thimerosal des vaccins donnés aux enfants américains, mais ont continué à vendre les stocks de vaccins avec support de mercure jusqu’à l’année dernière. Le CDC et la FDA leur ont même tendu la main, en leur achetant les vaccins contenant du thimerosal pour l’exportation dans les pays en voie de développement, et autorisant les compagnies pharmaceutiques à utiliser le conservateur dans certains vaccins américains –en pédiatrie comme pour la grippe et le rappel du tétanos dès l’âge de 11 ans. Ces mêmes compagnies ont obtenu de l’aide par des législateurs à Washington.

Le leader de la majorité au Sénat, Bill Frist, qui a reçu $ 873 000.– de contribution de l’industrie pharmaceutique, travaille pour «immuniser» les fabricants de vaccins dans 4200 cas de plaintes de parents d’enfants contaminés. Même dans des milieux conservateurs, on s’inquiète des efforts gouvernementaux pour couvrir le danger du thimerosal. Il s’avère que la FDA et d’autres offices de santé publique n’agissent pas mais, au contraire, font du protectionnisme au profit de l’industrie pharmaceutique. Plus de 500 000 enfants souffrent d’autisme et les pédiatres diagnostiquent 40 000 nouveaux cas chaque année. Cette maladie était inconnue avant 1943 lorsqu’elle fut identifiée et diagnostiquée chez 11 enfants les mois qui ont suivi la vaccination avec du thimerosal en 1931.

Il semble que les Américains soient exposés à des doses cumulatives de mercure plus importantes qu’autrefois, entre les poissons contaminés et les amalgames dentaires. Il est possible que les vaccins ne font qu’éclipser les autres sources. Mais il est grave d’observer comment certains chercheurs éminents continent à ignorer et couvrent même l’évidence à propos du thimerosal utilisé comme conservateur pour empêcher la croissance des bactéries et des champignons dans les vaccins. D’innombrables études montrent que le mercure s’accumule dans le cerveau des primates et d’autres animaux après injection de la vaccine et que le cerveau en développement des nourrissons est particulièrement susceptible. En 1977, une étude russe montrait que des adultes exposés à des concentrations beaucoup plus basses d’éthylmercure que les doses des enfants américains, souffraient de dommages cérébraux des années après. La Russie a banni le thimerosal depuis 20 ans suivi par le Danemark, l’Autriche, le Japon, la Grande-Bretagne et tous les Pays Scandinaves.

Le Prof. Boyd Haley, Chef du Département de Chimie de l’Université du Kentucky l’affirme : « Vous ne pouvez pas trouver une seule étude qui démontre que le thimerosal est sans danger. C’est vraiment une substance qui est fondamentalement toxique. Si vous injectez du thimerosal dans un animal, son cerveau va tomber malade. Si vous appliquez du mercure à des tissus vivants, les cellules de tissu vont mourir. Si vous le mettez sur une plaque de culture en laboratoire, les cellules meurent. Sachant ces choses, il serait choquant qu’une personne consciente puisse injecter du mercure dans un enfant sans causer de dommages. »

Des documents internes révèlent que le laboratoire Eli Lilly, qui a développé en premier le thimerosal, savait depuis le départ que le produit pouvait causer des dommages et même la mort chez les animaux et les humains. En 1930, cette compagnie a testé le thimerosal en l’administrant chez 22 patients atteints de méningite terminale; tous sont décédés en quelques semaines. Constatations que le laboratoire Eli Lilly ne citent pas, en déclarant le thimerosal sûr. En 1935, des chercheurs d’une autre firme fabriquant des vaccins Pittman-Moore, avertissent le lab. Lilly des problèmes liés au thimerosal, ces derniers répondent que cela ne correspond pas aux leurs. La moitié des chiens de Pittman vaccinés deviennent malades, conduisant les chercheurs à déclarer le conservateur comme impropre à l’usage des chiens. Pendant la seconde guerre mondiale, les soldats furent vaccinés avec des vaccins fabriqués par Lilly. En 1967, une étude publiée dans Applied Microbiology montre que le thimerosal tue des souris lorsqu’il est ajouté à la vaccine.

Quatre ans plus tard, une propre étude de Lilly montre que le thimerosal est un toxique pour les cellules, dans des concentrations de une part par million (cent fois moins que dans les vaccines courantes). En 1977, dans un hôpital de Toronto, dix bébés meurent lorsqu’un antiseptique au dérivé de mercure est utilisé pour tamponner leur cordon ombilical. En 1982, la FDA propose de bannir les produits contenant du thimerosal vendus sans ordonnance mais, tragiquement, le CDC recommande que les nourrissons soient vaccinés avec une série de vaccins qui justement contiennent ce mercure. Des nouveau-nés auraient été immunisés contre l’hépatite B 24 heures après leur naissance et des nourrissons de 2 mois auraient été immunisés contre l’haemophilus influenza B et diphtérie-tétanos-pertussis.

L’industrie pharmaceutique savait que la vaccine créait un danger. La même année durant laquelle le CDC approuvait les nouveaux vaccins, le Dr Maurice Hilleman, l’un des pères du programme de vaccination chez Merck, avertissait la compagnie que des enfants âgés de 6 mois qui recevraient les vaccins souffriraient d’une dose de mercure dangereuse. Il recommandait de distribuer les vaccins sans le conservateur contesté.

Pour Merck et les autres firmes, comme toujours, l’obstacle est financier. Le thimerosal rend possible le conditionnement de fioles de vaccines en doses multiples, qui requièrent une protection plus importante car les fioles peuvent être contaminées plus facilement par les entrées multiples des aiguilles à injection. Les grosses fioles coûtent la moitié à la production que des petites fioles à dose unique. Le résultat est que le prix est plus bas pour des agences internationales qui les distribuent dans les régions pauvres à risque d’épidémie. Face à ces considérations de coûts, Merck ignora les recommandations d’Hilleman et les officiels gouvernementaux continent à promouvoir de plus en plus les vaccins contenant du thimerosal chez les enfants. Avant 1989, les enfants américains recevaient en période pré-scolaire « seulement » 3 vaccins (polio, diphtérietétanos-pertussis et rougeole-oreillon-rubéole). Une décade plus tard, grâce aux recommandations fédérales, les enfants ont reçu un total de 22 immunisations avant de commencer la scolarité. Alors que le nombre de vaccinations augmentait, le taux d’autisme chez les enfants explosait. Durant les années 1990, 40 millions d’enfants ont reçu des vaccins contenant du thimerosal, ce qui représente des taux de mercure sans précédent, pendant la période critique du développement du cerveau.

Le Dr Mark Geier, Président du Genetic Center of America et son fils David ont bataillé une année pour obtenir les enregistrements médicaux du CDC. Depuis août 2002, lorsque des membres du Congrès pressaient le CDC de changer les bases de données, les Geier ont publié 6 études qui démontraient une importante corrélation entre le thimerosal et des atteintes neurologiques chez les enfants. Une étude compare les doses cumulatives reçues par des enfants nés entre 1981 et 1985 avec ceux nés entre 1990 et 1996 et trouve une relation très significative entre l’autisme et les vaccins. Une autre étude montre que sur les enfants qui ont reçu une dose plus élevée de thimerosal, on a pu diagnostiquer 3 fois plus de cas d’autisme et 3 fois plus de cas de retard de la parole et de retards mentaux.

Une autre étude prête à être publiée montre le déclin des cas d’autisme suivant l’élimination du thimerosal de la plupart des vaccins. Dan Olmsted du UPI a fait une étude intéressante en cherchant des enfants qui n’ont pas été exposés au mercure par les vaccins. Cherchant des enfants n’ayant pas été exposé au mercure dans les vaccins – le genre de population que les scientifiques typiquement utilisent comme contrôle dans les expérimentations - Olmsted est donc allé à la recherche des Amish du Comté du Lancaster, Pennsylvanie, qui refusent d’immuniser leurs enfants. Etant donné le taux national d’autisme, Olmsted a calculé qu’il aurait dû trouver 130 autistes. Il n’en a trouvé que 4. L’un avait été exposé à de hauts taux de mercure émanant d’une usine de produits d’énergie. Les trois autres, incluant un enfant adopté provenant de l’extérieur de la communauté Amish, avaient reçu des vaccins.

Ken Veenstra, Sénateur républicain de l’Iowa déclara : « Le fait que le pourcentage de cas d’autisme de l’Iowa a augmenté de 700% au début des années 1990, juste après que plus en plus de vaccins aient été ajoutés au programme de vaccination, est une évidence en elle-même. L’année dernière, l’Iowa est devenu le premier état à bannir le mercure des vaccins, suivi par la Californie. Des décisions similaires sont en considération dans 32 autres états.

Mais, au lieu d’en tirer les conséquences, la FDA continue de permettre aux fabricants d’inclure du thimerosal dans des médicaments délivrés sans ordonnance, comme des stéroïdes et du collagène injectable. Le gouvernement continue d’envoyer des vaccins avec du thimerosal dans les pays en voie de développement. Certains voient soudain leurs taux d’autisme exploser, comme en Chine où la maladie était quasiment inconnue; de nouveaux rapports indiquent qu’il y a maintenant plus de 1,8 millions d’autistes. Aussi d’autres pays connaissent une montée en flèche comme l’Inde, l’Argentine, le Nicaragua et d’autres pays en développement qui utilisent maintenant des vaccins contenant du thimerosal.

L’OMS continue d’affirmer que le thimerosal est sûr, mais promet d’envisager la possibilité du lien avec des atteintes neurologiques. Je consacre du temps à étudier les publications car je crois que c’est une crise morale. Si, comme l’évidence le suggère, nos autorités médicales publiques ont, tout en le sachant, empoisonné une génération entière d’enfants américains en donnant l’autorisation à l’industrie pharmaceutique, leurs actions constitueraient un des plus grands scandales des annales de la médecine américaine. « Le CDC est coupable d’incompétence et de négligence grossière », déclare Mark Blaxill, Vice Président du Safe Mind, une organisation sans but lucratif concernée par le rôle du mercure dans la médecine. « Le dommage causé par les vaccins est massif. C’est plus important que l’amiante, que le tabac, que tout ce que vous n’avez jamais vu ».

Il est difficile de calculer les dégâts que notre pays – et tous les efforts internationaux faits pour éradiquer les épidémies – subiraient, si les nations du Tiers-Monde devenaient convaincues que l’Amérique, proclamée comme la nation la plus impliquée dans l’aide internationale, empoisonne ses enfants. Il n’est pas difficile de prédire comment ce scénario serait interprété par ses ennemis à l’étranger. Les scientifiques et les chercheurs, beaucoup d’entre eux sincères même idéalistes, qui ont participé aux efforts pour cacher à la science les revendications concernant le thimerosal, déclarent qu’ils sont en train de progresser dans le but élevé de protéger les enfants des pays en développement contre les maladies pandémiques.

Ils sont très mal avisés. L’erreur d’essayer de n’être pas responsable à propos du thimerosal reviendra hanter horriblement notre pays et les populations les plus pauvres du monde.

ROBERT F. KENNEDY JR.
Président du Waterkeeper Alliance.
(Traduction et résumé: Dr. B.Fillettaz)

Source :
Centre International d’informations, recherches
et études sur les troubles du métabolisme
et du comportement

Les Eotilé de Côte d’Ivoire aux XVIIIe et XIXè siècles

Publié le 09/12/2008 à 12:00 par sergegrah
Les Eotilé de Côte d’Ivoire aux XVIIIe et XIXè siècles
Prof. Claude-Helène Perrot

LES EOTILES DE CÔTE D'IVOIRE AUX XVIIIe ET XIXè siècles
POUVOIR LIGNAGER ET RELIGION


INTRODUCTION

La publication d'un livre est un événement dont la nature et l'émotion nécessitent d'être partagées avec tous. C’est dans cet esprit que je me fais le plaisir de vous présenter brièvement les grands axes du livre du professeur émérite Claude Hélène Perrot.

En, effet, cet ouvrage, intitulé : « Les Eotilé de Côte d’Ivoire aux XVIIIe et XIXè siècles. Pouvoir lignager et religion », est le premier ouvrage consacré à l'histoire des Eotilé, mais d’une série de travaux de recherche de grande qualité sur l’Afrique, notamment le groupe Akan de CI. Il est le fruit de quarante années de recherche en terre ivoirienne.

Les Eotilé font partie du grand groupe akan. Ils sont situés au Sud-est de la Côte d’Ivoire, non loin de la frontière du Ghana et compte environ 20'000 personnes (selon le recensement de 1988). Les Eotilés forment une douzaine de villages et campements le long de la lagune Aby (qu’ils auraient dû voir appelé, « lagune éotilé ») dont Etuéboué est le « chef-lieu éotilé ». Ils ont pour voisins immédiats les Anyi Sanwi, les Nzema. Leur principale activité, la pêche, un élément constitutif de leur identité. D’ailleurs, ils s’en vantent quand ils se disent : « enfants de la lagune », contrairement à leur frères anyi sanwi qui se disent les « enfants de la guerre », parce que porteurs d’un système de valeur centré sur la force des armes et le fusil.

L’objet de cet ouvrage selon l’auteur est d’analyser les liens entre pouvoir politique et religion dite « traditionnelle » chez les Eotilé aux XVIIIè et XIXè siècles. Pour ce faire, l’auteur, se place sous la bannière de la microstoria, c’est-à-dire « une histoire au ras du sol » qui « fait apparaître […] les stratégies sociales développées par les différents acteurs en fonction de leur position et de leurs ressources respectives, individuelles, familiales, […], etc, afin de faire, surgir des données non seulement plus nombreuses, plus fine, mais qui en outre s’organisent selon des configurations inédites et font apparaître une autre cartographie du social »

L’ouvrage comprend 9 chapitres qui s’articulent autour de deux problématiques d’intérêt majeur. Les 4 premiers chapitres sont entièrement consacrés au contexte historique, période par période, du peuple éotilé et, les 5 derniers traitent des liens entre le pouvoir politique et religion, c’est-à-dire de la nature des liens et des bénéfices que les lignages tirent de leur relation avec la divinité, le bosson,

LES QUATRE PHASES DE L’HISTOIRE DES EOTILE

Les Eotilé, constituaient un royaume, le « royaume de Monobaha », nom de la plus grande des îles qui ferment la lagune au sud. Ce royaume dirigé par un certain Brembi ou Blembi connu une grande prospérité. Mais des suites des guerres sanglantes avec les Anyi-Sanwi en 1725, les Eotilé ont perdu leur indépendance. Ainsi soumis aux vainqueurs, ils ont été intégrés dans le royaume sanwi.

La victoire des Anyi marquait ainsi la fin du royaume Monobaha et le début d’une ère de tribulations, partagés qu’ils furent entre dispersion et soumission à l’ordre nouveau, incarné par le royaume anyi de Krindjabo. Ils ont dû quitter les îles, pour se refugier au nord de la lagune, à l’embouchure de la Bia, sur les terres inhospitalières de Bianou. Par la suite, ils quittèrent progressivement Bianou au milieu du XIXè siècles (vers 1849) dans des circonstances peu claires, car l’événement se situait dans un contexte trouble animé par un personnage énigmatique, une sorte de big man, Ehua Tegbé qui a semé la terreur sur la lagune. Tout compte fait, les Eotilé ont réussi à quitter Bianou, pour retrouver une certaine autonomie dans l'espace lagunaire avec la fondation de nouveaux villages.

De retour de Bianou, les Eotilé ont tenté une implantation collective, le village Etüoboase (signifiant « qui est en bas ») dont le site abandonné se trouve entre Etuéboué et Akounougbé. Par la suite, ils se sont dispersés sur les rives de la lagune aby. Cet essaimage marque la fondation de vrais villages, c’est-à-dire qu’on est passé du campement de pêche à l’habitat permanent. Cela a permis au village éotilé d’acquérir une unité et une cohésion et d’affirmer son identité propre face aux villages voisins anyi. Toutefois, la configuration des nouveaux villages est influencée par le modèle anyi ».

La fondation des villages permanente a permis une meilleure organisation des hommes. Ainsi, les hommes du village sont organisés en fa, c’est-à-dire en « classes d’âge » ou de « générations » qui correspondent à la répartition de la population en lignages. Il y a deux fa : les sawa et les muluswé, dualité dont l’antagonisme affiché est générateur du dynamisme. Chaque fa a à sa tête un chef (fakpahi), choisit pour ses qualités d’homme juste et respecté et un chef guerrier (salahina).

RELATIONS ENTRE POUVOIR LIGNAGER ET RELIGION

Malgré le passé monarchique, (le royaume de Monobaha), aujourd’hui, les Eotilé ne sont pas organisés sur ce modèle étatique : la société éotilé entre dans la catégorie des sociétés dites lignagères. C’est en cela qu’elle est différente de celle par exemple des anyi sanwi, qualifié de « royaume militaire ». La société éotilé est basée sur une alliance avec une déité, bosson tutélaire. C'est à travers cette médiation religieuse que les lignages éotilé ont pu acquérir des profits matériels, accroître leurs effectifs et structurer politiquement leur société. La richesse et la force sont les deux fondements du pouvoir que procure l’alliance avec un bosson. Pour souligner les avantages matériels que procurent leur alliance avec la déité, les Eotilé disent : « qui a besoin d’argent vient demander crédit à Assoho. Autrement dit, on a une stratégie d’accumulation des richesses et d’accroissement du lignage en effectifs prenant appui sur la puissance attribuée au bosson. Plus le bosson d’un lignage est sollicité et redouté, plus le lignage étend son champ d’intervention, bien « qu’aucun lignage ne disait à l’autre, « je te commande ». Par l’intermédiaire de son bosson tutélaire, un lignage peut non seulement acquérir des kanga, mais aussi s’agréger des « gens de la dette ».

Les lignages ou afilie éotilé sont au nombre de 09 en incluant les Gonogono Boayo et les Bonoua Boakru, et chacun entretient des relations privilégiées avec l’un des nombreux bosson (déité) qui peuplent les rives et les eaux de la lagune Aby. La « maison » d’Asemalà chez les Boïné et celle d’Assoho chez les Asemagama Boakru sont connus comme des hauts lieux ou des édifices cultuels les plus valorisés. Ils constituent aussi un lieu d’asile pour tout fugitif. En fait, c’est au niveau du lignage que se découvrent les liens entre pouvoir et religion.

La pêche comme nous l’avons déjà mentionné est le fondement de l’identité éotilé. C’est pourquoi, le père Loyer disait en 1702 que : « leur unique occupation et toute leur richesse c’est la pêche …et ils sont si adroits que cela surpasse l’imagination ». Malgré les transformations intervenues dans l’économie, qui s’est diversifiée à partir des années 1920, la pêche et les activités qui lui sont associées contribuent aujourd’hui encore à définir l’identité éotilé.

La structuration des lignages et leur relation avec le monde invisible, permet aux Eotilé de définir et de distinguer les figures de la force et du pouvoir. Pour les Eotilé, la force de certains individus vient d’une puissance émanant du monde invisible, du nom de Zubo (nomien en éotilé). La force est captée par ces individus qui sont les figures de la force (les Zubofwè), soit pour en faire une démonstration gratuite qui révèle ou confirme leur supériorité physique, soit pour battre un adversaire en combat singulier. A l’inverse le pouvoir permet à l’individu de commander d’autres hommes comme des sujets du roi. Le pouvoir se manifeste et s’exerce dans le monde visible, mais il a des racines dans le monde invisible.

Les figures du pouvoir éotilé sont les Salahina, « chef de guerre » des fa (catégories d’âge). Personnage doté de la capacité de franchir les limites physiques assignées au commun des mortels. Le Salahina, contrairement au Zubo qui vit dans l’espace aquatique, lutte sur la terre ferme.

De ce point de vue le pouvoir du chef de lignage éotilé peut être définit comme « un pouvoir », mais « sans démonstration de force », car dépourvu d’expressions concrètes destinées à inspirer la crainte, parce que, rien ne le distingue des autres personnes de son âge dans l’espace villageois. Contrairement au Salahina, le chef n’est pas couvert d’emblème ou de parures particuliers. Il n’a aucune emprise sur le monde de la nature contrairement au roi akan. Il ne peut ni favoriser l’abondance des récoltes, ni déclencher une catastrophe (la famine).

Tout repose sur le bosson protecteur du lignage. Cependant, bien que n’ayant plus aujourd’hui les moyens matériels et juridiques d’exercer un réel pouvoir sur ses lignages, il conserve encore une influence sur eux : les questions de succession et d’héritage, ou de funérailles sont réglées en sa présence, dans sa cour.

L’imbrication du politique et du religieux est le trait dominent de l’ancienne société éotilé du XIXè siècle, de sorte que le fondement même de l’identité éotilé qu’est la pêche ne peut être mieux étudiée qu’en passant par la religion traditionnelle et sa connexion avec le pouvoir lignager. Les dissocier serait occulté une articulation essentielle à l’intelligence du dynamisme de l’ancienne société éotilé.

CONCLUSION

A travers, cet ouvrage, le prof. Claude Hélène Perrot, nous présente globalement, une vision non pas figée, mais évolutive des sociétés africaines, notamment de la société éotilé en montrant la vitalité de la relation entre le pouvoir lignager et religion, d’une façon intellectuellement et pragmatiquement pertinente. C’est avec beaucoup d’habileté que le professeur montre la singularité de l’histoire des Eotilé, qui, bien que encrée dans le groupe akan, et influencée par celle des anyi sanwi, se donne, de par son organisation sociale, comme une société lignagère, à l’instar des Wè, des Bété, etc. Observatrice directe de Histoire de l’Afrique, des traditions orales africaines, elle nous fait revivre de façon dynamique et microstoriale, les pratique politique, culturelles, cultuelles, matérielles et économiques de la société éotilé des siècles passées comme si nous étions au présent. Les sources écrites appuyées par les cartographies qui montrent des femmes et des hommes de deux générations disparues, ressuscite notre passé singulier et collectif en tant qu’Africains.

L’intégration et la désintégration des Eotilé aux Anyi Sanwi et leur indépendance, nous donne une leçon : celle du courage d’un peuple, pour la lutte de pour son indépendance. Nos états modernes doivent s’en inspirer, afin d’offrir au monde, un autre visage de l’Afrique : une Afrique indépendante, courageuse, qui n’est pas celle de la possession de l’argent et des honneurs, révélatrice de la corruption de certains pour qui la force fait droit, mais d’une Afrique, fière de son identité culturelle, (de son histoire ), où le mensonge et l’hypocrisie sont signes d’infamie, où les valeurs ancestrales sont également sécurisantes parce que familières ; en évoquant dans chaque lignage, le bosson qu’ils tiennent pour sacré, leur ancêtre protecteur, en respectant le secret initiatique reçu dans les classes d’âges, ou de générations (fa), les éotilé en appelle au caractère sacré de la vie et offrent des efforts d’une Afrique, d’une Côte d’Ivoire en marche vers un développement durable et une vraie indépendance.

A travers ce microstoria, le prof. Claude Hélène Perrot, nous donne à tous, et particulièrement aux jeunes générations, quelques îles d’Histoires, des ailes d’espoir et une parcelle de liberté- parce qu’elle a réussi le tour de force de nous réconcilier avec notre propre histoire et nos Histoires. Par delà le contenu de cet ouvrage, sa publication, en cette période sombre de l’histoire de la Côte d’ivoire et à l’ère de la mondialisation des cultures, est un hommage au peuple éotilé, d’une part, et d’autre part, cette cérémonie de dédicace est aussi un grand hommage à une grande intellectuelle africaniste qui a mobilisé son savoir, son savoir-faire et son savoir être, pour que l’Afrique, et singulièrement la Côte d’Ivoire, malgré les turbulences et les impasses du moment, reste debout grâce à la maîtrise de l’Histoire de ses peuples et donc, de sa propre Histoire.

Dr. Guiblehon Bony
Maître-assistant,
Université de Bouaké (Côte d’Ivoire)


Étudiantes le jour, prostituées la nuit

Publié le 04/12/2008 à 12:00 par sergegrah
Étudiantes le jour, prostituées la nuit
Elles sont jeunes, belles, régulièrement inscrites dans les universités et Grandes écoles d'Abidjan. Mais face aux difficultés de la vie, elles ont choisit la voie de la facilité : la prostitution. Et après les cours, ces filles s'adonnent au plus vieux métier du monde, malgré tous les risques. Nous avons rencontré trois d'entre elles. Récit.

Université de Cocody. On est vendredi, dans une salle de T.D (travaux dirigés) de l'UFR des sciences juridiques, administratives et politiques. Nina (c'est son nom d'emprunt), 27 ans, étudiante en Licence de droit privé s'attelle à récupérer tous les cours qu'elle a manqués ces derniers jours pour en faire des photocopies…D'ailleurs, c'est une habitude pour elle de prévoir chaque fois de l'argent pour photocopier les cours. Depuis la première année, Nina n'assiste pas à tous les cours, surtout à ceux de vendredi soir et de samedi matin, à cause de son boulot…

Ce même vendredi, à 23 heures, on retrouve Nina à Biétry. Reconvertie en serveuse, elle s'active dans un bar huppé. Bottillons, jupe ultracourte, perruque jaune sur la tête, ongles rutilants…un look identique à celui de toutes les serveuses du coin. Entre deux services, elle prend le temps de se confier à nous : « C'est une copine qui m'a trouvé ce job. Je travaille dans ce bar depuis deux ans…Mon père travaille à l'intérieur du pays, il est là-bas avec ma mère et certains de mes frères. En tout, nous sommes 20 frères et sœurs. Ici, je vis dans la maison familiale. Mais depuis quelque temps, papa ne s'occupe plus de moi, il ne me donne presque plus d'argent, parce qu'il trouve que je suis déjà grande… » Et dans ce bar, elle semble trouver ce qu'elle cherche. « Chaque jour de travail, j'ai 2500 f comme prime de transport. J'ai aussi 500 f sur chaque verre que je fais prendre aux clients, et puis il y a les pourboires qui peuvent aller jusqu'à 15000 f, les samedis… Pour les cours, je me suis arrangée avec mon patron : Pendant l'année scolaire, je bosse les vendredis et les samedis à partir de 20heures. Pendant les vacances, c'est tous les jours, à partir de 16 heures ».

« Quand je vais en « busy », c'est minimum 35 000 F »

Mais, en réalité, ce ne sont pas les pourboires et autres primes qui constituent l'essentiel des revenus de Nina. Il y a aussi et surtout le « busy », c'est ainsi que Nina et ses collègues serveuses appellent le fait d'aller passer une nuit avec un client du bar contre de l'argent. « Toutes les filles ici ont fait au moins une fois le « busy ». Au début, moi, je ne voulais pas du tout aller avec quelqu'un que je ne connais pas. Mais toutes les autres le faisaient et ça se passait assez bien pour elles, alors un jour, j'ai essayé. Mon premier « busy », c'était avec un Blanc. Il a tellement apprécié que c'est moi qu'il choisit chaque fois qu'il vient…Le client qui veut une fille glisse un mot dans la corbeille au moment de payer l'addition. Si la fille est libre elle le lui signifie par un sourire. Et le client attend jusqu'à la fermeture du bar pour partir avec la fille. Moi, quand je vais en « busy », c'est minimum 35 000f. On me paye avant même que je ne quitte le bar…Le client peut faire tout ce qu'il veut toute la nuit, mais à 7 heures, il doit me déposer chez moi…Je ne vais pas en « busy » à la veille des examens, parce que l'an passé j'ai échoué à ma première session à cause de ça » Autre lieu, Marcory Mille maquis. C'est le nouvel épicentre de la prostitution à Abidjan. Samedi soir, il est 23 heures. A quelques pas des fêtards qui « descendent » des casiers de bière dans les maquis géants, de nombreuses prostituées déambulent. A intervalles très rapprochés, elles s'engouffrent avec leurs clients dans un hangar situé juste en bordure de la route. Pour faire leurs affaires. L'odeur âcre de l'urine, les dizaines de préservatifs usagés qui jonchent le sol et même les passants ne gênent ni les clients (généralement saouls) ni leurs belles de nuit.

« La passe à 1000 F ou 1500 F, ça ne m'arrange pas »

Un peu à l'écart de tout ce « bazar », se tient Betty (c'est son nom d'emprunt), 23 ans, étudiante en année préparatoire de BTS communication. Nous l'avons rencontrée quelques jours plus tôt dans une Grande école au Plateau. Son pantalon jean (taille basse), sa chaîne à la hanche et surtout sa plastique de mannequin attirent des clients. Elle les envoie balader sans ménagement. « Je ne « gère » pas (Traduisez : je ne fais pas l'amour) avec ceux qui sortent des maquis. Ils sont saouls et en général, c'est pour fatiguer les gens », expliquera-t-elle. « Et puis moi, Je ne viens ici que les vendredis et les samedis. La passe à 1000 F ou 1500 F, ça ne m'arrange pas… » Un instant après, une voiture s'arrête à son niveau. Betty semble bien connaître le conducteur. Elle monte à bord et la voiture disparaît.

Environ deux heures plus tard, elle revient. Seule, sans l'homme qui l'avait emmenée.

« C'est un homme marié, il m'appelle et il passe me chercher ici quand il a besoin de moi. Il paye bien… », raconte-t-elle. « Je vis avec ma grande sœur qui ne travaille pas. Nos parents sont au village. Je ne peux pas mentir, chaque fois que je vais les voir, ils me donnent de l'argent pour mes études. Je n'ai pas eu le Bac alors je dois payer mes cours. L'argent de mes parents suffit à peine à payer la scolarité…Or, je dois m'habiller, je dois manger…C'est ma meilleure amie, aujourd'hui décédée, qui m'a montré comment faire. Je l'ai accompagnée un jour en Zone 4… », poursuit-elle. « Ma sœur ne sait pas que je fais ça. Si elle l'apprend, c'est sûr qu'elle va me chasser de la maison. Les jours où je ne rentre pas, je lui dis tout simplement que j'étais avec mon gars… »
Peu après, une autre voiture s'approche et klaxonne. Betty se dirige vers le conducteur. Après négociation, elle monte à bord. Mais cette fois, elle ne reviendra pas.

Le lendemain dimanche, dans l'après-midi, quelque part à Yopougon, Betty est sagement assise dans l'appartement où elle vit avec sa sœur. Revenue dans sa peau d'étudiante, elle révise ses leçons. Tranquillement. Presque aucune trace de la nuit dernière, sauf des yeux un peu rougis par l'alcool et la nuit quelque peu mouvementée. Dès qu'elle nous aperçoit, elle vient à notre rencontre. « Ma sœur est là, je ne peux pas vous recevoir à la maison, elle va me poser trop de questions », s'empresse-t-elle de dire. Alors nous nous retirons sous un hangar non loin. Là, nous parlons pendant de longues minutes. Et, sur notre demande, Betty nous résume la suite de sa nuit. « Hier, la deuxième voiture dans laquelle je suis montée, c'étaient des jeunes qui voulaient se défouler, nous nous sommes entendus sur 25 000 F, comme ils étaient deux… »

Elles donnent dans la cyberprostitution

Si Nina et Betty ont du mal à s'avouer à elles-mêmes et aux autres qu'elles se prostituent, ce n'est pas le cas de Solange K. (c'est son vrai nom). A 29 ans, Solange vient de s'inscrire dans un institut de beauté après plusieurs années sans aller à l'école. Une cigarette toujours au bec, elle n'a aucune gêne à avouer qu'il y a longtemps qu'elle gagne sa vie en vendant les charmes de son corps.

« Ça a commencé au lycée. J'étais encore à l'intérieur du pays. Et dans le foyer où je vivais, toutes les filles avaient plusieurs gars qui s'occupaient d'elles. Je suis tombée dedans… Mon père était très déçu de moi, il voulait me renier quand il a appris que je faisais ça…Mais maintenant, je pense qu'il m'a acceptée comme je suis. Je sais que dans le quartier où je vis, les gens me critiquent, ils chuchotent sur mon passage parce que je découche très souvent. Ce n'est jamais la même voiture qui vient me déposer. Ça me fait mal quand j'entends certains propos sur mon compte, mais c'est ce que je fais pour payer ma maison, me nourrir, payer mes études… » En plus d'écumer les grands hôtels où elle prétend avoir des contacts, Solange est aussi parmi celles qui donnent dans la cyberprostitution. Son champ d'action, c'est parfois internet, et les liens du chat. « Souvent, quand je n'ai pas de « mouvements » et que je dois régler un problème urgent, je vais sur le net pour me « dépanner ». Je propose mes services et celui qui est intéressé discute avec moi, on s'entend sur le prix avant de se croiser, parce que je n'ai pas de temps à perdre. Jamais en dessous de 30 000 F. Quand on se rencontre, il me donne mon argent avant tout… »

« Ma meilleure amie a été sauvagement assassinée dans un hôtel… on a tiré son sang »

Nina et Betty se disent en marge des réseaux de proxénètes. Elles « travaillent » en free lance, selon elles. Aussi, développent-elles individuellement un système de protection. « Moi, je ne passe jamais la nuit dans un hôtel avec un gars. S'il veut passer la nuit avec moi, c'est chez lui à la maison et pas ailleurs… J'ai peur, Il y a deux ans, ma meilleure amie a été sauvagement assassinée par un homme avec qui elle était partie passer la nuit dans un hôtel…on a tiré son sang, on a enlevé son sexe … » explique Betty.

Quant à Nina, c'est surtout contre le SIDA qu'elle se prémunit. « Je vais toujours en « busy » avec mes préservatifs. J'ai des caries dentaires, j'ai les gencives qui saignent tout le temps alors je n'embrasse jamais les clients, je ne fais pas la fellation, c'est trop risqué. Le Sida rode, il y a trop de filles que je connais qui en sont mortes. Je ne veux pas sacrifier mon avenir… »

Justement, parlant d'avenir, comment voient-elles le leur ? Plutôt lucide, Nina confie : « L'an dernier j'ai échoué à mon examen à cause du boulot… Je sais que je ne peux pas construire une vie dans les bars, c'est passager…Je veux avoir la Maîtrise, un bon boulot, une maison, un mari et des enfants… ». Betty ne dit pas autre chose : « En ce moment, au niveau des études, je fais ce que je peux. Souvent, je suis obligée de « tirer » les cours. Mais, je vais arrêter tout ça quand je serai en année de BTS, pour me concentrer sur l'examen. Quand j'aurai mon diplôme, je vais chercher du boulot, plus tard je compte faire un cycle ingénieur ». Solange est encore plus explicite : « J'ai un fils de 4 ans qui vit pour le moment avec son père. Ma belle- famille n'a pas voulu que mon ex vive avec moi à cause de mon passé… Quand mon fils sera grand, je ne veux pas qu'on lui dise que sa mère est une pute. Si je suis retournée à l'école, c'est pour apprendre un métier et abandonner ça. »

A entendre ces filles, vendre les charmes de leur corps n'est qu'une simple étape dans leur vie. Une étape dont elles espèrent sortir quand elles le décideront. Sauf que la prostitution est un engrenage dont on ne sort presque jamais sans séquelles.

© abidjan.us


Prostitution à ciel ouvert à Abidjan : Florissante et inquiétante

Publié le 04/12/2008 à 12:00 par sergegrah
Prostitution à ciel ouvert à Abidjan : Florissante et inquiétante
Côte d'Ivoire ... Le plus vieux métier du monde gagne du terrain à Abidjan, capitale économique de la Côte d’Ivoire. Dans cette grande ville, la prostitution s’exerce à ciel ouvert. Des mineures comme les filles majeures se vendent dans des conditions qui dépassent l’entendement humain. Dans les communes de Yopougon, de Treichville, de Marcory et d'Adjamé, les filles de joie se font la belle. Les sous y passent.

Elles se vendent. A combien ? De 1000 à 5000 F la passe selon la catégorie et le lieu où se déroule la partie de jambes en l’air. A l’air libre ou dans les chambres de passe, 1000 F, dans les bars climatisés 5000 F. Dans la commune de Marcory, la nuit tombée, les marchés servent de lieu de prostitution. Le marché de Belle ville, situé non loin d’un lieu célèbre appelé « les mille maquis » est un lieu d’exhibition des prostituées dès 19h.

Pour percer le mystère et avoir des informations dans le milieu, il faut être « comme eux ». S’habiller en vagabond. Parler le langage « nouchi ». Marcher en vagabond. L’habillement vagabond consiste à s’habiller en jeans, t-shirt, paires de chaussures basket. Dans le « guetto », des centaines de jeunes filles déambulent. Aux abords du bitume jouxtant le marché de Belle ville à Marcory, elles sont habillées de tenues chocantes. Jupettes et tenues décolletées. Certaines fument, d’autres accostent de potentiels clients pour proposer leur service.

Comme lieu de « détente sexuelle », avec la complicité de certains jeunes du quartier, ils occupent un étal de commerçant, en prenant soin d’entourer le lieu de barrières faites de tables relevées sur le côté. A l’intérieur de cet abri de fortune, il n’y a pas de couchette. Seulement des bancs formant un U. Mais comment font-ils l’amour dans cet endroit ? « Les filles prennent appui sur le banc, le partenaire fait sa chose et se barre » a expliqué un jeune homme qui gère le « guatta ».

C’est ainsi que l’on nomme ce lieu où des jeunes gens du quartier servent de garde de corps et de surveillant, des filles. Ces jeunes montent la garde, chaque nuit à tour de rôle, devant le guatta qui se trouve à l’intérieur du marché, dépourvu de toute luminosité. En contre-partie, les filles de joie louent le « guatta » pour accomplir leur libido. Au premier passage, elle donne 200 F CFA aux jeunes de service. Au deuxième passage, elle débourse 1000 F CFA, a expliqué l’un des tenanciers du « guatta ». Par nuit, par ce racket, les jeunes disent engranger au bas mot 150 000 F CFA dans la gestion du guatta.

Le week-end, cela avoisine les 200 000 F CFA. Ils partagent cet argent entre eux. Ils sont souvent 5 personnes par nuit. Quant aux filles, elles peuvent empocher plus de 50 000 F CFA en une nuit. La passe au « guatta » étant à 1000 F CFA. Sous le hangar, trois à quatre couples peuvent entrer en même temps. Chacun faisant sa chose dans un coin du « guatta », dans la nuit noire. Assis à peine trois mètres de là, les jeunes regardent les filles et leurs partenaires rentrer et sortir. Avant d’entrer dans le « guatta », le client paye la fille qui, sur le chemin passe chez le jeune de garde verser « ses sous ». Au moins 50 m sépare le guatta du bitume. Souvent, des bagarres éclatent entre clients et prostituées. Généralement, c’est lorsque le client prend trop de temps pour se libérer qu’éclate la bagarre.

Une nuit, au marché de « Belle ville » où se trouve le « guatta », observant comme les jeunes « garde du corps » en face du « guatta », au moins trois couples sont à l’intérieur. Soudain, des voix s’élèvent entre un client et la prostituée. Cette dernière sort du « guatta » en tempêtant dans un français approximatif alors que le jeune tenancier lui demandait ce qui se passait : « c’est pas ce missié-là, il fait, il fait depuis là, il pisse pas ». Au même moment, le client sortait en remontant son pantalon. Le jeune garde du corps des filles lui dit de s’en aller. L’homme voulu s’expliquer. Le jeune lui dit « tu te barres où je te saigne ». Le client partit sans mot dire et la fille reprit position au bord du bitume sifflant d’éventuels clients.

Complicité entre policiers et jeunes du « guatta »

De temps à autre, des agents de police du Centre de commandement des opérations (CECOS) descendent sur les lieux. Ce soir-là, ils étaient trois portant en bandoulière des fusils d’assaut. Ils forment un triangle en fonction du lieu du « guatta ». Les jeunes en charge de sa gérance ne sont nullement inquiétés. Ils se saluent dans le jargon : « Bonsoir mon vieux... ». Le terme « mon vieux » est utilisé pour marquer le respect. Ils savent pourquoi ils sont là. « Ils viennent prendre pour eux » me souffle à l’oreille un jeune. « Prendre pour eux » signifie « qu’ils viennent racketter les clients des prostituées ». Sur-le-champ, l’un des clients qui sortait du « guatta » est pris à l’épaule par l’un des policiers. Le client ne l’avait pas vu venir. Ils l’emmènent à l’intérieur du marché loin des yeux et des oreilles indiscrètes.

Pendant ce temps, le « va et vient » des filles de joie suivi de leur client respectif continue. Les flics après avoir pris quelques billets avec le client le laisse partir. Selon certains jeunes du « guatta », ils peuvent prendre soit 1000 F CFA ou 5000 F, c’est selon « le gaou » qu’ils ont entre les mains. « Dans leur jour de gloire, ce sont quelques prostitués qu’ils ramassent pour « aller tirer le jus » et revenir les déposer », a expliqué un tenancier du « guatta ». L’une des prostitués qui a requis l’anonymat est formel : « le problème avec ces flics, c’est qu’ils b... sans porter capote ».

Cette quête facile du gain a entraîné l’entrée des mineures dans la prostitution. Elles ont entre 10 et 13 ans. Chaque soir, elles déambulent aux abords de la pharmacie de l’amitié situé à Marcory et, aussi en face du maquis « chez grand Bao » de l’autre côté du bitume. Quand elles ont un client, non loin de là, se trouve des chambres de passe dans un couloir, où l’heure de location est à 1000 F CFA.

Ces chambres de passe procurent entre 300 000 F et 500 000 F CFA de recettes. « Les jours ordinaires, le patron nous demande de faire une recette de 300 000 f CFA, le week-end, il demande 500 000 F CFA » a avoué Ange, employé dans un hôtel à chambre de passe au quartier « le remblai » situé à Marcory. Selon ses explications, ils font entrer cette somme comme « si c’était un jeu d’enfant ». Dans ces chambres de passe, des jeunes se sont transformés en proxénètes. Ils proposent de trouver des filles de joie de l’hôtel. Ils ont des numéros de téléphone des prostitués qu’ils contactent en cas de besoin.

En retour, la prostituée, en fonction de ce qu’elle gagne verse un pourcentage au jeune. « La commission peut aller jusqu’à 10% de la somme », a affirmé Karim, un jeune du milieu. Cependant, dans la plupart des cas, le prix de la passe est fixé par le jeune homme à la prostituée avant qu’elle ne vienne rencontrer le client. Les jeux sont faits. Et, chacun sait déjà combien lui rapporte la partie de jambes en l’air.

Plusieurs sites de prostitution

Que ce soit à la Rue 12, un lieu célèbre de Treichville, l’une des communes d’Abidjan, où aux « Mille maquis » à Marcory où encore à la « Rue princesse » à Yopougon, le plus vieux métier du monde a droit de cité. Les filles qui l’exercent viennent de plusieurs pays ouest africains (Libéria, Ghana, Côte d’Ivoire, Burkina Faso etc.)
A la rue 12, des immeubles sont squattés par les prostituées. Dès 16 heures, on les voit assises, dans les couloirs, à l’entrée des immeubles, sur des chaises. Avec l’accord de l’une d’entre elle, un tour dans une chambre d’une prostituée révèle un mode de vie et un décor propre à celle-ci. Des mûrs bariolés d’images et de photos obsènes tirées de journaux ou de magazine. La hauteur du lit ne dépasse pas 30 cm du sol. Un miroir d’environ 1m est accroché à l’entrée de la porte.

Au bas du miroir sur une étagère, se trouve des produits de beauté. La jeune prostituée a confié sous le couvert de l’anonymat proposé ses services à 2000 F CFA. A Adjamé, l’une des communes d’Abidjan, c’est sur des tabourets qu’elles s’asseyent en pleine journée attendant des clients. La passe fait aussi 2000 F CFA. Elles affirment se tirer d’affaire souvent avec 10 000 F CFA dans la journée. Comme quoi, le sexe « se vend allègrement bien ».



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