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LE BLOG DE SERGE GRAH POUR QUE L'AFRIQUE NE DORME PLUS JAMAIS !
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09.07.2007
Dernière mise à jour :
13.08.2008
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Au coeur de la communauté rasta d'Abidjan

Au coeur de la communauté rasta d'Abidjan

Posté le 09.07.2007 par sergegrah
[i][b]
Au cœur de la communauté Rastafari de Côte d'Ivoire[/b][/i]

L'image des rastas dans notre société est celle d'un « fou » errant à laquelle on associe à tort ou à raison, la musique reggae et la drogue. Qui sont donc les rastas ? Comment sont-ils organisés dans notre pays ? Pour répondre à ces questions, Serge Grah a lait une incursion au cœur de la communauté rasta. Son enquête.

C'est au pas de course qu'il arrive à la gare sud, au plateau, où nous avons rendez-vous. Ras Julian Sopy, chargé de communication de la communauté qui doit nous conduire au village Rasta. Pas de temps à perdre, direction Vridi, dans la commune de Port-Bouët. 15 minutes. C'est le temps qu'il a fallu au taxi pour immobiliser sa course dans le sable fin de la plage. Nous sommes à proximité de l'ex Palm Beach. A côté, un autre ex-hôtel : l'Akwaba. Dont la fermeture remonte à plus d'une vingtaine d'années.
C'est le chef du village, Ras Zagadou qui nous accueille. Il nous confie que : « ces bâtiments ont été abandonnés par des italiens qui travaillaient à l'ex hôtel Ahvaba. Après leur départ, l'espace était envahi par la broussaille et servait de nid à toutes sortes de reptiles et de bandits de grand chemin. Et c'est en 1986 que Saint-Clair obtint des autorités municipales, l'autorisation de créer sur le site un centre artistique... R avait invité tous les artistes (musiciens, peintres, sculpteurs, etc.) à le rejoindre ici. Finalement, c'est nous qui avons répondu à l'invitation... ». Aujourd'hui, ajoute-t-il « les rastas ont fait de cet endroit un havre d'Amour ».
En effet, dans cette zone industrielle où le lourd bruit des moteurs accompagne le fracas incessant des vagues qui baignent la plage, on est loin de s'imaginer qu'il y existe un tel village. Les cocotiers parés aux couleurs rouge, jaune et vert et les fresques visibles sur presque tous les murs, sont là pour subjuguer le visiteur. Qui est toute suite frappé par les dreadlocks qu'arborent la plupart des habitants. Hommes, femmes et enfants. Et la musique reggae rythme toute la vie de ce petit village. Même les branches des cocotiers, dans leur balancement nonchalant, semblent être envoûtées par cette musique qui occupe tout l'espace.
Au détour d'une ruelle, un groupe de personnes reprennent en chœurs : « Rastafari... I and I... King of Kings... Conquérant Lion of tribal of Judah... Jah Rastafari ». En effet, les habitants aiment saluer, introduire ou conclure leurs propos par des formules incantatoires. « C'est une façon pour nous de toujours rappeler notre foi en Jah », révèle l'un d'eux. Ils portent pour la plupart des effigies de Bob Marley, Haïlé Sélassié et Marcus Garvey. Mais tout ceci n'est pas fortuit. Ici, les habitants appartiennent au mouvement Rastafari. Ce sont des Rasta, comme on les appelle communément. Nous voilà donc au cœur de la question. Qu'est-ce qu'un rasta ? Comment sont-ils organisés ?
C'est en 1927 que Marcus Mosiah Garvey, évangéliste jamaïcain, fervent défenseur de la cause noire, annonçait la venue d'un roi noir : « Regardez vers l'Afrique où un roi noir doit être couronné. Il sera le Rédempteur ». Le 2 novembre 1930, en Ethiopie, Ras Tafari Makonnen est coiffé de la couronne sacrée du Négusa Negast (Roi des Rois, l'Élu du Seigneur, le Lion conquérant de la Tribu de Juda ) sous le nom de Haïlé Sélassié 1er. Selon le livre sacré Kebra Nagast (Gloire des Rois), retraçant l'histoire de son antique dynastie, Sélassié est le 225e descendant du Roi Salomon et de la Reine Makeda de Saba. La prophétie de Marcus Garvey ainsi accomplie, acheva de confirmer l'Ethiopie comme la terre promise, Zion, le Sion et Haïlé Sélassié comme « le Messie noir annoncé ».Le rastafari, inspiré du nom de l'Empereur, va donc se structurer autour de cette prophétie.

Un rasta c'est donc « un adepte du mouvement spirituel qui reconnaît Sa Majesté Impérial Sélassié comme Jésus-Christ dans sa seconde manifestation... Les fondements de la culture rasta se trouvent donc dans la Bible », affirme le chef Zagadou. Et pour expliquer leur mode de vie, les rastas se réfèrent souvent au vœu de Nazarite, comme présenté dans la Bible, Nombres 6:1-21. Ce vœu, sanctifie pour une période durant laquelle l'adepte devra suivre certaines règles de vie. Celles-ci sont, pour les plus caractéristiques : ne pas couper, ni se coiffer les cheveux ; ne pas consommer de viande ; ne pas consommer de l'alcool.
« Il ne faut pas chercher les réponses en dehors de nous-mêmes... la vérité se trouve en nous. » nous dit le prêtre du village, Levi Adjano. Dans la communauté rasta, c'est un personnage central. C'est celui qui officie les cultes du Sabbat qui a lieu du vendredi soir au samedi matin. Durant cette période, le jeun est obligatoire. Tous les rastas des environs se retrouvent au village, autour du prêtre. Dans un ordre hiérarchique avec une fonction lié au mois de naissance qui part d'avril à mars. Les enfants de ces douze tribus vont se mettent à la tache pour la réussite de la cérémonie. Elle débute par une musique religieuse, le Niyabingi, faite de cantiques, rythmées par des battements de tambours. Mais avant, il faut purifier les « temples » qui ne sont autres que l'intérieur de chaque rasta, à l'aide d'un encensoir dans lequel brûle la Ganja. « L'herbe a des vertus thérapeutique, c'est une plante divinatoire. Ceux sont les profanes qui en font un vice... l'herbe éteint la bête en l'homme et allume l'esprit. Si tu ne le connais pas, n'y touche pas, si tu es un voleur, un menteur, un empoisonneur public, l'herbe t'étale... » Ces précisions faites par Ras Julian, la lecture biblique peut alors commencer. Le prêtre peut donc délivrer son enseignement concernant le Salut et la façon de prier Jah Selassié.
Ainsi, la coutume veut que la première occupation d'un rasta soit la lecture de la Bible. Certains passages de la Bible sont très importants pour les rastas. « Le deuxième exode à Babylone, et la première destruction du temple de Jérusalem est pour nous l'incarnation de notre exil d'Afrique, esclaves des Babyloniens », martèle le prêtre. Ainsi le concept de Babylone, qui est la métaphore de l'exploitation des Juifs par les Babyloniens, s'étend aujourd'hui à tous les aspects que les rastas rejettent dans notre société, comme le matérialisme, le capitalisme, l'hypocrisie, la haine, l'intolérance, l'égoïsme, etc. « Notre société a perdu les valeurs fondamentales de la nature, du respect, de la fraternité, de l'amour au profit d'une société basée sur l'argent », regrette Ras Julian Sopy. Or, continue-t-il, « Rastafari est un mode de vie qui s'adresse à tous ! Ce n'est pas exclusif à un peuple en particulier. Il s'adresse à toutes les personnes qui vivent sur cette terre. Les rastas sont des pacifistes qui cherchent toujours à promouvoir l'Amour. La recherche du pardon est aussi une aspiration majeure car personne n'est parfait au regard du Tout-Puissant. Nous sommes tous Un quelles que soient notre croyance. C’est cela le Rastafari. » Nana Kudua, le chargé de la culture ajoute que «L'amour de Rasta s'exprime à l'intérieur de nous. C'est ainsi que je le vois et que je le ressens. C'est la seule chose dont nous devrions nous soucier. En tant qu'artistes, c'est la seule chose que nous devrions exprimer. Qu'y a t'il de plus important sur cette terre ? »
Autre chose qu'on peut facilement remarquer chez les rastas : le langage. Se réclamant d'un mouvement de libération de la conscience des noires, le langage est selon eux un lieu de lutte politique et de transformation personnelle où les mots sont les armes. C'est ainsi qu'ils développent un nombre important de jeux de mots qui sont autant de façon de marquer les esprits. Ce qui tend à créer une langue propre à la culture rasta, permettant aux différents initiés de se reconnaître et de communiquer entre eux. Par exemple, l'usage du pronom et surtout du pronom I and I pour désigner le locuteur est une habitude très répandue parmi les rastas. Ils considèrent chaque personne comme étant directement éclairée par Jah. Les Rasta d'ailleurs, n'utilisent jamais le mot rastafarisme. « Nous rejetons tout le vocabulaire en isme, comme capitalisme, matérialisme, christianisme, etc. Ceux sont des mots créés par Babylone pour cataloguer les gens et établir entre eux des barrières, afin de rendre toute communication vaine, et promouvoir ainsi l'intolérance », nous confie, fier, Ras Zagadou.
Les rastas, comme on peut le constater dans le village, sont des artistes en tout genre. Au village, un site d'exposition est réservé aux divers objets d'art fabriqués sur place. Mieux, une salle de répétition avec un orchestre complet et un podium ont été aménagés. Car le il mai l'atmosphère sera électrique ici... Durant trois jours, il y aura un grand show en la mémoire de Bob Marley, le Messager. Ce sera aussi l'occasion d'inaugurer le matos qu'a offert au village John Kiffys. « C'est un grand geste que nous a fait le grand frère. Les rastas lui témoigneront toujours une reconnaissance. Et avec ce matos, nous allons pouvoir démarrer très bientôt une tournée de l'Unité ivoirienne reggae, à travers toute la Côte d'Ivoire ».
Reggae et Rastafari apparaissent si intimement liés au sein de la communauté rastafari qu'ils semblent parfois se confondrent dans la conscience des gens. Cependant, contrairement aux idées reçues, le reggae n'est pas en soi une marque caractéristique des croyances rasta, mais bien un vecteur servant le message. Le genre musical le plus proche des rastas est plutôt le Nyabinghi.
Les rastas sont végétariens. Au village rasta, la viande, les poissons sans écailles, les crustacés, et l'alcool sont interdits. Et la place de la femme dans tout ça ? « Les femmes rasta ont le devoir de s'occuper de la cuisine, de l'éducation des enfants. Il est strictement interdit aux hommes de partager leurs lits avec leur femme quand celle-ci est indisposée, elle est en ce moment considérée comme impure... », révèle le chef Zagadou.
En Côte d'Ivoire, en dehors du village, les rastas sont rassemblés au sein de la Communauté Rasta de Côte d'Ivoire. Cette association existe depuis le 13 avril 1997. Et c'est Naphtaly qui en préside la destinée.

(In Le Matin d'Abidjan du 11 mai 2007)





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naméo!
Posté par loulou le 16.07.2007
naméo! je t'en laisse tout plein moi des comentaire lisa! tsss c simpson ! il zen font qu'a leurs tete!

+41.78.776.54.49 Tresses, Dreadlocks
Posté par tresses le 08.01.2008
Je me déplace à votre domicile pour vous faire des tresses, dreadlocks, nattes, tissage, dreads, locks, rastas, ...
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Bonne journée !
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big up
Posté par Lalya le 26.02.2008
big uppp !!!!! pourtant je surf souvent mais javai jamai vu ta page !!

si tu peu me mettre en relation ça serai cool

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Posté par Coco le 19.05.2008
On di koi sergent ? C'est Coco de AICCM tu t'en souvient ? Je n'ai plus ton contact et ce matin en faisant des recherches sur les rasta, je suis tombé sur ton ton article. Il est super. J'ai un de mes gars sur la photo, RAS Julian. Je te savais pas rasta sur les bords mon frere, c'est cool. Si jamais tu reçois ce message appel moi vite au 07 74 15 16 Coco Joyce. J'attend ton coup de fil. Jah bless


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