Publié le 11/06/2009 à 13:52 par sergegrah
La peintre, Annick Assémian
Le samedi 30 mai dernier la peintre Annick Assemian accueillait le petit monde de l’art en sa Résidence-Galerie d’Akéikoi. Un vernissage qui a séduit les visiteurs par la qualité des pièces exposées. Une véritable invitation à voyager au pays de l’Art. A la rencontre d’artistes venus la soutenir. Le tout dans un univers de nu. Tel un miroir de la diversité. Mais sobre et discret. Comme Annick Assemian elle-même. Annick par sa thématique, montre comment le nu, avec ses connotations, ses charges, ses refoulements, sont et resteront, non seulement une source inépuisable d’inspiration, mais aussi le reflet impitoyable de notre société.
L’occasion de ce vernissage a permis en tous cas de découvrir un lifting visuel tout à la dimension de Dimao, d’Antwi, de Salomon, de Lerro, de Schafit, de Nadine. En tous cas les quelques privilégiés invités d’Annick ont fait un voyage artistique agréable, avec à un Alain Tally qui se révèle chaque jour comme un artiste complet.
L’acte I d’Akéikoi’Art remporte ainsi un vif succès. Mêlant artistes peintres, designers et céramistes. Ainsi, a-t-on pu (re) apprécier les patchworks de Nadine N’dia. Profondément ancré dans la réalité, son art reste tributaire de son enfance : la couture. Une évidence tranquille que Nadine exprime avec le même naturel. Ses pièces ne séduisent pas au premier abord, mais nécessite du spectateur une imprégnation progressive. Les couleurs de Nadine rompues n'éblouissent pas, elles se révèlent peu à peu. C'est à partir de ce style parfaitement maîtrisé que s'élabore, lentement, sans heurts, toute son œuvre.
Akéikoi’Art a permis au beau public présent de se laisser emporter dans la sonorité des œuvres exposées. Chacun y allait de son petit commentaire. Cachant mal son émotion. Parmi les visiteurs on aura reconnu, le peintre de renom Monnè Bou et le Ministre Koné Dramane qui ont renforcé la qualité de ce vernissage.
On aurait dit tout simplement : vive Akéikoi’Art acte II.
Serge Grah
Publié le 22/05/2009 à 13:59 par sergegrah
A l’école des Beaux-Arts de Lille, Annick Assémian, alors Laurence, fréquentait l’Art. Gravage sur bois, réalisation de dessins animés, illustration de livres pour enfants. Annick passe d’une technique à l’autre avec ce rare bonheur qui sait gagner les faveurs d’une recherche accomplie.
Annick Assémian et la peinture ? « En fait, je fonctionne à la sensibilité, c’est-à-dire, quand j’ai envie de peindre, je peints. Sinon, ce n’est pas systématique, ce n’est tout le temps et sans arrêt. Je ne le fais pas non plus pour gagner de l’argent. »
Annick fit quelques apparitions comme réalisatrice de dessins animés. Mais comme elle le dit elle-même « le dessin animé est tout un engrenage. Il faut beaucoup de personnes pour que ce soit rentable. Le dessin animé demande aussi un gros investissement d’argent et de temps. C’est une chose que je n’avais pas du tout envie de faire en Afrique. » Annick Assémian décide alors de se consacrer à ses premières amours : l’illustration. « C’est un aspect tellement banalisé qu’il passe inaperçu sauf pour les enfants. Illustrer, c’est donner au texte une interprétation graphique sans trahir la penser de l’auteur. C’est fascinant de faire revivre par le dessin des personnages qui n’existent que par la lecture, par l’imagination. L’illustration est fondamentale pour la littérature enfantine. »
Annick Assémian enseigne l’Art, elle peint, grave, illustre des ouvrages et elle écrit des histoires pour enfants. Quel est donc son secret ? « Aucun à proprement parlé. Je procède par étape, par tranches de vie. Il y a des périodes qui sont favorables à l’écriture, d’autres à l’illustration, à la peinture, à la gravure. C’est tout un morcellement de ma vie. » D’elle, Marie-José Hourantier écrira que cet « artiste fouille les mystères de la vie et de l’âme africaine. Annick capte le rythme qui l’entraîne vers un au-delà de la forme où elle puise sa force. »
Serge Grah
Publié le 22/05/2009 à 13:33 par sergegrah
Combien peu de personnes savent que les végétaux, les minéraux, les animaux sont en mesure de communiquer avec les humains. La clé de cette communication est l’AMOUR : l’amour pour Dieu, l’amour pour notre bonne Mère la Terre et pour tous ses habitants… Nos Frères et Sœurs les Amérindiens, les Aborigènes et ceux appartenant à d’autres « peuples Racine » avaient cette capacité ; certains parmi eux, des Chamans, l’ont encore. De même, des médiums évolués spirituellement ont la capacité de recevoir par télépathie les messages de nos Frères les arbres et les minéraux, de nos Sœurs les fleurs.
Afin de montrer la beauté de l’enseignement que j’ai reçu, j’ai sélectionné quelques messages qui figureront dans La Terre promise…, que du bonheur.
Le 15 avril 2007, lors d’une réunion que j’avais intitulée Nos amies les pierres, nos amis les minéraux, je reçus de beaux messages. En voici un :
Message d’une AMETHYSTE :
Joie de me communiquer. Joie de vous aider sur le chemin de l’éveil. Je participe moi aussi au Grand Tout, à l'élévation humaine. Le monde va connaître des périodes de grands bouleversements et transformations. Vous allez avoir besoin de notre aide à toutes. Nous allons rayonner, encore plus rayonner, toujours plus rayonner, car les pensées humaines ont fait un tort considérable à la Terre.
La Terre a besoin de PAIX, de JOIE, et par dessus tout, de PARDON. Le manque de pardon entraîne, induit l’involution. Nous sommes là, pour vous aider à vous élever, à vous connecter aux énergies les plus hautes, aux énergies les plus puissantes, aux énergies les plus pures. Nous vous aimons, nous vous aidons. Nous sommes heureuses de le faire. Notre mission est belle : Celle de vous ramener vers la Lumière, votre Patrie céleste, où il n’y a que PAIX, JOIE, AMOUR. Utilisez nous quotidiennement, fréquemment, faites nous rayonner.
Message d’un CRISTAL de SEL de L’HIMALAYA :
Le lendemain de cette réunion, tandis que ma fille et moi étions en voiture, un Cristal de sel de L’Himalaya me livra ce message bouleversant :
J’aime la planète Terre. Je ferai tout pour la sauver. Beaucoup n’ont pas réalisé l’IMMENSE CHANCE qu’ils avaient d’avoir une mère nourricière si abondante, si belle, si pleine de ressources naturelles. Nous, les minéraux nous sommes tellement affligés de constater sa lente agonie, ses nombreuses déforestations. Mais, vous êtes de plus en plus nombreux à prendre conscience qu’il y a un grand défi à relever.
La drogue, la prostitution, le proxénétisme, les guerres fratricides et de religion ont davantage pollué la stratosphère que la pollution déversée par une outrancière mécanisation.
La haine, les états dépressifs, les jalousies noires ont enserré votre planète dans un étau énergétique irrespirable. Il nous faut faire des efforts pour communiquer avec vous, tant votre planète est polluée, asphyxiée. Vous ne respirez plus l’air divin, tel qu’il était au début de la création : nous nous en affligeons.
Chacun doit ENFANTER La Terre de demain en semant de bonnes pensées, en pensant à faire le bien, en ne cherchant plus à tirer profit, de façon éhontée, des ressources naturelles.
Tous les Enfants de la Sagesse – ceux, qui depuis des années, privilégient les valeurs spirituelles et éthiques – vont s’adapter relativement bien, relativement vite aux bouleversements climatiques. Mais tous ceux qui se sont laissés enfermer dans un matérialisme outrancier ne vont pas réussir ou chercher à s’adapter. De nouvelles maladies microbiennes vont apparaître. Nous avons de la compassion pour ce que vous allez vivre, mais c’est un passage obligé, obligatoire. Vous, les Enfants de la Terre, vous avez fait subir à votre planète des dégâts considérables, irréversibles. Il faudra de nombreuses larmes, des milliers de larmes, des millions de larmes pour régénérer, purifier la Terre.
Message d’un BOULEAU :
Enfants de la Terre, nous sommes heureux de vous parler. Nous sommes vos Frères dans les énergies les plus hautes. Nous aussi, les règnes parallèles, nous dispensons de Son amour, nous dispensons de Sa Joie, nous dispensons de Sa Paix. IL – DIEU – EST EN TOUT. IL EST PARTOUT. Il n’est pas un lieu où Il n’est pas. Je suis heureux de vous parler. Aimez à nous regarder, nous les arbres, nous vos Frères les arbres. N’hésitez pas à nous parler, n’hésitez pas à nous enlacer, nous avons tant d’amour à vous donner, nous avons une si belle énergie à déverser en vous, en chacun de vous.
Votre Terre, notre Terre va devenir un paradis, le compte à rebours est déjà commencé pour une grande transformation. La transformation, Frères humains, Frères de la Terre est, AVANT TOUT, une transformation dans le cœur, dans les mentalités. Il est une nécessité pour le monde de changer, de s’affranchir de la peur, de s’affranchir de la haine, de s’affranchir de la convoitise, de s’affranchir de tout ce qui divise. Le monde va vers son unité. Le monde va réaliser son unité avec le SACRÉ. Vous êtes dans les énergies les plus hautes. Nous, vos Frères les arbres, nous nous réjouissons de cette nouvelle évolution
CULTIVEZ VOTRE JARDIN INTÉRIEUR. Qu’il n’y ait dans votre cœur que de bonnes pensées. Qu’il n’y ait sur vos lèvres que de belles paroles : paroles de consolation, paroles de grâce, paroles de joie. Nous, vos Frères les arbres, quand nous vous voyons passer affairés, contrariés, préoccupés, indifférents à nos essences, nous sommes attristés par vos comportements. Nous aimerions tant que vous exultiez de joie en contemplant Sa création : création admirable.
La planète Terre est le lieu saint parmi les lieux saints, car Dieu a choisi à travers le Christ de s’y incarner il y a 2000 ans. Votre planète est une planète qui devrait être en permanence Lumière. Beaucoup trop ont dévié ! Les trois quarts de l’humanité sont allés sur des chemins de traverse.
Nous avons essayé de contrebalancer les énergies polluantes, les énergies dégradantes, les énergies avilissantes qui sortent toutes du cœur de l’homme. Nous avons fait un contrepoids, mais ce contrepoids n’est pas suffisant, il ne sera pas suffisant, car trop de personnes ont failli, trop d’âmes ont chuté, beaucoup trop d’âmes se sont perverties par trop d’incestes, par trop d’abus sexuels, par une trop grande libéralité des drogues et des armements. LÀ EST LA VÉRITABLE POLLUTION DE LA PLANÈTE. La grande pollution de la planète est une pollution énergétique !
Nous ensemencerons la planète de nouvelles espèces. Ces espèces vont rayonner après un temps de calamités, après un temps de restrictions – des famines à répétition – après un temps de souffrance. Mais nous serons toujours présents autour de vous, autour de vous.
Message d’un CORNOUILLER :
Nous allons ensemencer à partir de 2016 de puissantes énergies d’amour, de paix et de joie. Vous serez nombreux à en bénéficier. VOUS, LES ARTISANS DE PAIX, vous oublierez les tribulations, vous vivrez dans l’amour, vous vivrez dans la joie, vous vivrez dans la sérénité. Le partage sera de mise. La fraternité sera de mise. Le mot clé sera FRATERNITÉ. Le mot clé sera BONHEUR.
Nous vos Frères les arbres, nous vos sœurs les fleurs, nous pousserons avec une grande facilité. Vous, les humains, vous n’aurez plus besoin de mettre des désherbants, de mettre des insecticides. Les nouvelles variétés, les nouvelles espèces auront une telle conscience de Dieu, nous aurons une telle conscience de Dieu que nous nous développerons rapidement, sans effort. Nous embaumerons l’atmosphère. Nous serons si heureux de le faire.
De nouveaux nuages vont faire leur apparition : des nuages mordorés, des nuages irisés, des nuages qui n’existent pas sur Terre. Il y aura dedans un condensé d’amour de Dieu, de Lumière divine .
Ces nuages seront porteurs de très hautes énergies qui permettront de réensemencer la Terre très rapidement, de façon très positive.
Vous allez vers un monde de Lumière. Vous allez vers un monde de justice. Vous allez vers un monde de liberté. LIBERTÉ INTÉRIEURE. La peur ne règnera plus. La jalousie ne règnera plus. IL N’Y AURA QUE L’AMOUR, LA PAIX, LA TOLÉRANCE, LA JOIE DE VIVRE, LA JOIE DE PRIER.
Entre 2020 et 2060, quand tous les soubresauts de la Terre seront terminés, le climat va se stabiliser. Il fera environ 25 degrés dans toutes les contrées. Il fera bon vivre. Vous savourerez la douceur de vivre. La Terre sera véritablement un Paradis, un Jardin d’Eden.
Vous savourerez de nouveaux fruits, de nouvelles variétés d’agrumes qui embaumeront vos palais… Les vibrations terrestres actuelles ne sont pas suffisamment élevées pour permettre à ces fruits de se développer dans de bonnes conditions. Il ne sera plus nécessaire de cuire les aliments. Par contre, les fruits que vous avez l’habitude de consommer seront plus savoureux et plus gros . Vous allez vous défaire totalement de l’habitude de manger de la viande. Les animaux ne seront pour vous que des animaux de compagnie. Vous serez principalement frugivores. Cela aura un impact précieux sur le renouvellement de votre ADN. Vous vieillirez moins vite, car vos cellules seront de moins en moins oxydées, de mieux en mieux oxygénées d’autant que ces nouveaux fruits et légumes porteront en eux le germe divin.
Le 4 août 2007, je reçus cet autre message :
Message d’un PEUPLIER :
Nous sommes heureux de cette journée particulière, Joie de nous communiquer, Frères de la Terre, grand bonheur pour nous de vous parler. Vous êtes à l’aube d’une vie nouvelle. Grands changements à venir.
Les années 2009 à 2012 vont être des années de grandes transformations. Beaucoup de bouleversements vont advenir. Des régions entières vont être déboisées. Nous sommes vos Frères de Lumière. Nous participons individuellement, collectivement à l’avènement d’un nouveau monde, du nouveau monde. L’énergie nouvelle s’implante. Nous vous aidons à instaurer cette Nouvelle Conscience. Des nouvelles espèces d’arbres vont faire leur apparition, des nouvelles espèces végétales.
L’eau va cruellement manquer sur la Terre, dans certaines régions. Là où elle coulait en abondance, vous allez devoir vous réorganiser, vous allez devoir apprendre à l’économiser. Nous, les arbres, nous vous offrirons notre ombre, mais nous souffrirons comme vous des périodes de grande sécheresse. Nous tenterons de résister autant qu’il nous sera possible de résister dans des conditions particulièrement difficiles. Dans les années à venir, dans certains pays d’Europe, y compris en France, dans certains départements, la température pourra atteindre entre 46 et 51 degrés. Nous, les arbres, nous allons périr par centaines, par milliers, mais nous offrons notre sacrifice au DIVIN. Nos Frères qui résisteront le mieux seront ceux qui vivent au bord de l’eau.
Nous sommes heureux de ce que nous voyons advenir : un monde de joie et un monde de paix. La Conscience divine va s’affiner. L’entraide et la solidarité vont jouer. L’égoïsme va régresser. Une véritable fraternité va naître.
La Terre va se transformer en profondeur grâce au travail de chacun, grâce au travail de millions d’esprits de la nature. Le cœur de la Terre est en train de se transformer, le cœur de la Terre est en train de se purifier. L’unité est en train de renaître sur la Terre. Vous vivez dans un monde de dualité ; la division existe. Nous allons vous aider à cheminer.
Le 3 mars 2006, j’avais eu d’autres révélations qui corroborent les précédentes :
L’humanité est en marche vers son destin le plus haut, le plus noble. Le Royaume de Dieu va rayonner sur la Terre entière. Une grande fratrie est en train de voir le jour. Une aube nouvelle se lève dans laquelle il n’y aura nulle place pour la haine, pour la peine, pour tout ce qui est discordance. Le monde sera Paix, le monde sera Joie, le monde sera Amour.
Les drogues vont totalement disparaître de la Terre. Elles seront remplacées par de nouvelles essences qui vont embaumer l’atmosphère. La Terre va devenir un véritable jardin d’Eden entre 2035 et 2060.
Les cristaux seront fréquemment utilisés pour soigner, pour faire des alignements énergétiques.
Les planètes, elles aussi, vont contribuer à la régénération de la Terrre. Chacune va envoyer une énergie céleste curative pour que le noyau terrestre se purifie.
Il va y avoir une grande transformation cellulaire et énergétique pour les habitants. Leur A.D.N. va s’adapter à une fréquence vibratoire plus haute, ce qui signifie que les habitants ne connaîtront que des affections bénignes. Les maladies graves : sida, cancer, myopathie vont totalement disparaître, car elles trouvaient leur raison d’exister dans le milieu ambiant : elles s’adaptaient au champ vibratoire des individus, de leur rayonnement et du rayonnement de la Terre devenu trop bas.
Par SERAPHINA
Auteur de "LES CLES DU PARADIS",
en vente sur amour-et-lumiere.com
NB : LA TERRE PROMISE… QUE DU BONHEUR ! sera disponible début juillet 2009
Vous pourrez vous le procurer sur le site thebookedition.com., ou en écrivant à :
Amour et Lumière, 27, rue de l’église – 02600 ANCIENVILLE (18 euros).
Publié le 20/05/2009 à 14:10 par sergegrah
Alioune Badara BEYE, coordonnateur général du Fesman
« La République des intellectuels et lettrés » s’est beaucoup émue durant ces 72 heures (depuis la conférence de presse des éditions le NEGRE INTERNATIONAL le mercredi 13 mai 2009). A tort ou à raison ? Là n’est vraiment pas la question d’importance !
Des avis ont été donnés, des opinions formulées, en grande partie, comme autant de propos qui, si l’on n’y prend pas garde en exerçant un quasi-devoir de vigilance, risqueraient de n’avoir que la prédestination de paroles de chiffonniers. Ces positions installent, lors, « des entendus, des sous-entendus et des malentendus » dont les Sénégalais intéressés se seraient bien passés - du « Premier Protecteur des Arts, des Lettres et des Artistes », au plus douteux, voire simplet, actant culturel. Je le dis. Persiste et signe : la Culture comme vocable et comme structure d’Etat claudique affreusement, hélas ! depuis neuf ans. Et Dieu sait que cet état de fait ne peut pas et ne saurait faire plaisir au Chef de l’Etat ; encore moins aux passeurs des idées, des images, des sons et sensations que nous demeurons. Marris de tourner en rond ou d’être, sans relâche, tournés en bourriques quand il ne fallait et il ne faut – aujourd’hui plus que jamais – qu’être debout et en marche pour un présent et des demains apaisés.
Je le dis et nous sommes des légions à le requérir en priant et croisant les doigts : la Culture est à libérer, en urgence, des serres des prédateurs, des chasseurs de primes et perdiems et autres apparentés qui prennent et tiennent les idées culturelles du Chef d’Etat comme autant d’opportunités pour se remplir les poches ; comme autant de fonds personnels de commerce. C’est encore redire que le secteur (socio)culturel est à salubrer. Que cela est même urgent ! Par cette évidence, consensuellement et tacitement acceptée, que la Culture, plus que d’être « au début et à la fin du développement », comme disait Léopold Sédar Senghor, est et demeure « l’essence de toute existence » viable ou à viabiliser ; c’est-à-dire à rendre durablement convenable.
Depuis le mois de mars 2000, ce portefeuille prestigieux et, plus que convoité paradoxalement, hélas, par des gens qui n’ont, ni la tête de l’emploi ni ne savent réellement ce que contient la fonction, n’aura été détenu, à une ou deux exceptions près (et encore ?..), que par des politiciens. Comme si des femmes et des hommes de savoirs – et dotés de la générosité qui sied – en mesure de convertir les perspectives culturelles du Président Wade n’existaient point dans la Nation.
Par moments renfloué de la Communication, du Patrimoine « classé » et du bataclan (même si on n’y adjoint toujours pas le Tourisme, l’Artisanat et les Loisirs…), le ministère de la Culture vague-divague dans une plurielle précarité et de déconcertants remodelages, des grippes et changements de « tuteurs » qui incitent aux désarmements moral, intellectuel et psychologique des corporations et directions.
Espace de lamentations presque stériles, alors qu’il a mission de rendre concrets, pour les générations présentes et à venir, les chantiers grandioses et plus que pressants du Président Wade, le secteur culturel souffre d’une outrancière folklorisation des missions.
Au vrai, le Président Wade, parce qu’il a légitimement tous les pouvoirs !.. doit, en urgence, reconsidérer qu’il n’a de compte à rendre « ni à Massamba ni à Mademba », ni de privilèges à octroyer à telle population et/ou ethnie au détriment de telle population et/ou ethnie. Le Président Wade, on me le concède, n’a plus de réels interlocuteurs que l’Histoire et la Postérité. L’Histoire il y est déjà. C’est maintenant la Postérité sa cible. Pour ce fait, je le répète, il lui faut faire ce tour du propriétaire que je conseille en vain, depuis au moins sept ans, à tous les ministres qui, sans préjugés ou complexes, m’ont témoigné de leur sympathie et convié à leurs huis clos. Résultat des courses : l’état de la Culture, des animateurs et acteurs, des artistes et des écrivains (à une ou deux exceptions chez ces derniers !..) est fragile, incertaine et, trop souvent, prêterait à rigoler ou à pleurer, sinon à vouloir ou devoir prendre des pirogues de fortune pour quelque Eldorado même supposé. Je ne raconte pas d’histoires ! Comme des journalistes l’ont déjà fait pour le Fesman (Festival mondial des arts nègres), par réflexe professionnel probablement, interrogez les corps constituants du domaine culturel !
La Culture, je le crois sincèrement, est une affaire trop sérieuse pour être confiée à des « experts » qui ne savent ni ce que contiennent des ordres de missions ni décrypter et lire correctement des lettres de missions. Trop d’activismes inféconds, d’amateurisme et d’imposteurs ont investi le domaine. Ainsi, où que l’on se tourne, on n’aperçoit plus que des signes d’inquiétude – justifiables d’ailleurs. Il me paraît impérieux que les cirques cessent et que s’estompent les chants des sirènes aussi bien que les rancœurs, rages et fureurs qu’émettent, sûrement malgré eux, tous ces jeunes diplômés culturels qui ne demandent qu’à être en fonction et qu’à servir utilement. Rien ne marcherait comme il faut, dit-on. Mais tout n’est pas fichu ! Même si les créateurs du cinéma et de l’audiovisuel, les danseurs et les comédiens, des archivistes et bibliothécaires ont de vraies raisons de craindre pour leur survie. Mais ils ne sont pas les seuls ! Combien d’orchestres, combien de troupes de théâtre et chorégraphiques ne sont pas menacés dans leur existence même et, en vain, frappent aux portes comme scellées des ministères, des collectivités locales et entreprises commerciales, de plus en plus préoccupées à soutenir les taaxuraan et mbappat ? Et que dire de la décentralisation, cette autre injonction du Président Wade ? Elle bute sur de crétines réflexions de « génies » aux petits pieds, spéculant avec de petits arguments, dans de petits bureaux, assis sur de petites chaises, à de petites tables et, avec de petits stylos, alignant de petites phrases en sirotant de petits cafés. Mais enfin…
Il me paraît de jour en jour plus judicieux de réfléchir aux voies et moyens d’une refondation de la Culture ! Cela implique, naturellement, des sacrifices de salive et d’encre mais encore et, prioritairement, que l’on revoie des postures et tellement d’arrêtés et de décrets qui ont plus porté des préjudices à la Culture qu’ils n’ont conforté les acteurs et animateurs dans leurs réflexes de devoirs bien accomplis.
Ce ne sont pas les politiciens et des « joueurs » qui réussiront la Culture en lieux et places de ses ayants droit primordiaux ! Sur ce point, Maître Abdoulaye Wade pense comme moi depuis le 19 mai 1993 précisément !.. Nous finirons par nous accorder sur ce point capital : le Fesman est à reporter ! Et cela doit être une mesure plus que pressante à prendre s’il est dans une dynamique de laisser des souvenirs culturels heureux aux Sénégalais et non pas autant d’éléphants blancs ; hélas. Et d’avoir avancé un tel argument a fait sortir Monsieur Alioune Badara Bèye de ses gonds au point de me taxer d’être de « mauvaise foi » et de ceux-là qui, conscients qu’il est « intellectuellement impuissant » pour mener convenablement sa mission, cependant se taisent. Mais on peut les comprendre : « Eux, ils émargent au Fesman. » Dans une enquête policière, on parlerait d’aveux circonstanciés.
Au-delà d’une envie, d’afficher le mépris ou d’en rigoler, jusqu’au délire, je suis peiné de devoir répliquer à Monsieur Alioune Badara Bèye. Je dois à la vérité d’avouer que nous sommes plus de 10 millions de citoyens et « hôtes étrangers », stressés par la manière dont la Culture est administrée. Mais, depuis au moins quatre ans et des poussières, je n’ai plus d’étonnements concernant la geste plurielle des « locomotives » et autres hauts « coordonnateurs » dits culturels et, hélas, assermentés dans la République. Mais pas forcément par et dans la Nation !
C’est juste une transition pour parer à toutes les contingences d’amalgames et de malentendus qui pourraient émaner des propos trop aériens et des supposés répliques de Monsieur Alioune Badara Bèye qui eût été plus sage de ne point rater et les occasions de se taire et de se terrer dans l’idée de Queuille qui consisterait, face à des problèmes n’ayant pas de solutions, « de les laisser pourrir ». Mais que voulez-vous ? Le Fesman est un fromage trop onctueux, n’est-ce pas ?
Monsieur Alioune Badara Bèye doit savoir qu’il lui faut suspendre le dire pour tenter, maintenant, à 179 jours de ses jours « J » cathodiques, de voir les façons idoines de procéder ; à fin de ne pas tout à fait dénaturer la confiance que le Président Wade a placée en lui ; au point d’oser lui confier la Coordination Générale d’un tel Rendez-Vous.
Après la certitude que j’ai que le droit d’être bête est un droit de l’Homme, les propos que Monsieur Bèye a émis sur les ondes d’une radio FM de la place, attestant que je suis membre de SON FESMAN et de SES FESTINS et que je serais même « membre agissant » dans je ne sais quelle commission…, que je « pointerais » parmi SES salariés, etc. me confortent dans l’intime conviction que le devoir d’imposture est aussi un droit humain, voire une prédestination de femmes et d’hommes installés à des postures qui ne leur vont que trop mal ; qui ne leur iraient que comme des camisoles de force pour les honnêtes gens !
C’est conclure en affirmant, haut et fort, et sur ondes courtes (pour l’instant !..) que je ne suis, ni en amont ni en aval, mêlé à SON FESMAN ; que je ne le serai jamais – ni de près ni de loin – tant qu’il assurera la liaison générale.
Je crois que, ce que Monsieur Alioune Badara Bèye a de mieux à faire (et c’est un conseil de frère !..) c’est, plutôt que d’arguer de « ma mauvaise foi », de cesser (comme un pou aux revers d’une culotte d’enfant de ville-bidon) de s’agripper aux postures qui sont les siennes ; pour oser créer le précédent honorable qui consisterait à remercier le Président Wade pour sa générosité et sa trop longue patience ! Et, après cela, sans honte, lui signifier son inaptitude reconnue, au niveau des populations et des élites, à convertir en destin la mission que Me Wade voudrait, légitimement, avoir fierté de voir répertoriée du lot des souvenirs culturels heureux qu’il doit léguer aux générations présentes et à venir du Sénégal, de l’Afrique et de sa diaspora, mais aussi du monde en sa diversité et son intégralité !
Par Elie-Charles MOREAU
Publié le 11/05/2009 à 12:00 par sergegrah
FOREVER LOVING JAH
Paroles:
We'll be forever loving Jah
We'll be forever loving Jah
Some they say see them walking up the street
They say we're going wrong to all the people we meet
But we won't worry, we won't shed no tears
We found a way to cast away the fears
Forever yeah!
We'll be forever loving Jah
We'll be forever
We'll be forever loving Jah
Forever yes and forever
We'll be forever loving Jah, there'll be no end
So old man river don't dry for me
I have got a running stream of love you see
So no matter what stages, oh stages, stages
Stages they put us thru we'll never be blue
No matter what rages, oh rages, changes,
Rages they put us thru we'll never be blue
We'll never be forever yeah!
We'll be forever loving Jah
We'll be forever
We'll be forever loving Jah
Forever and ever yes and forever
We'll be forever loving Jah, cos there's no end
Cos only a fool lean up on, lean up on
His own misunderstanding, oh yeah
And then what has been hidden from the wise and the prudent
Been revealed to the babe and the suckling
In everything, in everyday I say
We'll be forever loving Jah
We'll be forever
We'll be forever loving Jah
Cos Just like a tree planted planted by the rivers of wayer
That bringeth forth fruits, bringeth forth fruits in due season
Everything in life got its purpose
Find its reason in every season, forever yeah!
We'll be forever loving Jah
We'll be forever
We'll be forever loving Jah
On and on and on and on
We'll be forever loving Jah
We'll be forever
Yes yes we'll be forever.
Traduction:
Nous aimerons Jah pour toujours,
Nous aimerons Jah pour toujours.
Certains disent regardez-les marcher dans la rue,
Ils disent que nous faisons du tort à tous ceux que nous rencontrons,
Mais il ne faut pas s'en soucier, nous ne verserons aucunes larmes,
Parce que nous avons trouvé une manière de nous libérer de toutes nos craintes.
Pour toujours !
Nous aimerons Jah pour toujours,
Oui, pour toujours.
Nous aimerons Jah pour toujours,
Oui, pour toujours et à jamais.
Nous aimerons Jah pour toujours, notre amour n'aura pas de fin.
Pour moi, notre bon vieux Mississipi ne sera jamais sec ;
Parce que j'ai en moi un torrent d'amour.
Alors, qu'importe les épreuves, oh, toutes ces épreuves,
Ces épreuves qu'ils nous font subir,
Nous ne tomberons pas dans la tristesse.
Qu'importe les fureurs, oh, les fureurs,
Les accès de fureurs qu'ils abattent sur nous,
Nous ne sombrerons pas dans la tristesse.
Nous l'aimerons toujours.
Nous aimerons Jah pour toujours,
Oui, pour toujours.
Nous aimerons Jah pour toujours,
Oui, pour toujours et à jamais.
Parce que seul un fou s'appuie sur ses propres erreurs,
Et parce que ce qui est resté caché des sages et des prudents
Sera révélé aux enfants et aux nourrissons,
Dans toutes les choses et de toutes les manières que je dis.
Nous aimerons Jah pour toujours,
Oui, pour toujours.
Nous aimerons Jah pour toujours,
Parce que tel un arbre planté sur les berges de la rivière
Qui porte des fruits quand la saison est venue,
Toutes les choses de la vie ont un dessein,
A nous de trouver leur raison d'être à chaque saison, pour toujours!
Nous aimerons Jah pour toujours,
Oui, pour toujours.
Nous aimerons Jah pour toujours,
Oui, pour toujours et à jamais,
Nous aimerons Jah pour toujours.
ONE LOVE
One love, one heart
Let's get together and feel alright
Hear the children crying (one love)
Hear the children crying (one heart)
Sayin': "Give thanks and praise to the Lord and I will feel alright"
Sayin': "Let's get together and feel alright"
Let them all pass all their dirty remarks (one love)
There is one question I'd really love to ask (one heart)
Is there a place for the hopeless sinner
Who has hurt all mankind just to save is own?
Believe me, one love (what about..?)
One heart (what about..?)
Let's get together and feel alright
As it was in the beginning (one love)
So shall it be in the end (one heart)
Give thanks and praise to the Lord
And I will feel alright
Let's a-get together and feel alright
One more thing
Let's get together to fight this holy Armageddon (one love)
So when the man come there will be no no doom (one soul)
Have pity on those whose chances grow thinner
There ain't no hidden place from the farther of creation
Sayin' one love
What about the one heart? (what about..?)
Let's get together and feel alright
I'm pleading to mankind (one love)
Oh Lord wooah (one heart)
Give thanks and praise to the Lord
And I will feel alright
Let's get together and feel alright
Give thanks and praise to the Lord
And I will feel alright
Traduction :
Un amour, un cœur
Réunissons-nous et sentons-nous bien
Entendez-vous les enfants pleurer
Disant : "Remercions et louangeons le Seigneur et je me sentirais bien"
Disant : "Unissons-nous et sentons-nous bien"
Laisse-les dire toutes leur sales remarques
Il y a une question que j'aimerais vraiment poser :
Y a-t-il une place pour le pécheur sans espoir
Qui a blessé l'humanité juste pour sauver sa peau?
Crois-moi, un amour, un cœur
Unissons-nous et sentons-nous bien
Comme ça l'était au commencement
Et comme ça le devrait être à la fin
Remercions et louangeons le Seigneur
Et je me sentirais bien
Unissons-nous et sentons-nous bien
Encore une chose,
Unissons-nous pour combattre cette sainte fin du monde
Car quand l'homme y arrivera, il n'y aura pas de destin tragique
Ayez pitié de ceux dont les chances s'amenuisent
Il n'y a pas de place cachée de la part du créateur
Un amour, que pensez-vous d'un seul cœur ?
Unissons-nous et sentons-nous bien
Je plaide pour tout l'humanité
Oh Seigneur!
Remercions et louangeons le Seigneur
Et je me sentirais bien
Unissons-nous et sentons-nous bien
Remercions et louangeons le Seigneur
REDEMPTION SONG
Old pirates yes they rob I
Sold I to the merchant ships
Minutes after they took I from the bottom-less pit
But my hand was made strong
By the hand of the almighty
We forward in this generation triumphantly
Won't you help to sing these songs of freedom
Cause all I ever had redemption songs, redemption songs
Emancipate yourself from the mental slavery
None but ourselves can free our minds
Have no fear for atomic energy
Cause none a them can stop the time
How long shall they kill our prophets
While we stand aside and look
Some say it's just a part of it
We've got to fulfill the book
Won't you help to sing these songs of freedom
Cause all I ever had redemption songs, redemption songs
Emancipate yourselves from the mental slavery
None but ourselves can free our minds
Have no fear for atomic energy
Cause none a them can stop the time
How long shall they kill our prophets
While we stand aside and look
Yes some say it's just a part of it
We've got to fulfill the book
Won't you help to sing these songs of freedom
Cause all I ever had redemption songs
All I ever had, redemption songs
These songs of freedom, songs of freedom
Traduction :
Vieux pirates oui ils m'ont volés
Et vendus aux bateaux d'esclaves
Quelques minutes après qu'ils m'aient attrapé de la plus profonde fosse
Par la main du Tout-Puissant
Nous avançons dans cette génération triomphante
Ne voudrais tu pas m'aider à chanter ces chansons de liberté?
Parce que tout ce que j'ai c'est des chansons de rédemption
Des chansons de rédemption
Emancipez-vous de l'esclavage mental
Personne d'autres que nous-mêmes ne peut libérer nos esprits
N'ayons pas peur pour l'énergie atomique
Car personne ne peut arrêter le temps
Combien de temps encore tueront-ils nos prophètes?
Pendant que nous nous tenons à part et regardons
Certains disent que c'est juste un passage
Nous devons accomplir la prophétie
Ne voudrais tu pas m'aider à chanter ces chansons de liberté?
Parce que tout ce que j'ai c'est des chansons de rédemption
Des chansons de rédemption
EXODUS
Exodus, movement of Jah people, oh yeah
Let me tell you this
Men and people will fight you down (tell me why)
When you see Jah light
Let me tell you if you're not wrong (and why?)
Ev'rything is alright
So we gonna walk alright
Thru the roads of creation
We the generation (tell me why)
Trod thru great tribulations
Exodus alright, movement of Jah people, oh yeah
Exodus, movement of Jah people, oh yeah
Open your eyes and look within
Are you satisfied
With the life you livin' ?
We know where we're goin'
We know where we're from
We're leavin' Babylon
We're goin' to our father's land
(We're lookin' for) Exodus
Movement of Jah people, oh yeah
Movement of Jah people (Send us another brother Moses...)
Movement of Jah people (...a run across the Red Sea)
Exodus alright, movement of Jah people, oh yeah
Exodus, Exodus, Exodus...
Move, move, move...
Open your eyes and look within
Are you satisfied
With the life you livin' ?
We know where we're goin'
We know where we're from
We're leavin' Babylon ya
We're goin' to our father's land
Exodus, movement of Jah people
Exodus, movement of Jah people
Movement of Jah people, movement of Jah people...
Move, move, move...
Jah come to break down pressure
Rule equality
Wipe away transgression
Set the captives free?
Exodus,alright, alright, movement of Jah people
Exodus, movement of Jah people
Movement of Jah people, movement of Jah people...
Move, move, move...
Traduction :
Exode, mouvement du peuple de Jah
Laisse-moi te dire ceci :
Les hommes et les peuples te combattront
Quand tu verras la lumière de Jah
Laisse-moi te dire que si tu n'as pas tort
Alors tout va bien
Mais nous devons marchons tout droit
A travers les routes de la création
Nous la génération
Piétinons à travers les grandes tribulations
Exode, mouvement du peuple de Jah
L'exode, c'est le mouvement du peuple de Jah
Ouvre tes yeux et regarde à l'intérieur
Es-tu satisfait de la vie que tu mènes?
Nous savons parfaitement où nous allons
Nous savons parfaitement d'où nous venons
Nous quittons Babylone
Et nous allons vers la terre de notre père
Nous cherchons l'exode
Le mouvement du peuple de Jah
Envoyez-nous un autre frère Moïse
Pour pouvoir traverser la Mer Rouge
Exode, mouvement du peuple de Jah
Bouge, bouge, bouge
C'est l'exode, l'exode.
Publié le 08/05/2009 à 12:00 par sergegrah
PAROLES :
Get up, stand up
Stand up for your rights
Get up, stand up
Stand up for your rights
Get up, stand up
Stand up for your rights
Get up, stand up
Don't give up the fight
Preacher man no tell me
Heaven is under the earth
I know you don't know
What life is really worth
Isn't all that glitter is gold
Half the story had never been told
So now you see the light
You stand up for your rights
Get up, stand up
Stand up for your rights
Get up, stand up
Don't give up the fight
Most people think
Great God will come from the sky
Take away everything
And make everybody feel high
But if you know what life is worth
You would look for yours on earth
And now you see the light
You stand up for your rights
Get up, stand up
Stand up for your rights
Get up, stand up
Don't give up the fight
We're sick and tired of your ism and skism game
Die 'n' go to heaven in the Jesus name, Lord
We know when we understand
Almighty God is a living man
You can fool some people sometimes
But you can't fool all the people all the time
So now you see the light
You stand up for your rights
Get up, stand up
Stand up for your rights
Get up, stand up
Don't give up the fight
TRADUCTION :
Lèves-toi, debout
Lèves-toi pour tes droits
Lèves-toi, debout
N'abandonne pas le combat
Prêtre ne me dit pas
Que le paradis est en dessous de la terre
Je sais que tu ne sais pas
Ce que vaut réellement la vie
C'est bien plus que de l'or
Une partie de l'histoire n'a jamais été racontée
Donc maintenant que tu vois la lumière
Tu te lèves pour tes droits
Lèves-toi, debout
Lèves-toi pour tes droits
Lèves-toi, debout
N'abandonne pas le combat
La plupart des gens pense
Que le Bon Dieu viendra du ciel
Qu'il éloignera tout
Et fera que tout le monde se sentent bien
Mais si tu savais ce que vaut la vie
Tu chercherais les tiens sur la terre
Et maintenant que tu vois la lumière
Tu te lèves pour tes droits
Lèves-toi, debout
Lèves-toi pour tes droits
Lèves-toi, debout
N'abandonne pas le combat
Nous avons marre et sommes fatigués de vos jeux de cons
Pour mourir et aller au paradis au nom de Jésus
Nous savons et nous comprenons
Que le Dieu tout-puissant est un homme vivant
Tu peux berner certaines personnes parfois
Mais tu ne peux pas berner tout le monde tout le temps
Aussi maintenant que tu vois la lumière
Tu te bats pour tes droits
Lèves-toi, debout
Lèves-toi pour tes droits
Lèves-toi, debout
N'abandonne pas le combat
Publié le 08/05/2009 à 12:00 par sergegrah
Bob Marley, the king
Superstar du Reggae et prophète rasta, Bob Marley reste une des principales icônes du monde contemporain. Disparu prématurément en 1981, il a transformé un style issu de la musique populaire jamaïcaine en un mouvement majeur. Phénomène plutôt rare, Bob Marley est à la fois adulé du grand public, qui découvrit le reggae avec lui, et des connaisseurs les plus exigeants. Retour sur la vie et l’œuvre du Duppy conqueror.
Robert Nesta Marley naît le 6 février 1945 à St-Ann, dans la paroisse de Nine Miles. Fils d'un capitaine blanc de la marine parti une fois son forfait commis et d'une paysanne jamaïcaine noire, il découvre la difficulté d’être métisse, pris entre deux mondes qui s’ignorent. Adolescent, il quitte la campagne pour Kingston, comme beaucoup de jamaïcains que la misère poussent vers les villes. Pourtant, le travail y est rare et Bob vit à Trenchtown, sordide ghetto où se concentrent la pauvreté, le crime et la crasse, dans une promiscuité bien peu poétique au premier abord. Là, il rencontre Bunny Livingston, puis Peter Mackintosh, comme lui passionnés de musique. Peter joue un peu de guitare et les trois amis chantent les tubes de Rythm'n'Blues entendus sur les radios de Miami.
Bob Marley enregistra son premier morceau, Judge not, à 16 ans, en 1961. Une industrie musicale commençait à se développer à Kingston, de façon désordonnée. Le taux de chômage était alors de 35 %. Il venait de laisser tomber son job de soudeur. Judge Not passe inaperçu mais Bob persiste. En 1964, il forme les Wailing Wailers avec Peter Tosh et Bunny Wailer. Bientôt, ils signent un contrat avec le Studio One, le label de Clement "Coxsone" Dodd. Leur premier titre, Simmer Down, sera le tube de 1961 en Jamaïque. Devenus les Wailers, ils travaillent avec Leslie Kong, puis avec Lee « Scratch » Perry. A chaque fois la collaboration est fructueuse sur le plan artistique mais décevante sur le plan financier.
En Jamaïque, les droits d’auteurs ne signifient pas grand chose, et même les chanteurs à succès ne parviennent pas, alors, à vivre de leur production. Les Wailers ne perçoivent que très peu d'argent tout en étant de grandes vedettes locales. Cheveux courts, costumes chics, les Wailers jouent du ska et du Rock Steady. La compétition, alors, est rude. Pour beaucoup de jeunes du ghetto, la musique constitue un espoir de sortir de la misère. En 1971, la chanson Trenchtown Rock cartonne dans toute l'île.
Jusqu’en 66, d’ailleurs, la musique de Bob Marley reposait encore pour une très large part sur cette glorification du style de vie urbain des voyous jamaïcains. De Rude boy à Steppin’ razor, l’hymne des caïds de Kingston chanté par Peter Tosh, en passant par Rule them ruddy ou I’m the toughest (aussi chanté par Peter, et repris par une foultitude d’artistes, dont Johnny Clarke et I-Roy), le jeune Marley assumait le style ‘rocker’ pour épater la galerie. Il faut attendre sa rencontre avec Mortimo Planno, figure tutélaire du mouvement rasta à Kingston, pour que Bob se laisse pousser les dreads et laisse tomber les bracelets cloutés. Peu après, Vernon Carrington – « Gad the prophet » pour les Rastas et fondateur de l’Eglise des 12 tribus d’Israël – poursuivit l’éducation spirituelle de Bob Marley, bien que la star se défendra plus tard d’avoir eu besoin de quiconque pour trouver sa voie (c’est bien naturel) : « You have to look inside yourself to see rasta. Every Black is a rasta, dem only have to look inside themselves. No one had to tell me. Jah told me himself. I and I look inside I self and I saw Jah Rastafari”.
Gad révéla donc à Bob le secret des 12 tribus d’Israël, selon lequel chaque personne appartient à une de ces tribus en fonction de son mois de naissance. Pour Bob, c’est clair, il est né en février, donc il appartient à la tribu de Joseph. D’ailleurs, dans Redemption song, Bob se présente comme la réincarnation de Joseph, fils de Jacob : « but my hand was strenghtened by the hand of the almighty ».
A la fin des années 60, les Wailers devinrent le premier groupe jamaïcain à faire de la philosophie et des rythmes rasta le fondement de leur musique. Les Wailers venaient d’accomplir un chemin musical et spirituel d’envergure, donnant naissance à un mouvement culturel original et réorientant l'évolution du reggae comme aucun autre artiste auparavant. Depuis un titre comme Simmer down, (1964, morceau écrit par Bob Marley et enregistré au Studio One) où le jeune Bob Marley s’époumone sur un beat très ska avec un chorus reprenant le refrain, le groupe a imprimé une marque indélébile à cette musique. « I and I are of the house of David. Our home is Timbuktu, Ethiopia, Africa, where we enjoyed a rich civilization long before the coming of the Europeans. Marcus Garvey said that a people without knowledge of their past is like a tree without roots”.
La plupart des stars du reggae adoptèrent l’idéologie rasta et, en retour, le reggae devint le principal vecteur d’expression de la culture rasta et de ses revendications. Des chanteurs comme Marley étaient des révolutionnaires (revolutionnary workers) et représentaient tous les pauvres de Kingston.
“Them belly full but we hungry/ A hungry mob is an angry mob/ A rain a fall but the dirt is tough/ A pot a cook but the food no’ nough". Par ces mots simples chantés avec une voix squelettique, Marley diffusait au sein du peuple jamaïcain des éléments d’une conscience politique. Il s’en prit au système raciste (skinocratic system) de la Jamaïque, qui plaçait les blancs en haut de l’échelle sociale, les mulâtres au milieu et les noirs en bas. Dans Crazy baldhead, il chante : “Didn’t my people before me/ Slave for this country/ Now you look me with a scorn/ Then you eat up all my corn”.
En 1967, Marley cessa d’enregistrer, quitta Kingston et retourna dans son village natal de St. Ann mountain. Dans ces collines, il conclut son engagement envers Jah Rastafari, donnant une inclinaison définitive à sa vie, à sa musique et au mouvement rasta lui-même. Pendant un an, Bob adopta le style de vie rasta. Lorsqu’il revint à Kingston à la fin de 68, il s’engagea dans le combat musical grâce auquel il demeure célèbre aujourd’hui encore. Ironie du sort, Marley s’était isolé au moment où le monde changeait, où la jeunesse exprimait son ras-le-bol et son désir de nouveauté, comme si cet isolement avait été nécessaire, au milieu de la fureur, pour venir proposer aux masses occidentales une nouvelle spiritualité.
Les premières chansons à connotation religieuse de Bob Marley parurent en 1968. Il s’agit de « Selassie I is the temple », « Duppy conqueror », « Small axe » et « Trench town rock ». Pour Marley comme pour de nombreux rastas, les noirs sont une tribu perdue d’Israël. Ils se considèrent comme les véritables Hébreux et tiennent les occupants actuels d’Israël pour des imposteurs. Bien que certains Rasta extrémistes (secte Nyabinghi) considèrent qu’il faut tuer l’oppresseur blanc, tous les Rasta refusent de porter les armes. Comme l’explique Bongo-U, un guérisseur Rasta de Montego Bay : « La violence est laissée à Jah. Seul Dieu a le droit de détruire ». Les Rasta croient à la force spirituelle et au pouvoir des éléments : le tremblement de terre, le tonnerre, l’éclair. Selon le précepte biblique, les Rasta s’interdisent de manger lorsque d’autres meurent de faim. Ils vivent en communauté, partageant leurs biens et s’échangeant des services.
Au milieu des années 60, lorsque la violence connut de nouvelles flambées dans les ghettos de Kingston Ouest, la police et le gouvernement s’en prirent aux Rasta, brûlant leurs maisons et les arrêtant. Lors de cette répression, les forces de police détruisirent le quartier de Black o’ wall, un bidonville où vivaient de nombreux Rasta. Dans la panique, beaucoup de femmes, d’enfants et d’hommes furent mortellement blessés. Cet épisode inspira un grand nombre de reggaemen, dans leur combat contre l’oppression, contre l’injustice et contre Babylone.
Naturellement, la répression dont a été victime le mouvement Rasta, loin de l’affaiblir, renforça sa popularité. Les Rasta devinrent plus nombreux tandis que leur style imprégnait désormais toute la société jamaïcaine. A l’écart des villes, les Rastas orthodoxes encourageaient les jeunes à développer des communautés à la campagne, loin du « shitstem » (= système de merde). Cet appel à déserter Babylone se traduisit par une profusion artistique, les peintres, les sculpteurs sur bois et tous les autres Rastas doués d’un quelconque talent se mettant à transformer de nombreux endroits de l’île – à commencer par Kingston – en un lieu d’exposition et de méditation autour d’objets et de compositions de toutes sortes. Ce dynamisme culturel attire aujourd’hui un grand nombre de touristes sur l’île. Néanmoins, le principal impact de ce mouvement concerne le reggae, vers lequel affluèrent la plupart des jeunes désœuvrés, auparavant engagés dans des bandes et cherchant désormais à gagner leur vie et à développer leur talent dans la musique. Un type comme Dillinger est représentatif de cette mouvance des « rude boys » transformés en reggaeman.
En 1972, quelques mois après les élections, le Premier Ministre Hugh Shearer, leader du Jamaican Labour Party, décide d’interdire la diffusion des chansons rasta à la radio. Ces efforts furent vains. Le reggae était déjà partout dans l’île, un marché noir très animé s’étant même développé pendant cette période de censure... Le Jamaican Labour Party défait, Michael Manley, leader du People’s National Party, devenait Premier Ministre. Bien que Marley se défendait de faire de la politique (« Me no sing politics, me sing bout freedom »), il devint de facto une force électorale avec laquelle il fallait compter. Les deux camps eurent l’occasion de le récupérer (en le citant) ou de le poursuivre en justice. Comme les Rastas sont en contact direct avec Dieu – ils lisent au moins un chapitre de la Bible chaque jour – ils n’ont pas besoin d’intermédiaires. De là le rejet de tous les systèmes, qu’ils soient politiques, commerciaux ou administratifs. De même, le mouvement ne peut pas avoir de clergé ni de leader.
Publié le 08/05/2009 à 12:00 par sergegrah
Le peuple taino s'est établi en Jamaïque vers l'an 1000 avant notre ère sur un territoire qu'il a appelé Xamayca, « la terre du bois et de l'eau ». Après l'arrivée de Christophe Colomb, en 1494, l'Espagne revendique la propriété de l'île et, dès 1509, l'occupe et lui donne le nom de Santiago (Saint-Jacques). En 1517, l'Espagne achemine en Jamaïque les premières soutes d'esclaves africains. En effet, le prêtre espagnol, Bartolomé de Las Casas, qui œuvrait pour la protection du peuple taino, suggéra d'avoir recours à des esclaves africains.
L'Espagne résista aux assauts des pirates dans la principale ville de l'île, connue aujourd'hui sous le nom de Spanish Town, jusqu'à ce que le Royaume d'Angleterre la conquiert par la force. Les Espagnols firent valoir prétentions sur ce territoire jusqu'en 1670. Mais les Britanniques ne perdirent jamais leur autorité sur l'île. L'île devint le cœur des opérations interlopes des boucaniers, et de l'un des plus fameux d'entre eux, le capitaine Henry Morgan. En retour, ces aventuriers protégèrent la Jamaïque des ambitions des autres puissances coloniales. Avec l’arrivée des esclaves, la canne à sucre devint la principale denrée d'exportation.
La Jamaïque théâtre d'un des plus importants soulèvements d’esclaves
L'esclavage y est aboli en 1834. Cette mesure de la Couronne britannique provoque de profonds bouleversements dans la structure économique du pays, et dans la trame du tissu social. Les plantations où se pratiquaient l’exploitation des esclaves connaissent des difficultés. Les esclaves enfin libres vont donc en ville pour travailler. La vieille économie de plantation de canne à sucre est en crise. Une crise aggravée par la politique de libre échange du gouvernement anglais, dont l'une des conséquences est la suppression des tarifs préférentiels affectés au sucre jamaïcain. Cette période va faire vivre à la Jamaïque une grave crise. Celle-ci va donner lieu à la naissance d'un mouvement de renaissance religieuse appelé Great Revival (1860-61). Ce mouvement parle de la rédemption en la liant au combat pour la libération et porte en lui un puissant potentiel contestataire.
Les esclaves que les Britanniques prirent aux Espagnols furent appelés « Marroons ». Le terme « Marroon » prit, au fil du temps, la signification de « fier et sauvage ». Ainsi, les « Marroons » se dressèrent contre la domination britannique et menèrent une lutte acharnée. La lutte des « Marroons » ne doit pas être assimilée à une simple révolte d’esclaves... Les leaders venaient en effet d’une même tribu ghanéenne et le mouvement tenait donc à affirmer son identité africaine et son indépendance.
Ainsi, des rébellions caractérisées par la volonté de revendiquer une plus grande liberté, à l’image de la « Sam Sharpe Rebellion » apparurent en 1831. Cette révolte menée par l’esclave Samuel Sharpe s’inscrit dans un contexte où la population noire commençait à se rendre compte de leur situation socio-économique : les esclaves haïtiens étaient libres depuis 1815.
Sam Sharpe était parmi les plus instruits et avait une grande influence charismatique. Il décide de prendre en 1831 le commandement d’une grande rébellion qui devait conduire à l’abolition de l’esclavage. Cette révolte débuta vers la fin du mois de décembre à Montego Bay, une baie située au nord-ouest de la Jamaïque. Elle s’étendit rapidement à tout l’ouest du territoire et poussa les colons à la fuite. Au début de 1832, une loi martiale fut décrétée et des renforts de troupe envoyés. La révolte fut alors écrasée en quelques mois et Sam Sharpe exécuté à la fin du mois de mai. Ce combat conduisit tout de même à l’abolition de l’esclavage en 1834.
Mais en 1865 un nouveau vent de révolte souffle sur la Jamaïque. C’est la « Morant Bay Rebellion ». Les causes de cette nouvelle rébellion étaient directement liées à la révolte des « Marroons » dont la majorité était devenue planteurs. Elle trouve aussi ses fondements dans la situation des anciens esclaves, eux aussi en grande partie devenus agriculteurs. Des inégalités subsistaient bien qu’ils fussent apparemment libres : mauvaise répartition des revenus, racisme envers les planteurs noirs.
La rébellion prend forme et à l’automne 1865 elle explose à Morant Bay, au sud-ouest de l’île sous la direction de Paul Bogle. Mais le scénario de la « Sam Sharpe Rebellion » se répète : plusieurs centaines de paysans occupent des terres mais la révolte est rapidement matée. Bilan : 400 morts et Paul Bogle pendu. Cette nouvelle révolte sème la graine d'un mouvement populiste qui s’appuie sur la religion.
La religion venue des Etats-Unis à travers des églises baptistes qui se sont implantées autour du milieu du XIXe siècle, ainsi le « Great Revival » a rapidement intériorisé les formes de religions d’origine africaine et est ainsi devenu un culte syncrétique (fusion de plusieurs doctrines) mélangeant christianisme et diverses autres pratiques…
En 1860, un flux de travailleurs chinois et indiens permet aux planteurs de résister à la pression des travailleurs Noirs. De 1871 à 1943, un grand mouvement d’exode rural va augmenter la population de Kingston de 120.8% et celle de St Andrew de 204.5%. Ces villes voient apparaître les premiers bidonvilles. Dans les années 1920-1930, apparaît un double mouvement : la persistance de l'exode rural et un reflux des émigrants vers leur terre natale.
La crise de 1929 et le cyclone qui dévasta l'île en 1930 crée une crise dans l'agriculture. Celle-ci représentait 39% du PIB en 1938. Cette crise donna naissance à deux grands mouvements sociaux : l'innovation religieuse et l'agitation politico-sociale. Il y a alors la réapparition de mouvements où la pratique de la Bible est plus stricte et où la notion de péché est plus forte.
Le Rastafari
C’est en cette période que Léonard Howell, Joseph N Hibbert et autres commencent à prêcher des dogmes nouveaux dont le trait commun relie une prophétie de Marcus Garvey, lors de son départ pour les Etats-Unis en 1916, au couronnement en 1930 du Ras Tafari Makonnen sous le nom de Haïlé Sélassié 1er, Roi des Rois, Empereur d'Ethiopie. (Haïlé Sélassié signifie « Pouvoir de la Trinité »). Howell, Hibbert et les autres se retrouvent à Kignston où ils fondent vers 1934 les premiers noyaux Rastafari. Ils seront poursuivis et arrêtés pour propos séditieux. A sa sortie de prison, Howell et quelques centaines de ses fidèles se retirent dans les collines pour former la communauté Pinnacle. Cette communauté, accusée de cultiver du cannabis, sera détruite en 1941 car on y cultive du cannabis. Elle se reconstituera en 1943 puis démantelée de nouveau en 1954. Les rescapés iront à Kingston où ils recruteront d’autres membres à plus grande échelle.
Les passages de la Bible sur l’Afrique et l’Ethiopie sont nombreux et peu à peu, les regards se tournent naturellement vers l’Ethiopie : le Rastafari est naissant. Le déclencheur de l’érection de l’Ethiopie en « Terre promise » est Marcus Garvey qui prophétisa l’accession au trône de Haïlé Sélassié 1er en évoquant le psaume 68 : « Des grands viennent d'Egypte et d'Ethiopie les mains tendues vers Dieu. Royaumes de la terre, chantez 0 Dieu, Célébrez le Seigneur ! - Pause. Chantez à celui qui s'avance dans les cieux, les cieux éternels ! Voici, il fait entendre sa voix, sa voix puissante. Rendez gloire à Dieu ! Sa majesté est sur Israël, et sa force dans les cieux. De ton sanctuaire, ô Dieu ! Tu es redoutable. Le Dieu d'Israël donne à son peuple la force et la puissance. Béni soit Dieu ! »
Haïlé Sélassié, Roi des Rois, Seigneur des Seigneurs, descendant du Roi David et donc de Dieu est ainsi annoncé par Marcus Garvey. Haïlé Sélassié est proclamé négus en octobre 1928. Un autre fragment du discours de Garvey le laisse aussi entrevoir : « Cherchez en Afrique le couronnement d’un roi noir, il pourrait être le Rédempteur. »
Le Rastafari est avant tout une religion qui se caractérise par ses nombreux emprunts au christianisme auxquels sont ajoutés une mise en valeur de l’Afrique et particulièrement de l’Ethiopie, considérée comme la terre promise et donc lieu de rapatriement de tous les Rastafari. C’est un culte messianique dont le centre est l’Empereur d’Ethiopie Haïlé Sélassié : la dernière réincarnation de Dieu sur Terre. Le prophète principal est Marcus Garvey, dont le second prénom, Mosiah, fait référence à Moïse, le prophète libérateur des Hébreux.
C’est qu’à cette époque, le Rastafari était encore peu connu, mais le rôle de Marcus Garvey dans l’émancipation des Noirs a été majeur. L’Universal Negro Improvement Association (UNIA) est une organisation qu’il a créée en 1914 en Jamaïque et dont la devise était : « Un Dieu ! Un but ! Une destinée ! ». Ce mouvement s’est considérablement développé aux Etats-Unis après l’émigration de Garvey en 1916. En effet, en 1919, l’UNIA ne comptait pas moins de 30 branches dans différentes villes des Etats-Unis. Garvey affirmait avoir plus de 200 000 membres. Il fonda également un organe de presse nommé « The Negro World », dans lequel il déclara : « l’Afrique doit être vénérée et nous devons tous sacrifier, notre humanité, notre richesse et notre sang à sa cause sacrée. »
En valorisant la « négritude », Garvey a contribué à l’affirmation des noirs dans toute l’Amérique, au même titre que Martin Luther King ou Malcolm X. Les conférences de l’UNIA de 1919 à 1922 connurent de grands succès. Elles débouchèrent sur la création de firmes industrielles tenues exclusivement par des noirs et d’une compagnie de construction navale et de navigation réservées, elles aussi, aux noirs.
A son retour en Jamaïque en 1927, il fut accueilli en véritable libérateur et tint une conférence de l’UNIA pour la première fois en Jamaïque en 1929. Son impact fut double : tout d’abord, son importance fit prendre conscience aux Rastafari de l’étendue de la lutte des noirs en Amérique pour s’affirmer et revendiquer des droits et plus de liberté ; ainsi, une autre solution que celle du rapatriement en Ethiopie apparaissait, même si cette idée n’allait vraiment se développer qu’au long des années 1950. La seconde conséquence de cette conférence fut de faire connaître Marcus Garvey à un grand nombre de jamaïcains et donc de contribuer à l’élaboration et à l’intégration de ses idées dans le Rastafari.
Ses thèses principales se définissent selon deux orientations :
1- La première, voir en l’Afrique la patrie de tous les noirs immigrés. Loin d’être un défenseur du rapatriement, Marcus Garvey a cherché à renouer des liens avec l’Afrique et à mettre l’accent sur la richesse de la civilisation africaine.
2- La seconde orientation principale des thèses de Marcus Garvey est la religion. Dans ce domaine aussi, il tient à rattacher le plus possible la Bible à l’Afrique, dans le but d’enlever aux blancs le monopole de l’enseignement religieux et pour donner à ses auditeurs le sentiment d’appartenir à un peuple élu et donc au-dessus de la domination des blancs.
Marcus Garvey devint ainsi le prophète de tous les Rastafari. Des thèses de Garvey sont intégrées à l’idéologie Rastafari comme de saints commandements, tels l’affirmation des noirs par la revendication, la vénération de l’Ethiopie.
Le mode de vie Rastafari se veut respectueux des principes définis par la Bible. L’apparence extérieure des Rasta le prouve. La majorité porte des nattes et une barbe. Dans la Bible, il est dit : Lévitique, 21: 5 : « […] les prêtres ne doivent pas se faire de tonsure, ni se raser la barbe sur les côtés, ni se faire des entailles sur le corps. » Mais si certains Rastafari arborent des nattes (appelées dreadlocks) impressionnantes, il n’est pas rare de voir des Rastafari rasés. En outre, la Bible précise que cette coutume n’est obligatoire qu’en cas de deuil. Une autre justification de ces nattes est la volonté d’imiter les guerriers éthiopiens des siècles passés qui se caractérisaient par leur coiffure imposante du fait de leurs nattes tressées comme pour symboliser un casque.
La sacralisation de l’Herbe est un point important de l’idéologie Rastafari. La Ganja n’est utilisée que dans la pratique religieuse. On en trouve une justification biblique dans La Genèse : 3 : 18 : « You shall eat the herb of the field », mais aussi dans les Psaumes : 104 : 14 : « C’est toi qui fait pousser l’herbe pour le bétail, et les plantes que les hommes cultivent ». Ou encore les Psaumes, 18 : 9 : « Une fumée montait de ses narines […] » Apocalypse, 22 : 2 : « […] Ses feuilles [de l’arbre de la vie] servent à la guérison des nations. »
La naissance du Reggae
Le reggae est né à la fin des années 60 en Jamaïque. Il trouve ses racines dans la musique noire américaine le rhythm'n blues, le ska et le rock steady, mais aussi dans la musique traditionnelle africaine jouée par les esclaves noirs. Sa naissance coïncide avec une période durant laquelle la population noire américaine, déracinée, était à la recherche de son identité. Après les années d'humiliation contraintes par l'esclavage, son abolition en 1834 (en Jamaïque), bien qu'elle offrit la liberté, était loin de régler les problèmes liés au racisme de la population blanche envers les noirs. Pour des années encore l'homme noir allait voir son image dévalorisée, et sa population concentrée dans les ghettos.
C'est donc dans un contexte de rébellion des consciences face à « l'oppression blanche » symbolisée par le KKK qu'apparurent des mouvements tels que les Black Panthers, des hommes comme Marcus Garvey, Malcom X, ... et le Reggae...
Le reggae à ses débuts est donc une musique contestataire, faisant appel à la fierté du peuple noir, l'exhortant à se libérer de ses complexes et prêchant un retour aux « racines ». Il va, tout naturellement, se tourner vers le mouvement religieux identitaire du moment : le Rastafari. Cette religion, dérivée du Christianisme, a pour principales caractéristiques la possession d'un Dieu noir et vivant : le « Roi des Rois, Dieu des Dieux, Lion de la Tribu de Judah » Hailé Sélassié I.
Le binôme « rastafari et le reggae » devenait populaire auprès des africains vivants à « Babylone ». L'un apportant ses messages et ses croyances, l'autre son rythme particulier et ses « prophètes » prêchant la bonne parole par le biais de la musique. Il faut situer la période d'or du reggae dans les années soixante-dix. Avec comme chef de file, son porte-drapeau internationalement reconnu, Bob Marley. Mais aussi parce que le mouvement Rasta connaissait son apogée.
La mort d'Hailé Sélassié, au cours de la période où la situation des afro-américains ne s'était guère améliorée, laissa bon nombre d’adeptes de Rastafari sans réponse aux questions qui étaient les leurs. En effet, pourquoi leur Dieu devait-il mourir ? En tous cas, certains verront leur foi émoussée par cette épreuve. D'autant plus que le rapatriement vers la terre Sainte (Éthiopie), n'a pas été véritablement possible… Cette situation poussa Bob Marley et Lee Perry à composer la chanson « Jah Live ». Cette chanson prévient que les critiques de « Babylone » à propos de la mort du Dieu des Rastas n'entameront en rien les convictions religieuses des vrais croyants.
Publié le 06/05/2009 à 12:00 par sergegrah
VIENT DE PARAITRE
"Les origines du reggae : retour aux sources" retrace les origines du reggae de l'Afrique à la Jamaïque, de l'époque de l'esclavage à la période post-coloniale. En d'autres termes, il démontre comment l'histoire de la Jamaïque a contribué de manière significative au développement de la musique jamaïcaine. Les dynamiques socio-historico-culturelles qui ont permis l'apparition du reggae à la fin des années 1960 sont analysées ainsi que les origines et les évolutions du mento, du ska et du rocksteady, principaux mouvements populaires antérieurs au reggae.
Ce livre est orienté par une approche davantage ethnomusicologique que musicologique et comporte ainsi des parties axées sur des aspects historiques, anthropologiques, culturels, sociaux et musicaux de la musique jamaïcaine. Un texte essentiel pour tous les amateurs de musiques/cultures jamaïcaines. Le tout est agrémenté d'interviews et de photos inédites de figures historiques de la musique jamaïcaine (les JolIy Boys, Edward Seaga, Derrick Morgan, Toots, l'Alpha Boys' School, Johnny « Dizzy » Moore etc.), de paroles de chansons ainsi que d'une bibliographie conséquente et d'une discographie complète et détaillée.
Les origines du reggae : retour aux sources
mento, ska, rocksteady, early reggae
Collection « Univers musical »
ISBN : 978-2-296-06252-8 • 24 € • 268 pages
L’AUTEUR
Jérémie KROUBO DAGNINI est étudiant-chercheur au Département Etudes anglophones de l’Université Michel de Montaigne- Bordeaux 3.Il écrit une thèse de doctorat sur l’histoire des musiques populaires jamaïcaines au XX°siècle.
Contact presse/ Promotion - Marianne Ravaud
Editions L’Harmattan - 7, rue de l’École Polytechnique 75005 Paris
Tél : 01 40 46 79 22 / Fax : 01 43 25 82 03 / marianne.ravaud@harmattan.fr
Publié le 10/04/2009 à 12:00 par sergegrah
Pierre Mazeaud, le père de l'accord de Marcoussis
14 janvier 1963 : début de l’affaire dite, des faux complots, d’Houphouët-Boigny.
15 janvier 2003 : ouverture de la table ronde de Linas-Marcoussis.
Entre ces deux événements, il n’y a pas seulement coïncidence de date ; comme on dirait d’un film, le deuxième est un remake du premier.
Le 14 janvier 1963, à Yamoussoukro, Houphouët-Boigny lança publiquement des accusations de complot contre un certain nombre de personnalités qu’il avait fait arrêter secrètement les jours précédents, et fit procéder à une véritable rafle parmi ceux qui, à son invitation, étaient accourus nombreux depuis Abidjan sans se douter du piège. Deux autres vagues d’arrestations devaient suivre cette première rafle, en septembre de la même année, puis en avril de l’année suivante. Au total, ces trois opérations aboutirent à priver la Côte d’Ivoire de tous les cadres qu’elle avait formés au cours des vingt années précédentes. L’entreprise visait à écarter de la scène politique tous les citoyens qui se souciaient plus des intérêts de la Côte d’Ivoire et des Ivoiriens que des intérêts néocoloniaux de la France, à un moment où celle-ci se dotait des instruments de sa nouvelle politique africaine dont la principale base serait la Côte d’Ivoire.
L’histoire politique de la Côte d’Ivoire, avant comme après 1963, contient plusieurs épisodes semblables. Ainsi, le limogeage de Jean-Baptiste Mockey en 1959. La disgrâce de Mockey fut connue le 8 septembre, à peine une semaine après la fin d’un congrès extraordinaire du Rassemblement démocratique africain(RDA, fédéral), au cours duquel celui qui était alors secrétaire général du Parti démocratique de la Côte d’Ivoire (PDCI), vice-président du conseil de gouvernement et ministre de l’Intérieur, avait fait sensation en prononçant, au nom de la délégation de la Côte d’Ivoire, un discours attaque en règle contre la conception des rapports de la Côte d’Ivoire et de la France qui allait en définitive prévaloir. Le numéro de l’hebdomadaire Fraternité qui annonça la disgrâce de Mockey contenait aussi des extraits de ce discours, comme si un prote malicieux avait voulu souligner à sa manière la relation de cause à effet entre les deux événements : « Nous pensons que le moment est venu de donner une orientation claire et précise à la Communauté [franco-africaine] : orientation dans nos jeunes États d’abord, orientation à Paris ensuite. C’est parce que nous n’avons pas conçu notre évolution sans la coopération avec la France que ni les emprisonnements ni les assassinats n’ont eu raison, à cette époque, de notre foi inébranlable [… ]. Certes, toute création humaine peut contenir fatalement, et par ce fait même, des insuffisances, des malfaçons. La Communauté peut ne pas échapper à cette règle. Mais ce que nous constatons surtout dès maintenant, onze mois après le vote et la promulgation de la constitution [de la Communauté], c’est que sa vie peut être dangereusement menacée par les actes, que nous voulons encore croire insuffisamment réfléchis, de certains fonctionnaires irresponsables, ainsi que de certaines puissances économiques et financières métropolitaines dont on peut se demander si leur souci de faire des affaires dans des États indépendants, mais impuissants, ne remplace pas leur amour de la patrie [...]. » En conclusion, Mockey esquissait une sorte de programme évolutif et dynamique, en tout point contraire aux conceptions conservatrices d’HouphouëtBoigny et de ses alliés gaullistes : « Construisons d’abord nos jeunes États. Donnons-leur une assise économique, seule capable de supporter le social. Formons nos cadres. Alors, progressivement, nous donnerons plus de pouvoirs au conseil exécutif et au sénat de la Communauté afin de faire de ces organismes les véritables gouvernement et parlement qui s’imposeront dans les faits à une véritable fédération multinationale, intercontinentale, celle que nous avons toujours souhaitée. »
La même sorte de coïncidence se retrouve à la fin des années 1970, juste avant la révision constitutionnelle qui ôta à Philippe Yacé, alors président de l’Assemblée nationale et, à ce titre, dauphin constitutionnel, tout espoir d’être jamais le successeur d’Houphouët-Boigny. Dans ce cas également, la sanction tomba presque immédiatement après une incartade verbale de la victime. Au cours d’une interview à Jeune Afrique, à la question de savoir quels mots d’ordre nouveaux il pourrait proposer, dix-sept ans après l’indépendance politique, Yacé avait répondu : « La prochaine étape est celle de la libération économique. C’est-à-dire que nous devons nous donner les moyens de notre politique économique sans faire appel à l’aide extérieure. Voilà le mot d’ordre. »
Entre-temps, les événements de juillet 1977 avaient reproduit ce schéma à un niveau moins relevé, mais non moins significativement. On croit d’habitude, sur la foi d’une insinuation assez vague d’Houphouët-Boigny, que le limogeage, cette année-là, d’Henri Konan Bédié, Mohammed Diawara, Arsène Assouan Usher et Abdoulaye Sawadogo, respectivement ministres de l’Économie et des Finances, du Plan, des Affaires étrangères et de l’Agriculture, s’expliquait par leur responsabilité dans la surfacturation des complexes sucriers. Un examen attentif de tous les faits qui marquèrent cette période fait apparaître qu’il s’agissait en réalité de bien autre chose : le renvoi des quatre ministres intervint seulement quelques semaines, voire quelques jours seulement après la publication, par le ministère du Plan, d’une brochure intitulée Résumé du plan quinquennal de développement économique, social et culturel 1976-1980 avec, en guise de préface, de larges extraits du discours qu’Houphouët-Boigny avait prononcé devant le VIe congrès du PDCI-RDA, le 16 octobre 1975.
Pour confectionner ce plan, le ministère avait fait appel à l’Université nationale pour conduire des enquêtes de terrain très poussées, de sorte qu’on peut affirmer qu’il reflétait les véritables aspirations de la société, toutes catégories sociales comprises. Houphouët-Boigny connaissait évidemment ce projet ainsi que les conditions de sa préparation. Dans son discours, il feignit d’être pleinement d’accord avec les planificateurs. Pourtant, à bien lire ce discours dans sa version complète, on s’aperçoit vite qu’en réalité il était très loin de les approuver. Mais il enveloppait son désaccord dans les flots d’une rhétorique superbement ambiguë. Il avait beau jeu : au moment où il prononçait son discours, personne, hormis les auteurs du projet de plan quinquennal, ses proches collaborateurs et lui-même, ne pouvait se douter qu’il y avait un rapport entre ce discours et le plan en gestation. Un texte n’est qu’un texte : on peut l’approuver quand il sert votre image, mais on n’est pas obligé, pour autant, de l’appliquer, si cela peut vous brouiller avec des gens dont votre sort dépend… Souvenons-nous de la loi de réforme du système éducatif de 1977, contemporaine du projet de plan quinquennal en question, loi qu’Houphouët-Boigny avait laissé voter parce qu’elle était populaire, mais qu’il oublia ensuite de promulguer parce qu’elle transgressait certains tabous de la francophonie universelle.
Tout comme cette loi, le projet de plan quinquennal 1976-1980, que la crise de l’endettement survenue on ne peut plus opportunément juste au moment de son lancement empêcha de développer dans les faits, constituait en soi une petite révolution dans la manière d’envisager les relations de l’État houphouétiste et de la société ivoirienne avec ceux qu’on appelle les « partenaires au développement ». Quelques extraits de ce projet feront mieux sentir ce qui était en jeu.
– « L’ivoirisation est l’un des trois grands objectifs assignés à la décennie 1970-1980. Sa réalisation n’a pas connu jusqu’ici un rythme suffisant, et l’expérience montre qu’elle se heurte à de multiples résistances. Il convient donc que l’ivoirisation devienne désormais un processus volontariste assorti d’une programmation précise et confié à une autorité clairement identifiée. L’ivoirisation correspond en effet à une aspiration et à une nécessité; si elle n’était pas réalisée, la croissance elle-même serait, à terme, remise en cause au niveau de la compétitivité et de l’équilibre des comptes extérieurs, et un divorce ne manquerait pas de se produire entre la société ivoirienne dans son ensemble et une réalité économique qui, pour l’essentiel, lui serait étrangère. L’ivoirisation est donc une des voies principales de l’indispensable participation des nationaux à la construction d’une société véritablement ivoirienne » ;
– « Le moyen stratégique d’une ivoirisation aussi rapide que possible du secteur commerce sera l’établissement et la mise en œuvre d’un programme d’ivoirisation des entreprises commerciales, dans le cadre de la politique d’ivoirisation du secteur privé. Ce programme distinguera les grandes maisons de commerce, le commerce libano-syrien et le commerce africain non ivoirien [… ]. Il concernera à la fois l’ivoirisation des emplois, celle des entreprises et, dans le cas des grandes maisons de commerce, l’ivoirisation du capital et celle du management [… ]. Un programme de sélection et de formation de managers commerciaux sera conçu et mis en œuvre en vue de l’ivoirisation du management des grandes maisons de commerce. Des dispositions seront par ailleurs introduites dans la loi-cadre sur le commerce, en particulier en ce qui concerne le droit d’établissement des étrangers dans les professions commerciales et la possibilité de restrictions temporaires de la concurrence vis-à-vis de nationaux créant des entreprises commerciales dans des professions et des lieux déterminés [secteurs réservés]. »
C’est ce nationalisme exclusif qui coûtera leurs portefeuilles aux ministres responsables et à leurs proches dans le gouvernement. L’opinion publique, abusée par des rumeurs de malversations lancées depuis la présidence, parlera de l’« esprit de juillet » et s’en réjouira, sans comprendre que l’éviction de ces ministres signifiait seulement que, une fois de plus, Houphouët-Boigny et ses compères avaient triomphé de la volonté des Ivoiriens de construire par eux-mêmes et pour eux-mêmes les bases de leur développement économique et de leur progrès social.
Vingt-deux ans plus tard, la seconde chute de Bédié, le 24 décembre 1999, s’explique très probablement par des causes analogues. Nombre des sujets et surtout le ton du discours qu’il avait prononcé depuis la tribune de l’Assemblée nationale, deux jours avant d’être renversé par un général Gueï téléguidé depuis certaines officines parisiennes, n’étaient pas sans rappeler le projet de plan quinquennal 1976-1980, l’interview fatale de Yacé à Jeune Afrique ou le discours de Mockey au congrès extraordinaire du RDA de 1959 : « Nos aînés, proclamait, en effet, le successeur d’Houphouët-Boigny, n’ont pas lutté pour l’indépendance pour que nous acceptions aujourd’hui de nouvelles soumissions. La nationalité, la citoyenneté, la démocratie et la souveraineté nationale sont les quatre côtés d’un carré magique qu’il nous faut défendre avec calme et détermination devant ces ingérences inacceptables. C’est aux Ivoiriens de décider par eux-mêmes, pour eux-mêmes, et de choisir librement l’un d’entre eux pour conduire le destin de la nation en refusant les aventures hasardeuses et l’imposture insupportable. »
Le 26 septembre 1963, en pleine affaire des faux complots, Houphouët-Boigny lançait son fameux projet dit « de la double nationalité » : « Je voudrais exprimer une pensée affectueuse pour tous nos frères non originaires de Côte d’Ivoire : Guinéens, Maliens, Voltaïques, Sénégalais, Nigériens, etc., qui ont été à nos côtés dans la lutte héroïque pour l’indépendance du pays et qui continuent avec nous cette lutte pour l’édification harmonieuse de notre jeune État. Nous leur confirmons qu’ils sont ici chez eux, et que, dans les mois qui viennent, nous allons engager, avec les responsables de leurs pays respectifs, des pourparlers en vue de leur accorder la double nationalité, ce qui permettrait dans le cadre de cette unité africaine que nous sommes en train de bâtir, et dans le respect de leur dignité et de leur fierté nationale, de participer au même titre que les Ivoiriens de souche à la construction harmonieuse de la Côte d’Ivoire qui leur ouvre tout grands ses bras maternels. » Le moment choisi pour une telle annonce apparente ce projet à une véritable tentative de substitution de peuples. Si la sourde opposition des Ivoiriens n’avait pas fait avorter ce projet, toutes les places rendues vacantes par les rafles de 1963 et 1964 auraient été occupées par des diplômés voltaïques, nigériens, dahoméens, togolais, maliens, sénégalais et guinéens, massivement naturalisés ivoiriens pour les besoins de la cause.
Il n’est d’ailleurs pas tout à fait exact de dire que l’opération échoua. Ce qui échoua, c’est la tentative de légitimer la chose en la faisant endosser par les Ivoiriens. A défaut de pouvoir se créer légalement un vivier de hauts mercenaires totalement à sa main par la voie d’une naturalisation massive, Houphouët-Boigny le fit par la bande, en truffant les ministères, la police et même l’armée, de directeurs de cabinet, de directeurs, de conseillers techniques et d’officiers, recrutés parmi les transfuges de Guinée, de Haute-Volta, du Mali, du Bénin, voire du Ghana et du Nigeria ; c’est-à-dire des gens sans attaches ethniques ou historiques avec la Côte d’Ivoire, mais dont l’apparence physique trompait les Ivoiriens sur ce qu’ils étaient et sur ce qu’ils représentaient en réalité. Le dernier exemple fut l’introduction d’Alassane Ouattara dans le paysage politique ivoirien en 1990, un peu comme un joker, pour empêcher, si le pouvoir était venu à tomber brutalement des mains d’Houphouët-Boigny, lors des événements de mars 1990, qu’il fût ramassé par d’authentiques Ivoiriens. Les partisans de Ouattara prétendent que la preuve que leur champion est bien un naturel de la Côte d’Ivoire, c’est que Houphouët-Boigny l’a appelé pour diriger le gouvernement à sa place, de 1990 à sa mort, et qu’il lui a même confié l’intérim de la présidence pendant la longue maladie qui devait l’emporter. En réalité, cela prouve juste le contraire. Il suffit de rappeler que les deux personnages les plus importants du gouvernement Ouattara, après lui-même, le directeur et le directeur adjoint de son cabinet, étaient, respectivement, le Guinéen Sidya Touré, qui allait être parachuté Premier ministre de son pays en 1996, et le Béninois Pascal Koupaki, lui aussi appelé à de hautes fonctions dans sa patrie la même année, pour que la véritable signification de cette opération apparaisse à l’évidence.
Houphouët-Boigny devait sa position particulière sur l’échiquier politique ivoirien à la combinaison de deux facteurs : le premier, c’était l’appui constant que sa capitulation lui valait de la part des autorités françaises depuis 1951; le deuxième, c’était l’avantage qui découlait du fait que ses adversaires, incapables de s’entendre entre eux pour lui résister ensemble, ne constituèrent jamais une menace sérieuse pour sa position. Pour autant, ils n’avaient pas totalement désarmé. À l’approche de l’indépendance, au fur et à mesure que se précisait l’entreprise néocolonialiste, le mécontentement des Ivoiriens grandissait, avivé par l’entrée en lice de nouvelles générations moins enclines que leurs aînés aux compromis. Il n’était pas dit qu’ils n’allaient pas relancer un nouveau mouvement anticolonialiste aussi puissant que celui de la fin des années 1940. C’est pour prévenir ce risque qu’on monta le coup des complots.
Houphouët-Boigny était tout à fait capable d’imaginer en finir de cette manière expéditive et radicale avec ses opposants, sans que personne ne l’y oblige ; mais encore fallait-il qu’il en eût les moyens. Qui était le plus en mesure de lui fournir ces moyens, sinon celui qui avait la haute main sur tous les services spéciaux français et qui disposait, en Côte d’Ivoire même, et jusque dans l’entourage immédiat d’Houphouët, d’un vaste réseau d’hommes de mains experts en coups tordus ?
Dans Les faux complots d’Houphouët-Boigny, S. Diarra rapporte des paroles qu’Houphouët-Boigny aurait adressées à Germain Coffi-Gadeau, au moment où il allait l’envoyer en prison dans la charrette de septembre 1963 : « Je m’apprêtais à libérer ces jeunes gens [entendez : la fournée de janvier 1963] à mon retour d’Addis Abeba comme je l’avais promis. Tu sais, en effet, qu’ils n’ont rien fait. Mais voilà que par vos bêtises, vous vous trouvez au fond du puits, et moi j’ai le dos au mur. La vérité sera ma vérité de toutes les façons. Il faut que vous m’aidiez à vous sortir du puits. C’est une situation créée par les colonialistes. On veut faire de moi un violent, un criminel, un fossoyeur des libertés... » Si ces propos sont véridiques, c’est une preuve directe que, dans cette affaire, Houphouët-Boigny n’a pas agi de son propre chef, mais forcé et contraint par ceux qu’il désignait sous le vocable de colonialistes. Mais l’argument le plus décisif est celui qu’on peut tirer de la coïncidence de la découverte des complots ivoiriens, le 13 janvier 1963, avec un événement tragique qui s’était produit la veille, à Lomé, capitale du Togo : l’assassinat de Sylvanus Olympio. Une coïncidence d’autant plus troublante que, avant que la nouvelle de l’assassinat de l’homme d’Etat togolais ne soit connue à Abidjan, les rumeurs de complot qui circulaient déjà étaient pathétiquement démenties par Philippe Yacé ; et que, lorsque la nouvelle fut connue, le même Philippe Yacé se convertit brusquement en dénonciateur féroce de complots auxquels il se refusait encore à croire la veille !
Autre indice, ce que S. Diarra appelle « l’affaire Méatchi ». Antoine Méatchi était un Togolais, opposant au régime de Sylvanus Olympio, qui s’était réfugié au Ghana après son évasion de la prison où il avait été enfermé pour une tentative avortée de coup d’État, avec ses complices, dont un sergent Adewi qui sera cité parmi les assassins présumés d’Olympio. Fin 1962, Méatchi vient à Abidjan « parce qu’il est informé du refus qu’Houphouët-Boigny oppose à sa participation à un gouvernement de succession à Olympio », écrit S. Diarra, comme si la chose allait de soi. À Abidjan, il est reçu en audience par Houphouët-Boigny et rend visite à des Ivoiriens qu’il avait connus pendant ses années d’études en France, et dont certains sont membres du gouvernement. Le 12 janvier 1963, lorsque la nouvelle de l’assassinat de Sylvanus Olympio sera connue, Houphouët-Boigny prendra prétexte de ces visites pour accuser ceux que Méatchi avait rencontrés de collusion avec les assassins de l’homme d’État togolais. S. Diarra plaide l’absurdité d’une telle accusation, et on ne peut que l’approuver. Il n’en demeure pas moins que les tribulations de Méatchi, quels que fussent les véritables motifs et les véritables mobiles de cet opposant togolais, constituent la meilleure preuve qu’il y a un rapport entre l’assassinat de Sylvanus Olympio et la résolution soudaine d’Houphouët-Boigny de frapper sa propre opposition. Ce meurtre aura agi sur lui comme un avertissement ou comme un coup de semonce : voilà ce qui t’attend si tu ne te décides pas à nous débarrasser de ces empêcheurs de néocoloniser en rond.
Antoine Méatchi n’était probablement qu’un simple instrument de diversion entre les mains de ceux qui avaient déjà décidé du sort d’Olympio et qui, voulant faire d’une pierre deux coups, l’avaient attiré à Abidjan, afin à la fois de donner à Houphouët-Boigny la mesure de sa fragilité, et de compromettre ceux d’entre ses ministres qu’on voulait éliminer. Qu’on veuille bien se rappeler l’effet que lui avait fait, en 1950, l’assassinat de Victor Biaka Boda. Il se peut que les rafles de janvier et septembre 1963 et celle d’avril 1964 n’aient été, pour Houphouët-Boigny, que la rançon à payer pour échapper aux tueurs du petit matin…
Quoi qu’il en soit, les drames de 1963-1964 eurent, pour la Côte d’Ivoire, les mêmes conséquences que le meurtre de Sylvanus Olympio pour le Togo : ils annulèrent tous les acquis de la toute récente indépendance; ils livrèrent le pays aux plus corrompus et aux plus lâches de ses citoyens ; ils accoutumèrent les Ivoiriens à vivre docilement sous un régime où le crime le plus pendable, celui qui conduisait inévitablement à la mort, au moins à la mort civique, c’était de vouloir défendre leur indépendance, leurs libertés, leurs droits et leurs intérêts, ce carré magique dont Bédié parlait dans son discours du 22 décembre 1999. Les tueries de civils désarmés de novembre 2004, si semblables – ô ironie de l’histoire ! – à celles de 1950 sous le gouverneur Péchoux, et que n’a suivies aucune mesure de rétorsion, même symbolique, ont montré combien la souveraineté de la Côte d’Ivoire n’est qu’une plaisante fiction. Ce que, à sa manière, l’affaire Julia vint presque aussitôt confirmer : si Jacques Foccart et Houphouët-Boigny sont bien morts, les réseaux du premier sont toujours très actifs dans les allées du pouvoir ivoirien.
14 janvier 1963 : début de l’affaire dite des faux complots d’Houphouët-Boigny.
15 janvier 2003 : ouverture de la table ronde de Linas-Marcoussis.
Entre ces deux événements, il n’y a pas seulement une coïncidence de date; comme on dirait d’un film, le second est le remake du premier. Quarante ans, jour pour jour, après le guet-apens de Yamoussoukro, la prétendue table ronde de Marcoussis, prétexte du guet-apens du sommet de Paris-Kléber, ne fut, en quelque sorte, que la répétition du procédé qui, en 1963, avait permis à la France d’imposer aux Ivoiriens – avec la complicité plus ou moins volontaire d’un Houphouët-Boigny terrorisé par Jacques Foccart – un système politique et un ordre des choses économique et social préjudiciables à leurs intérêts, mais d’autant plus avantageux pour les siens.
Par Marcel Amondji
Ecrivain ivoirien