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je suis tout à fait pour ce genre de protèction félicitation pour cette détermination...
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merci le commentaire ma beaucoup servi pour mes recherches....
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ben si vous faite anarqué c'est pasque vous etre aussi des hommes pas intelligents comment quel qu'un que vous...
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« Personne ne veut aider le livre »

Publié le 22/09/2009 à 10:37 par sergegrah
« Personne ne veut aider le livre »
Nathalie Vozy (Animatrice télé)

Ancienne téléspeakerine à la télévision ivoirienne, Nathalie Vozy revient à ses premières amours avec une émission littéraire à l’attention de la jeunesse. Diffusée sur les antennes de RTI depuis quelques mois, elle s’intitule « Envie de lire ». Le moteur principal de l’émission : susciter la curiosité des enfants autour d’un ouvrage. Pour en savoir davantage, nous avons rencontré l’animatrice et, par ailleurs, productrice de l’émission. Entretien.

Doit-on dire enfin une émission littéraire à la télévision ?

Non… parce que je pense que se serait prétentieux. Il y a eu des émissions de littérature à la télévision. C’est vrai qu’il n’y a peut être pas eu une émission spécialement à l’attention de la jeunesse… Et encore, je me souviens qu’il y avait à l’époque une émission avec les enfants qui était diffusée les mercredis. Les enfants se retrouvaient le représentant d’une maison d’édition et ils discutaient d’un livre.

Quel a été le déclic ? A quel moment vous vous êtes dit : « tiens, c’est le moment de lancer une émission littéraire en direction des enfants » ?

Pendant dix ans, j’ai été enseignante dans des écoles françaises, c’est-à-dire au contact avec les enfants… Et en 2005 j’ai eu envie de partager ce que j’avais tiré de l’enseignement avec tous les enfants. J’ai vu que dans ces écoles, on faisait tout pour attirer les enfants vers la lecture. Quand j’ai vu que cette méthode marchait et que, ce n’était pas du tout sorcier, je me suis dit, pourquoi ne pas le mettre à la porté de tous les enfants de Côte d’Ivoire. Depuis le temps qu’on reproche aux enfants de ne pas lire, ce serait une occasion de leur donner envie de lire.

Quel est l’objectif de « Envie de lire » ?

Le livre n'intéresse pas les jeunes, pense-t-on. Beaucoup trop sollicités par d'autres médias plus simples d'accès. Ils passent, en effet, des heures devant l’écran de télévision. Puisqu’ils ne vont pas vers les livres, on va donc mettre les livres sous leurs yeux par le biais de la télévision, c’est tout simple. On va ainsi réutiliser la télé pour promouvoir en quelque sorte la lecture. On ne les sauvera pas tous, il ne faut pas se faire des illusions. Mais on n’en sauvera quelques-uns. Pour développer en eux l’amour du livre et le besoin de lire... Nous, parents, devons faire en sorte que nos enfants naissent et grandissent dans un environnement de livres : La bibliothèque, la librairie, etc. Par le Livre, nous donnerons à ces enfants les armes essentielles pour comprendre la société dans laquelle ils grandissent.

Mais parler de livres à la télévision ivoirienne est une véritable gageure…

Non, ce n’est pas juste de le dire de cette façon… La télévision ivoirienne a quand même dégagé un espace pour diffuser cette émission et ce n’est pas la première fois… Les responsables de ce média m’ont déjà soutenu en 2005. A cette époque, j’avais beaucoup de difficultés parce que je n’avais pas de structure de production audio visuelle… J’étais enseignante et de temps en temps, je louais une caméra pour faire l’émission. Moi j’ai l’avantage d’avoir fais la télévision avant. Cette émission, finalement, n’est rien d’autre que la combinaison de l’enseignement et de la communication.

La difficulté qu’un programme littéraire s’impose durablement dans la grille des programmes de la RTI ne vous effraie-t-il pas ?

Si, un peu quand même. Mais ce qui m’effraie le plus, c’est le manque de moyens financiers. En Côte d’Ivoire, il n’y a personne qui veuille sponsoriser les activités autour du livre. Parce qu’on se dit « comme ça ne rapporte pas d’argent, donc c’est pas important ». Tout le monde se plaint du niveau médiocre dans nos écoles, mais personne ne fait rien pour que ça s’améliore. Ils regardent, ils critiquent, mais qu’est ce qu’ils font pour que ça change ? Tout le monde critique, même les écrivains eux même ils ne font rien. Quand ils vont dans les écoles, c’est pour vendre leur livre. S’ils ont eu le maximum de classe, c’est temps mieux. Mais qu’est-ce qu’ils font pour savoir si les enfants sont vraiment accrochés, s’ils ont bien compris leur histoire ?... Voilà où nous en sommes. La preuve est que je fais cette émission à mes propres frais. J’ignore combien de temps je vais pouvoir tenir. Si nous voulons des lecteurs pour demain, c’est maintenant que nous devons donner envie de lire aux enfants d’aujourd’hui. Tout le monde doit se mobiliser, car c’est un vaste chantier. Tout le monde, je pense aux Institutions de la Républiques telles le Ministère de l’Education Nationale ainsi que de la Culture, aux maisons d’éditions, aux libraires, aux Fondateurs d’établissements, aux banques qui font des prêts scolaires, aux maisons d’assurances qui ont des options études, etc.

Quelle est la périodicité de cette l'émission ?

« Envie de lire » est diffusée tous les mercredis à partir de 9h… L’émission dure 26 mn. J’aurais aimé que ce soit autrement, mais c’est déjà une chose de gagné.

Jusqu’à ce jour, combien d’écrivains avez-vous reçus ?

7 écrivains… Il faut dire que je ne travaille pas spécialement avec les écrivains qui sont invités. Je leur dis juste comment ça doit se passer. Ce sont les enfants qui font l’émission. Ils proposent un sketch autour de l’histoire du livre, des questions à poser l’auteur et un jeu de mots croisés à partir de questions tirées du livre. « Envie de lire » est une émission vivante et pédagogique…

Après la diffusion des premières émissions, comment ont réagi les téléspectateurs ?

« Envie de lire » a provoqué un vrai déclic chez certains enfants. Des parents nous ont rapporté que leurs enfants, après qu’ils aient participé à l’émission ou suivis tout simplement, ont demandé qu’on leur achète des livres. En tout cas, la lecture est un très bon stimulant pour les enfants. Elle peut les aider à mieux vivre les situations quotidiennes qu’ils rencontrent. Par exemple, un enfant qui a peur dans la nuit peut s’apercevoir, à travers la lecture, qu’il n’est pas le seul à avoir peur… Les enfants s’identifient donc à travers les différents personnages présentés dans les histoires et cela leur permet de vivre leurs émotions. Par la lecture, l’enfant est sensibilisé sur des sujets sensibles comme le racisme, la tolérance, le partage, le civisme, le respect, la non-violence, etc. Il prend donc conscience des réalités sociales… A travers le livre, l’enfant développe une qualité très importante : la curiosité. Il découvre beaucoup de choses qui aiguisent son intérêt et l’incite à poser des questions, à réfléchir, à discuter, à partager ses réactions personnelles. Ainsi l'enfant qui lit et qui comprend ses lectures, augmente-t-il de beaucoup ses chances de succès dans la vie.

Par Serge Grah




Les héritiers présomptifs arrivent

Publié le 08/09/2009 à 16:32 par sergegrah
Les héritiers présomptifs arrivent
Bongo Fils

Après l’ère des pères de la Nation, celle des putschistes galonnés, les conférences nationales, le multipartisme intégral, voici venue l’heure des héritiers présomptifs ! Kabila fils au Congo démocratique, Faure Gnassingbé au Togo hier, Ali Bongo Odimba au Gabon aujourd’hui. Demain, lequel des autres fils de…roi prendra la place du père ? Après le discours de La Baule et ses conférences nationales suscitées, le multipartisme intégral et les alternances démocratiques, la dynastie est en marche en Afrique. C’est l’avènement des fils de chefs.

C’est parti ! Même si au Gabon, la rue que la défaite essuyée par les « Panthères » devant les « Lions indomptables » du Cameroun en éliminatoire de la Coupe du monde samedi dernier a encore attisée dans certaines villes du pays refuse de se calmer au lendemain de la présidentielle. Elle s’en prend violemment à ce qu’elle considère comme une forfaiture, un déni de justice, une fraude massive pour cautionner la « succession dynastique » au pouvoir à la suite d’un simulacre d’élection à un tour. Qu’à cela ne tienne, Ali Bongo a été déclaré président de la République. Avant lui, Faure Gnassingbé au Togo. Kabila « fils » avait lui, réussi au Congo démocratique le parricide parfait.

L’ère des dynasties est-elle ainsi de retour en Afrique ? Kabila, Gnassingbé, Bongo, Mohamed Kadhafi, l’aîné, fils d’un premier mariage, président de l’organisme libyen des télécommunications ou encore Hannibal Kadhafi et/ou encore Seif el Islam Kadhafi, le plus impliqué sur le plan politique des fils du « roi » libyen. Seif est surtout connu pour son rôle dans l’indemnisation des familles des victimes de l’attentat de Lockerbie et du DC-10 d’UTA abattu par des Libyens en 1988. Il dirige la fondation Khadafi. Gamal le fils du Raïs égyptien : Hosni Moubarak a été nommé secrétaire chargé de l’orientation politique du Parti national démocrate (Pnd, au pouvoir) par son père et demain les Wade au Sénégal ? Un certain Bourgi, avocat franco-libano-africain de son état et affairiste patenté assure, renseignent des sources généralement bien informées de milieux diplomatiques du continent, qu’il a une nouvelle mission : celle d’installer les fils de chef au pouvoir. Mission « hautement » lucrative si cela se trouve dont il se vanterait sur tous les vols en destination du continent.

Les Pères de la nation

Au début était l’ère des Pères de la nation. Ils sont ainsi nommés pour avoir acquis l’indépendance de leur pays et fondé la nation comme communauté politique dans un Etat de personnes libres et égales en droit. On peut citer parmi ces pères de la Nation, l’Américain Washington, l’Indien Gandhi, le Tunisien Bourguiba. En Afrique qui nous occupe, de fortes individualités que sont : les figures binaires Lumumba-Kasavubu du Congo-Kinshasa, actuel Congo démocratique, auparavant Zaïre de Moboutu, Ruben Um Nyobé-Amadu Ahidjo du Cameroun. Apithy-T. Ahomadegbe du Dahomey, actuel Bénin, ou les quatre du Nigeria : N. Azikiwe-A. Tafawa Balewa-Obafemi-Awolo-A. Bello.

Le couple sénégalais : Léopold Sédar Senghor-Mamadou Dia, l’Ivoirien Houphouët-Boigny, le Guinéen Sékou Touré, le Malien, Modibo Keïta pour ne citer qu’eux, la liste n’est point exhaustive, furent les précurseurs de l’histoire post-indépendance de leurs pays respectifs. Ils ont donné la cadence et impulsé la marche. Leur modèle était le monocentrisme absolu. Une seule nation, un seul Etat, un seul peuple, un seul chef. L’unité de moyen : un parti, une doctrine idéologique. La concentration des fonctions : le président est celui du parti et de la République, souvent même et du conseil de gouvernement.

Le chef de l’État est en même temps le chef suprême des armées, parfois ministre de la Défense. Une conception : curieux mélange du centralisme démocratique soviétique et de la chefferie traditionnelle africaine, qui structure le discours autour du développement comme action et processus de transformation sociétale. Un discours fondateur, structure idéologique efficace. Un discours qui révèle un chef qui est tour à tour architecte de la construction nationale, stratège conduisant la guerre contre le sous-développement, pédagogue enseignant les valeurs cardinales d’unité, de travail, de paix et d’harmonie, poète chantant et l’amour et l’Afrique, justicier hiérarchisant les peines et les récompenses, voire prophète annonçant l’âge d’or. Me Wade le touche à tout en est-il le dernier sur le continent ?

Les putschs

Si dans quelques États où la succession a été régulière, on a échappé jusqu’ici au parricide : Gabon (1967), Kenya (1978), Sénégal (1980), Cameroun (1982), Tanzanie, cet acte de mise à mort politique qui évince le père du pouvoir plutôt que de le détruire. Il n’en est pas toujours ainsi. Mais avant les « parricides », les putschs des galonnés. C’est ainsi qu’en Guinée Conakry à la mort du président Sékou Touré l’armée prit le pouvoir. En Guinée-Bissau les coups d’Etat militaires rythment la marche de la nation depuis 1974. Au Mali, en Mauritanie, au Burkina Faso. En Gambie voisine, en Sierra Léone, au Libéria en Côte d’Ivoire avec le général Guéi. Au Niger et au Nigeria. Le Ghana etc. Plus loin de nous en Centrafrique, au Congo Brazzaville… Partout les officiers généraux, supérieurs, officiers et sous officiers ont pris la place des Pères de la Nation. Le Sénégal fait figure d’exception qui confirme la règle dans la sous-région.

N’empêche l’Afrique continue sa transition vers la démocratie même si le pouvoir Kaki paraît servir de clé à cette transition. Mais aujourd’hui après les putschs et autres coups d’Etat militaires des années 1970 à 1990, les conférences nationales à la suite du discours de La Baule de 1991 et le multipartisme intégral, on semble assister au retour de la dynastie. Chaque chef d’Etat nourrissant ou caressant l’idée de se faire remplacer par son fils. Et cela d’autant plus que plusieurs d’entre eux se sont surpris à se prendre pour le dernier des… pour ne pas y avoir pensé plutôt en se rendant compte que le « simple sergent » analphabète du Togo, Gnassingbé Eyadema avait planifié sa succession.

La preuve ! Au Sénégal cependant, autant on met en relief l’exception de n’avoir jusqu’ici connu un coup d’Etat militaire, autant on y souligne « l’impossibilité » d’une dévolution monarchique du pouvoir même revêtu du manteau de la démocratie. Simple vœu pieux de démocrates ou traits caractéristiques d’un peuple qui commerce avec la République depuis longtemps ? Toujours est-il que le fils a maintenant une fonction ministérielle et d’Etat pour faire bonne mesure. Il ne cache nullement ses ambitions présidentielles même si les urnes du 22 mars dernier semblent avoir douché ce projet. En ce qui le concerne, de Conseil spécial de son père, président du Conseil de surveillance de l’Anoci, il arbore aujourd’hui le grade envié de ministre d’Etat, ministre de la Coopération internationale, des Infrastructures, des Transports aériens et de l’Aménagement du territoire. Excusez du peu ! Tremplin pour prendre la suite du père ? L’avenir le dira.

Par Madior FALL
Source : Sud Quotidien

Les vacances couteuses du président Biya

Publié le 02/09/2009 à 10:56 par sergegrah
Les vacances couteuses du président Biya
Il est le président de l'un des pays les plus pauvres d'Afrique. Il s'appelle Paul Biya et est en vacance à La Baule. Jusqu'à la rien à redire, sauf que pour certains le montant de la facture des palaces dans lesquels il s'est installé pour trois semaines est indécente. Au total sans doute pas moins de 800 000 euros pour 43 chambres. Or, comme on le sait, le Cameroun vit pour partie de l'aide internationale. La France lui verserait 537 millions d'euros durant cinq ans à venir. Les camerounais ont donc du mal à comprendre comment leur président peut-il se payer de telles vacances luxueuses.

Cette nouvelle des vacances du couple présidentiel camerounais fait en ce moment l'objet de choux gras dans la presse française et camerounaise. Paul Biya qui a quitté le Cameroun le samedi 15 août dernier « pour un court séjour privé en Europe, a pris selon Ouest-France, le chemin de La Baule. Une ville réputée pour avoir abriter en 1990, le fameux sommet France-Afrique au cours duquel l'ancien président français François Mitterrand invitait les dirigeants du continent noir à s'ouvrir à la démocratisation, en même temps qu'il annonçait que l'aide de son pays aux États africains irait désormais de paire avec les avancées démocratiques enregistrées par ces États.

Source : France 3

Prêtres, si vous avez des enfants, par pitié assumez votre paternité !

Publié le 02/09/2009 à 10:48 par sergegrah
Prêtres, si vous avez des enfants,  par pitié assumez votre paternité !
Est-ce la fin du célibat des prêtres ? En tout cas, les prises de position pour qu’il ne soit plus obligatoire se multiplient actuellement dans le monde. Avec des débats plus véhéments que par le passé. Comme on a pu le voir dans le magazine « C dans l’air » de TV5 Afrique du 25 août dernier. Ainsi en Europe et en Amérique latine, notamment, beaucoup de personnes se posent-elles la question de la nécessité de son maintien et, se la posant, ont tous le regard tourné vers le Vatican. En Côte d’Ivoire, c’est le quotidien Notre Heure qui, dans sa parution du 25 août 2009, a ouvert le débat sur le sujet à travers un dossier fort bien mené. Et cela, dans l’objectif, certainement, de questionner la société ivoirienne et de permettre ainsi à l’opinion publique, en général, et aux fidèles catholiques en particulier, de donner leur avis sur ce qui apparaît comme un nœud gordien à l’Église Catholique. Mais l’Église de Rome pourra-t-elle franchir le rubicond ? Ce n’est pas si sûr. Le pape Benoît XVI a déjà clôt le débat. Pour le mariage des prêtres, c'est non. Et ce sera toujours non. Fermant ainsi la porte à toute évolution et révolution au sein de l'Eglise catholique.

Or, contrairement à ce qu’on pourrait croire, le célibat des prêtres n'a rien d’évangélique. Jésus n’a-t-il pas guéri la belle-mère de Pierre gravement malade ? Durant les premiers siècles, les prêtres pouvaient se marier. En compulsant l’histoire de l’Église Catholique, on découvre que sept papes ont été mariés. Onze étaient des fils de papes et d’évêques. Toute chose qui montre finalement que le célibat des prêtres n’est qu’un simple fait de droit féodal. En effet, c’est en 1074 que le pape Grégoire VII, lui-même fils d’Évêque, a introduit une règle qui ne permettait plus d’ordonner des prêtres mariés. En cela, deux raisons principales. Grégoire VII ne concevait pas qu'on puisse dire la messe le lendemain d'une nuit où on avait eu des rapports sexuels. Même s’il est vrai que les prêtres devaient s'abstenir de toutes relations sexuelles pendant leur « tour de service » qui durait un mois par an. Ce souci d'abstinence était lié non pas à une notion de péché dans « l'acte de chair », mais plutôt à un désir de pureté rituelle… La deuxième raison, c'est que le fils du prêtre héritait de la charge et des biens de son père. Or, l’Église voulait garder ses biens. Sans mariage ni progéniture légitime, le problème de succession se résolvait. Le principe du célibat se trouvait donc dans des préoccupations bassement matérielles auxquelles on a plaqué des considérations spirituelles pour donner une justification a posteriori.

Qu’en est-il alors de la chasteté des prêtres ? Les prêtres font-ils vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance ? N’est-ce pas seulement un engagement au célibat et à obéissance à leur évêque que prennent les prêtres ? Ce point est très important. Car, à l’analyse, il s’agit ni plus ni moins du célibat et non de la « chasteté ». La chasteté n’a jamais été officiellement inscrite dans les obligations du prêtre. Ce principe n'était de règle que dans les ordres monastiques cloîtrés. Ainsi les prêtres conservaient-ils leur droit d'avoir des concubines, mais n'avaient désormais plus le droit de les faire reconnaître comme épouse dans les registres paroissiaux. Ils pouvaient donc tranquillement avoir des rapports intimes, sachant que le produit éventuel de ces amours parallèles ne serait pas reconnu. Et ne pourrait plus en aucune façon hériter de la charge paternelle...

Bien plus tard, et pour freiner le nombre croissant d’enfants « illégitimes » que les bons pères parsemaient ici et là, les décrets tridentins (de Trente) érigèrent le sexe hors mariage au rang de péché mortel, au même titre que le meurtre. En effet, le droit canon divise les péchés des hommes en deux catégories : les véniels et les mortels. Les véniels sont ceux qui ne « tuent pas la Grâce Rédemptrice » et les mortels ceux qui « tuent » ladite Grâce. Le célibat et la prétendue chasteté des prêtres se trouvèrent ainsi fortement ancrés dans l’Église Catholique.

Cela ne serait pas si grave si une telle décision n'avait pour conséquence de rendre infernale la vie de prêtres très pieux, mais un peu faibles sur le plan de la « chair ». Démission, sexualité refoulée, secrets honteux, enfant dissimulé, homosexualité et pédophilie. Voici le prix imposé par le Vatican à ses serviteurs. Il n’y a pas longtemps, en République centrafricaine, les évêques Paulin Pomodimo et François-Xavier Yombandjé ont dû déposer leur charge. Raison officieuse : le non-respect du célibat. En Zambie, l’abbé Luciano Anzanga Mbewe a été excommunié pour avoir établi une Église catholique où les prêtres peuvent se marier. Emmanuel Milingo, ex-archevêque de Lusaka, avait été excommunié par Rome en 2006 pour avoir ordonné quatre prêtres ayant épouse. A Rome, le cardinal Christoph Schönborn a présenté un appel de laïcs autrichiens contre l’obligation du célibat sacerdotal. La liste est non exhaustive.

Tout cela apparaît comme un fort désarroi au plus haut niveau de l’Église Catholique. Laquelle, face à cette volonté réelle et manifeste des prêtres de ne plus être obligés d’observer le célibat ne brandi pour l’instant que le fouet de la discipline. Or le célibat des prêtres pose un problème grave, non pas tant pour les prêtres eux-mêmes, mais pour toutes ces femmes qui vivent dans l'ombre un amour culpabilisant.

Si le célibat des prêtres a été introduit à un certain moment dans l’Église, pourquoi veut-on nous faire accepter qu’il soit impossible de le briser ? Pourquoi Dieu doit-il changer d’avis au cours des siècles ? Où commence et où s’arrête la volonté de Dieu, et où commence celle de l’homme ? Quand donc les papes accepteront-ils de dissocier ce qui est de Dieu et ce qui est des hommes ? Pourquoi l'Église Catholique exige-t-elle des prêtres une continence absolue qui s’avère destructrice ? Le prêtre n'est-il pas un homme avant tout, avec des envies et des désirs d'homme ? Pourquoi ne devrait-il pas avoir droit lui aussi à l’amour ? Pourquoi serait-il privé de tendresse, d'enfants ? Car si les hommes sont dupes, Dieu ne l’est pas. Et c’est un secret de polichinelle. Le célibat et la chasteté des prêtres sont une énorme hypocrisie, pire, une scandaleuse escroquerie morale et spirituelle... Parce qu’au nom de quel Dieu les enfants qui naissent de ces unions cachées et non acceptées devraient-ils vivre toute leur vie ce supplice de Tantale ? Pourquoi devraient-ils porter toute leur vie le sceau pesant du secret, le sceau humiliant du silence, et aussi le lourd héritage des souffrances de leur mère ? Alors, prêtres, si vous avez des enfants, par pitié assumez votre paternité !

Serge Grah




En attendant Godot

Publié le 25/08/2009 à 11:04 par sergegrah
En attendant Godot
L'élection présidentielle va avoir lieu le 29 novembre prochain. C'est ce qui est dit. Et à entendre et à voir le roulement des tambours médiatiques des différents états-majors politiques, on peut croire que ce qui est dit va être dit. Finalement. On assiste donc à une campagne de séduction. Pendant ce temps, le peuple, lui, gémit de son trop-plein de misère. Il ne sait plus à quel saint se vouer. Mais, comme on lui demande d'attendre et de patienter, alors il attend. Qui ? Quoi ? La fin de sa souffrance ? La mort ou un Dieu dont il espère le salut ? En tout cas, il attend certainement qu'un démiurge pense vraiment à lui et veuille bien le sortir de cette ornière. Enfin. En attendant, le système s'écroule sous son regard indifférent et lui laisse toutes ses nuisances.

Cette attente absurde du peuple me fait penser à celle de Vladimir et d'Estragon, les deux clochards de Samuel Beckett, qui attendaient Godot. De même, le peuple attend. Non pas le jour où il sera enfin libre, le jour où il pourra enfin manger à sa faim, se soigner, se loger convenablement, mais la venue d'un Messie. Pendant ce temps, les hommes politiques, eux, s'agitent et courent dans tous les sens. Offrant un spectacle ennuyeux et vide, mais qui fait quand même passer le temps. Jour après jour. Année après année.

On en arrive alors à se demander ce que représente réellement une élection pour le peuple. Qu'est-ce qu'il y gagne concrètement ? En effet, c'est quoi une élection quand le peuple voit mourir au quotidien tous ses espoirs ? C'est quoi une élection, en définitive, quand les jeunes, désespérés, se laissent conduire à la mort ? Dans une telle angoisse, l'éducation, la nourriture, le travail, la santé, le social, la sécurité… deviennent pour le peuple des priorités d'un ordre bien plus prioritaire qu'une élection. Parce qu'une fois le scrutin passé, tous ces courtisans vont s'en retourner à leurs occupations. Renvoyant aux calendes grecques toutes leurs promesses. Les licenciements vont se poursuivre. Les prix sur les marchés vont continuer de flamber… Et, ils vont commencer à préparer les échéances électorales à venir en expliquant que le peuple est souverain. Et que c'est ça la démocratie. Le pouvoir est au peuple. Que ce qui importe, surtout, c'est d'attendre. Alors, le peuple attend en se donnant l'impression d'exister. En s'exténuant pour gagner sa croûte. Parce que, de toute façon, qu'est-ce qu'il y a à espérer… avec ou sans Godot ?

Les prétendants au trône suprême y vont donc de leurs plus beaux discours et de leurs promesses électoralistes : transformer notre vie en Paradis, le temps d'une campagne électorale. Tout le monde se fait donc poli, docile et candide. Mêmes les loups, pour la circonstance, se couvrent de la peau de l'agneau. Si l'habit ne fait pas le moine, il permet quand même d'entrer dans le monastère. L'enjeu du jeu en vaut vraiment la chandelle. Permettre à la petite bourgeoisie artificielle de continuer de manger. Et partout, on mange. On mange même plus que de raison. On mange indécemment. Du coup, on a dû mal à parler. On ne peut pas manger et parler en même temps. C'est vrai. Seulement, il y a quelques esprits chagrins qui s'efforcent à regarder dans la bouche de ceux qu'on n’entend plus parler, parce qu’occupés à manger. « On ne regarde pas dans la bouche de celui qui grille des arachides », avait prévenu le sage. Sagement d'ailleurs.

Mais en attendant… Quelle vie ! Une vie rythmée par le spectacle piteux d'un pays qui vogue à-vau-l'eau. Et un peuple en proie aux affres de toutes sortes. Un peuple livré à l'effronterie des blakoros. Le décor est mortifiant et effrayant. Hallucinant et révoltant. La vie a été tout simplement abandonnée au « tout marchand du tout profit » porteur de mort et de désolation. Finalement, à l'analyse, cette crise n'a été que la conséquence d'une commutation des valeurs, au fil d'une déliquescence incontrôlée de l'éthique. Parce que dans notre pays, le vice a fini par se suppléer à la vertu, dans une indifférence totale et dans la plus nauséeuse des désinvoltures.

Ainsi la principale préoccupation de nos chers — comprenez coûteux — hommes politiques est-elle d'un autre ordre. Garder le pouvoir pour ceux qui le détiennent… Et pour les autres, être les prochains locateurs du Palais. C'est devenu classique tout ça. C'est si beau de se partager un pays entre petits copains : « Un coup c'est toi, un coup c'est moi. Mais de toute façon, c'est nous ! » Ils se battent, en fait, pour le beurre, l'argent du beurre et, très certainement, pour les fesses de la crémière. Et le peuple dans tout ça ? Eh bien, il doit patienter. Continuer d'attendre. Il n'a rien à faire d'autre qu'attendre.

Ah, ce peuple ! Au lieu de rester là à attendre, il pourrait quand même relever un peu la tête et se tenir debout… Car comme le dit si bien Étienne de La Béotie dans Discours de la servitude volontaire ou Contr'un, « Si ils sont grands, c'est que nous sommes à genoux ! »

Le peuple doit, cependant, se méfier aussi de ses propres idéologies. Trop souvent défaitistes, victimaires et suicidaires. Sinon comment peut-il briser cette exténuante attente s'il continue, par exemple, d'être profondément engagé dans la lutte contre ses meilleurs ? Dès que vous essayez de briller, vous avez toutes sortes d'ennuis et d'ennemis. Même dans les milieux dits d'intellectuels, c'est une insulte que de faire honneur à quelqu'un qui a mieux réfléchi. Dans nos villages, les sorciers ne tuent jamais les cancres. Leurs victimes sont toujours les meilleurs éléments. Or, ce sont ceux-là, propulseurs de progrès, qui peuvent mettre un terme à cette vaine attente... Créateurs, à vos plumes et pinceaux ! Délégitimez le pouvoir de l'argent et de l'apparence factice. Donnez force aux valeurs et levez l'autocensure. Débarrassez-nous du modèle destructeur de l'argent facile et rapide. Pour revenir à celui du travail créateur, de la saine compétition, du civisme, de la morale, etc., qui est le seul sur lequel le peuple peut se construire et se bâtir un meilleur avenir.

Il y a au sein de ce peuple éburnéen des hommes de probité capables de susciter de grandes vocations. Sortir des chemins balisés : « Mange, danse, vibre et… tais-toi ! » Une fatalité à laquelle, dit-on, le peuple ne peut se soustraire ! Il est condamné à survivre.

En attendant Godot, il faut que le peuple s'arrache les paupières, pareil à Zakwato, pour rester éveillé. Pour voir, ne serait-ce qu'arriver Godot. Et surtout, garder à l'esprit que ces idéologies publicitaires dont on l’abreuve n'ont pour seul objet que de l'inciter à vivre sans réfléchir. Le noyer dans une profusion de divertissements insipides et stupides, de vibrations hystériques. Le tout, pour qu’il ne se satisfasse que des appétits de ses instincts et de ses besoins artificiellement créés. Le peuple ainsi paralysé a fini par perdre tout sens du jugement et du discernement. Toute capacité à la critique qui, seule, peut susciter des changements porteurs de progrès.

Toute l'absurdité de notre vie est là. Ne riez pas devant cette condition du peuple : rêver l'espoir… Il faut bien qu'il l'attende, ce Godot. Sait-on jamais, le miracle pourrait-il se produire après ce fameux 29 novembre. Afin que Godot arrive effectivement et que quelque chose se passe enfin dans la vie de ce brave peuple… Mais En attendant Godot, il vaut mieux renoncer au bonheur pour vivre heureux.

Serge Grah

Le Vatican envisage de reconnaître les enfants de prêtres

Publié le 14/08/2009 à 17:25 par sergegrah
Le Vatican envisage de reconnaître les enfants de prêtres
Le Pape Benoit XVI

Ne plus vivre la condition d'enfant illégitime de prêtre dans la honte, mais au vu et au su de l'opinion publique. Avec patronyme et droit à l'héritage. Le Vatican compte régulariser ses prêtres concubins et leurs enfants. La nouvelle n'est pas un canular d'été, ni un revirement subit sur le célibat des prêtres. Il s'agit tout bonnement d'une défense préventive de la part du Saint-Siège.

Avec la banalisation des tests ADN, l'Eglise n'est pas tranquille. Une multitude d'actions en justice pour reconnaissance de paternité venues d'Amérique latine ou de pays européens comme l'Autriche, terres de prêtres concubins notoires, pourrait lui tomber dessus. D'où l'échappatoire de reconnaître les faits. Sauf que, pour l'héritage, les biens personnels des prêtres seraient clairement distingués de ceux liés à leur fonction, qui, eux, resteraient, quoiqu'il arrive, propriété de l'Eglise.

CATASTROPHE FINANCIÈRE

Elle éviterait ainsi de se retrouver dans la même situation qu'aux Etats-Unis, où les procès pour abus sexuels de prêtres ont été une catastrophe financière pour les diocèses. La question aurait été étudiée, ces dernières semaines, à la congrégation pour le clergé dirigée par le cardinal brésilien Claudio Hummes.

La nouvelle, parue dans La Stampa, quotidien généralement bien informé sur ce qui se passe derrière les colonnades de Saint-Pierre, a été démentie par le porte-parole du Vatican. L'article, illustré par une photo du père Ralph, de la série télévisée "Les oiseaux se cachent pour mourir", symbole de ces passions en soutane, a probablement eu le tort de dévoiler ce qui devait encore rester secret.

Mais, tôt au tard, c'est cette solution qui va s'imposer selon Giancarlo Zizola, un expert des choses vaticanes, qui rappelle qu'"aussi bien le cardinal Ratzinger (le futur pape Benoît XVI) que le cardinal Hummes, se sont déjà exprimés en ce sens". Quant à l'auteur du scoop, Giacomo Galeazzi, il reconnaît juste une erreur de timing. L'expert sollicité par le Vatican pour donner son avis, Giovanni Franzoni, père conciliaire, ex-abbé bénédictin de la basilique romaine de Saint-Paul, "a parlé trop tôt".

La question est difficile à régler, et le terrain miné par les décisions du passé. "C'est une solution alambiquée. Juste envers les enfants, moins pour les épouses, qui auront peu de droits. Mais ce qui ne va pas, ce sont ces prêtres qui vont pouvoir continuer à exercer leur ministère alors, qu'ils ont sciemment menti à ces épouses et à ces enfants", lâche Gianni Gennari. Ce théologien et homme d'église s'est marié en 1984, après avoir été "dispensé" de sa fonction de prêtre. Ce qu'il faudrait, dit-il, c'est un peu plus de courage sur le modèle des prêtres mariés de rite oriental. Mais l'église romaine n'est pas à la veille de faire tomber le tabou.

S. A.(Rome, correspondance)
In Le Monde 10 août 2009

Mea culpa : Itinéraire d'un journaliste corrompu

Publié le 10/07/2009 à 16:29 par sergegrah
Mea culpa : Itinéraire d'un journaliste corrompu
Ça n'a pas été facile pour moi de l'avouer et de l'exposer sous l'Art à palabres. Moi, journaliste, censeur devant l'Eternel… Vous savez, quand vous n'avez pas de réelles responsabilités, vous croyez avoir toutes les réponses à tous les problèmes. Vous croyez détenir toutes les vérités. En tout cas, moi, je suis journaliste, citoyen exceptionnel. C'est moi qui distribue les bons et les mauvais points. Ma voix retentit en écho au quotidien et fait trembler les lois qui nous gouvernent. Je suis un pouvoir: le quatrième en son genre. Mais, comme dit le proverbe : Quand on veut grimper aux arbres, il vaut mieux avoir son cul propre. Sous mes airs de probe, je cache une âme souillée… Je suis corrompu ; oui, perverti jusqu'à la moelle. Vous l'avez bien compris. Et je suis peut-être le pire de tous ; parce que les effets de ma corruption sont plus dangereux, plus dévastateurs. Car ma corruption est plus insidieuse et plus vicieuse, puisqu'elle agit directement sur la conscience. Et pour faire diversion, ma plume a vite fait d'épuiser le débat. Point final. Les corrompus sont tout trouvés : les autres, notamment les corps à billets. Les pauvres poulets ! Il faut toujours qu'on les sacrifie, à la moindre occasion. Non, mais ça suffit ! Aujourd'hui, le miroir me renvoie ma propre image. Mon Dieu, quelle hideur !

Maintenant, il me faut le dire, tout net. Sans fioritures : MEA CULPA ! Ma gorge aux relents fétides a pendant longtemps empuanti ma plume et la société tout entière. Coincé entre des pressions complexes et subtiles, face auxquelles je n'étais pas suffisamment armé pour résister. Comment alors revendiquer une indépendance ? Comment rester objectif et impartial, quand ces pressions me poussent chaque jour à de graves manquements. Je vivais désormais accroché à des tiers, extorquant çà et là le prix de mon silence ou de mes éloges.

Pourtant, quand je commençais ma jeune carrière, il y a à peu près une décennie, j'étais tout plein d'ambitions, plein de rêves, avec des modèles de haut vol. Ceux-là, oui, c'étaient de vrais journalistes. Ils ont imposé respect, par l'immensité de leur culture… Je faisais donc mes armes dans un magazine dit culturel. Abusivement et pompeusement. J'étais entouré d'anciens gratte-papiers qui n'hésitaient pas à exhiber fièrement leur butin du printemps de la presse. Et c'est comme ça que je fus dérouté. Jugez-en vous-mêmes. A la demande de mon chef, j'ai rédigé une série d'articles sur une exposition d'œuvres d'art. L'expo se tenait au siège d'une grande banque de la place. A la fin, mon chef, manifestement satisfait, me fit cadeau d'un petit billet. Grand geste de gentillesse. N'allez pas croire autre chose. Incapable de rendre la sonorité des œuvres exposées, je me suis évertué à pondre de grossiers publi-reportages. J'appris, bien après, que notre Red'chef était en train de négocier un gros emprunt auprès de ladite banque, ce qui expliquait cela. Pauvre de moi !

Initié à la pratique, j'en fis ma principale activité, un petit commerce honteux mais juteux : articles alimentaires, règlements de comptes, flagorneries, chantages, etc. En bon élève, j'essayai de reproduire le schéma. Mon énergie éthique est littéralement tombée. Devenu vulnérable aux espèces sonnantes, mon potentiel critique s'est effondré. En effet, pour neutraliser un journaliste, la corruption est plus efficace que la censure. Là où la menace stimule le courage, la corruption anéantie toutes les forces. Elle paralyse l'esprit. Mais en fait, quelqu'un lancerait-il le premier la première pierre ? On entend même dire que si l'on poursuivait les gens pour corruption, pas un seul Ivoirien ne serait en liberté.

Inexorablement, j'ai ainsi conduit mon esprit vers une mort certaine : une neogonie, comme dirait l'autre. Sur des sujets d'intérêt national, et pour des raisons inavouées, je fournissais des témoignages partiels et partiaux. Si l'on soumettait au verdict de l'équité toutes les campagnes de presse auxquelles j'ai participé, bon nombre seraient injustifiées, tant elles imprégnaient les informations d'un parti pris flagrant ; l'intérêt du public au nom duquel on menait ces campagnes se confondant généralement avec de gros intérêts.

Naturellement, dans une société où l'immoral a pris la place de la morale, où l'anormal s'est substitué au normal, il est facile de ne pas être un héros. Surtout que, moi, j'avais une bonne excuse. Mes conditions déplorables de travail. Et pire, j'étais payé au lance-pierre. Qu'y a-t-il de plus dégradant ? A partir de là, j'étais devenu un journaliste gombo. Je choisissais les reportages non pas à la pertinence du sujet mais au poids de l'enveloppe. Le fameux perdiem, codifié, inscrit dans les mœurs et dans les registres. Pas de perdiems, pas de papiers. Et bien souvent, j'empochais le diem et je n'écrivais pas l'article. Oh, mais ce n'est pas trop grave ; ce n'était pas ça l'essentiel. A la Tour bleue, le schéma est presque identique. Avec un argumentaire des plus ahurissants : On doit gagner plus parce que nous on a le son et l'image en même temps. S'ils sont d'humeur professionnelle ce jour, ils arriveront en milieu de cérémonie et, avec un peu de chance, une caméra en main. Et le chauffeur a fini, lui aussi (qui est fou ?), par exiger sa part de diem. N'est-ce pas qu'ils forment une équipe… de reportage ?

Une anecdote pour terminer, une histoire presque vraie qui a achevé de me convaincre sur l'une des plaies dont souffre notre presse, une histoire dont les conséquences auraient pu être dramatiques… pour la population. Une amie à moi, consommatrice invétérée de friandises, découvre un cafard (un vrai) dans un sachet de jus de fuit industriel vendu à la sauvette dans Abidjan. Le fabriquant est une grande entreprise sise à Yopougon. L'émotion et la colère passées, mon amie juge nécessaire de prévenir la presse qui - sait-on jamais - estimera utile d'avertir ses lecteurs-consommateurs. Elle porte donc les faits à son ami journaliste que je suis. Pour une fois, je tenais un bon sujet. J'en informe mon chef chargé des faits divers. Il considère l'affaire d'importance. Il est lui-même consommateur, et sa famille aussi. Mon chef, à son tour, informe un chef au-dessus de lui. Comprenez ! Les rédactions sont très hiérarchisées. Cet un peu-plus-que-chef trouve le sujet intéressant. Il pense déjà au gros titre à la Une : Un cafard dans un… Il jubile : Demain, on va vendre, mon petit.

Vient le moment rituel de la journée où tous les sous-chefs de quelque chose (Vous ne le savez peut-être pas, mais les rédactions sont aussi de véritables armées mexicaines) viennent défendre ce qu'ils ont sous la dent et où un chef, un peu plus-chef-que-les-autres, décide de ce qui est d'importance et de ce qui ne l'est pas pour le journal du lendemain. Le sous-chef chargé des faits divers est content. Il est sûr d'avoir le meilleur papier du jour, un papier qui vaut dix fois la Une. Mais le plus-chef-que-les-autres n'est pas de cet avis. A la surprise générale. Il estime même qu'il ne faut rien publier sur le sujet. Rien du tout. Ni à la Une ni ailleurs. Nada ! Ce n'est pas notre rôle de créer la panique, s'était-il justifié. Un sous-chef courageux et, quand même, ambitieux, choqué par une telle décision, va cafter l'affaire au sur-chef-au-dessus du plus-chef-que-les-autres. L'ambitieux sous-chef revient avec une mine de deuil. Il n'y aura pas une seule ligne sur ce fait divers. Affaire classée. C'était vraiment à s'étrangler de rage. Mais, c'est cela le côté presqu'invisible de l'iceberg.

La fin de cette triste histoire a montré que notre plus-chef-que-les-autres et son sur-chef étaient, en prime de leur boulot officiel, les rédacteurs attitrés et appointés du bulletin de liaison de la grande entreprise en question. Et grassement payés. N'est-ce pas qu'ils méritaient bien leur salaire ?

Le plus-chef-que-les-autres et son sur-chef sont toujours dans la presse. Ils sont même montés en grade depuis. D'ici, je vois la tête qu'ils vont faire en revisitant ce souvenir… Quant à moi, j'ai fini par quitter le milieu… Avec des regrets, certes. Mais rassurez-vous, je ne me suis jamais porté aussi bien que maintenant.

A très bientôt !

Par Serge Grah
In Point de lecture n° 3 de juillet 2009

Ciné Droit Libre

Publié le 07/07/2009 à 14:08 par sergegrah
Ciné Droit Libre
Jamais les droits de l’homme n’ont été autant bafoués en Côte d’Ivoire aussi bien au Nord qu’au Sud, depuis la crise de 2002. L’incendie des journaux proches de l’opposition, les tortures, les actes de vandalisme, la destruction des biens des personnes, la spoliation de leurs objets de valeur, argent, bijoux ont été commis en toute impunité. Il est donc temps de tirer sur la sonnette d’alarme et d’éveiller les consciences sur ces dérives au moment où se profile l’après-guerre. Nous voulons farouchement militer pour le respect des droits humains, qui hélas ont été largement bafoués durant ces sept dernières années. Et le cinéma engagé apparaît comme l’un des moyens les mieux indiqués pour atteindre cet objectif. Ciné Droit Libre est un espace qui a été créé à cet effet. En Côte d’Ivoire, l’association Ciné Connexion s’est alliée à Semfilms pour lancer, avec le soutien précieux du Goethe Institut Côte d’Ivoire, en juillet 2008 à Abidjan le concept de « Ciné Droit Libre », festival atypique exclusivement consacré aux films sur les droits humains et la liberté de la presse.

Au plan continental, il y a de plus en plus d’initiatives venant des mouvements associatifs pour organiser des festivals, notamment au Niger, au Bénin, au Sénégal, en Afrique du Sud. À travers Ciné Droit Libre, la Côte d’Ivoire a rejoint depuis un an maintenant le cercle de plus en plus large des pays qui consacrent un espace d’expression à ce type de cinéma.

I- PRESENTATION DU FESTIVAL « CINE DROIT LIBRE »

« Ciné Droit Libre » est un festival autour de films engagés pour la cause des droits de l’homme et de la liberté d’expression. Pendant quatre soirées successives, dans des lieux assez bien connus les films seront projetés en présence d’un réalisateur, d’un journaliste ou d’un militant des droits de l’homme, invités à l’occasion, pour débattre avec les cinéphiles.

« Ciné Droit Libre » s’est fixé comme objectif de donner une plateforme aux cinéastes et journalistes du monde entier dont les œuvres (des films portant sur les droits humains et la liberté de la presse) sont censurées ou ont eu des difficultés de diffusion. Une série de films sera sélectionnée à travers le monde pour être programmée à cette occasion. Un intérêt particulier sera porté sur l’Afrique. Plusieurs invités de marque sont prévus pour animer les projections-débats. « Ciné Droit Libre » est le cinéma qui va droit au but sur les questions liées aux droits humains et à la liberté d’expression, c’est également un cinéma qui se veut libre d’expression et d’accès. Après une première expérience réussie l’an dernier, le festival sera cette année, du 9 au 12 juillet, à Abidjan principalement au Goethe Institut et à l’Université de Cocody à sa deuxième édition.

OBJECTIF PRINCIPAL :

Inciter à l’action par la diffusion des films engagés. Le festival vise comme principal objectif à mettre le cinéma au service des droits humains et de la liberté de la presse. Pour que le monde tourne plus droit, il faut que les défenseurs et les victimes des droits de l’homme montrent le vrai visage de leurs bourreaux. Les films sont un des multiples moyens pour le faire.

OBJECTIFS SPECIFIQUES :

Diffuser des films documentaires et fiction réalisés sur les thèmes des droits humains et la liberté de la presse ; Exposer et dénoncer à travers les films les atteintes ou violations des droits fondamentaux (vivre, s’exprimer, s’informer, filmer, diffuser ses idées) ; Inciter les citoyens et les militants des droits humains et des libertés d’expression à l’action.

Parrain : Tiken Jah Fakoly
Cette année, la reggae star Tiken Jah Fakoly a accepté d’être le parrain du festival. Artiste engagé, il a décidé d’apporter sa caution morale au festival parce qu’il poursuit le même idéal que lui : à savoir la quête d’un monde plus droit, un monde plus juste. Ciné Droit Libre 2009 accueille également un artiste réputé au Burkina Faso pour son engagement et la pertinence de ses textes qui dénoncent les tares de la société. Il s’agit de Smockey, auteur d’un titre sur Thomas Sankara (ex-président du Burkina Faso assassiné en 1987), censuré dans ce pays.

II- ACTIVITES DU FESTIVAL

L’atelier de formation

Articulé autour du thème, « Le film documentaire, les techniques pour l’écrire et pour le réaliser », cet atelier se déroulera au Goethe Institut le jeudi 9 et le vendredi 10juillet. Il s’agira, pour les participants, de se familiariser aux techniques d’écriture et de réalisation du film documentaire.

Formateur : Akaffou Bertin, scénariste et producteur des médias, formateur en écriture filmique. Actuellement chef de la cellule de la valorisation des productions à la Radiodiffusion télévision ivoirienne, il a écrit les scénarii de plusieurs films dont « Ablakon », « Au nom du Christ » ( Etalon de Yennenga en 93 au Fespaco), « Les trois bracelets », « Adanggaman », tous de Roger Gnoan M’Bala, « Sida dans la cité 3 » et bien d’autres.

Le forum

Thème : Afrique, quelles images pour construire l’avenir

Panélistes :
-Kébé Yacouba, Président du Conseil exécutif du Fonds de soutien au développement de la presse
-Alain Drouho, Président d’Amnesty International Section Côte d’Ivoire
-Bocar Sy, Réalisateur et cadre au Tribunal Pénal International d’Arusha(Tanzanie)
Lieu : Goethe Institut Côte d’Ivoire

A travers ce thème, ces trois éminents intellectuels jetteront un regard croisé sur le futur du Continent africain, en analysant comment le cinéma, les médias, les images et les droits de l’homme peuvent contribuer à l’émergence d’une Afrique plus forte et plus droite.

Modérateur : Souleymane Oulaï( Animateur sur Fréquence 2)

Les Projections de films

Le festival mettra en lumière, à travers des soirées thématiques, une dizaine de films qui dénoncent les violations graves des droits humains. Il suscitera, à travers les débats qui suivront les projections, la réflexion sur ces manquements qui nous interpellent.

PROGRAMME

Jeudi 09 juillet (Institut Goethe)

- 9h – 14h : Atelier de formation sur le documentaire (la formation sera assurée par Akaffou Bertin )
- 15h – 17h : Préparatifs
- 18h30: cérémonie d’ouverture

Soirée d’ouverture : démocratie et guerre (animé par Oulaï Souleymane)
- 19h30: « Armes, trafic et raison d’Etat » de David André et Paul Moreira (France //2008//93mn) suivi de débats.
- 21h00 cocktail

Vendredi 10 juillet (Université de Cocody)

- 09h00 : « Barcelone ou la mort » de Idrissa Guiro (Sénégal//2007//51 mn) suivi de débats.
- 11h00: « Et si Latif avait raison » de Joseph Gaye Ramaka ( Sénégal-France), 2005, 52 mn…
- 15h00 : « Please vote for me » de Weijun Chen (Chine, 2007), Les chinois expérimentent la démocratie dans une école primaire
- 17h00: « Combattre le silence » de Femke van Velzen (Pays-Bas, 53 mn)

Vendredi 10 juillet (Institut Goethe): ressources nationales et conflits (animé par Abdoulaye Diallo)

- 9h – 14h : Atelier de formation suite et fin
- 15h00: « Niger, la bataille de l’uranium » de Nahan Siby, Frédérique Denis, Stéphane Manier (France// 2009//50 mn)
- 16h00: « Pain, Pétrole et corruption », de Remy Burkel, Denis Poncet (France//2009//90 mn)

Soirée Liberté d’expression
- 18h00: « An independant mind» Rex Bloomstein (United Kingdom//2008//89 mn)
Français, Anglais»
- 20h00 : « Bloody Cartoons » de Karsten Kjaer (Danemark, 2007, 55mn)
- 21h00: “Onde de choc” 55mn

Samedi 11 juillet (Institut Goethe)

- 9h – 12h : Forum du festival sous le thème :
« Afrique : quelles images pour construire l´avenir ? »
animé par plusieurs orateurs.

Spécial - Films africains et allemands
- 15h00 : "La Femme porte l'Afrique" (Idriss Diabaté, 55mn)
- 16h00: "Plus fort que la peur (Allemagne / 56mn)
- 17h00 : Ceux de la colline de Berni Goldblat ( Burkina Faso / 2009 / ~ une heure)

La justice internationale et l’impunité
- 18h30 Georges Ruggiu / Sénégal / Bocar Sy / 52mn)
- 19h30 La Liste de Carla ( Suisse / une heure)
- 21h00 « Le moment de vérité » de Pamela Yates, (France/RDC/2008//95mn) Français/anglais

Samedi 11 juillet (Université de Cocody)

- 15h00: «Manipulations sous haute tension» de Jean-Paul Billault, Emmanuel Razavi et Jean-Pierre Canet (France//2009// 90 mn)
- 17h00: « Une journée dans la vie de Marie-Madeleine. » de Serge Bilé (RCI, 52 mn)
- 18h30: « Armes, trafic et raison d’Etat » de David André et Paul Moreira (France //2008//93mn)
- 20h30 : « Niger, la bataille de l’uranium » de Nahan Siby, Frédérique Denis, Stéphane Manier (France// 2009//50 mn)
-
Dimanche 12 juillet (Goethe Institut) : spéciale vie chère et mondialisation

- 15h00: « An independant mind» Rex Bloomstein (United Kingdom//2008//89 mn)
- Français, Anglais»
- 17h00 : « Faces » de JR & Marco (2007, Belgique 52mn)
- 18h30: « Behind the Rainbow » (Le pouvoir détruit-il le rêve ?)" de Jihan El-Tahri
- 20h00: « Redacted » de Brian De Palma ( USA//2007//90mn)

Synopsis des films

« Armes, trafic et raison d’Etat » de David André et Paul Moreira (France, 2008, 93mn)

Cet excellent film est une analyse sérieuse de la mondialisation du commerce des armes légères et de sa déréglementation. Tout en s'entourant de grandes garanties de véracité des informations, les deux réalisateurs ont suivi deux associations, Amnesty International et l'Oxfam, qui militent contre ces ventes d'armes

«Manipulations sous haute tension» de Jean-Paul Billault, Emmanuel Razavi et Jean-Pierre Canet ( France//2009// 90 mn)

La Côte d’Ivoire ira-t-elle aux élections en novembre 2009 ? Les vieux démons sont-ils domptés enfin ? Ce documentaire exclusif, est le résultat de plus d'un an d'enquête digne du meilleur des romans d'espionnage. Manipulations, mensonges, secrets, personnages à la réputation sulfureuse : tous les ingrédients d'un bon film... si ce n'est qu'il s'agit bel et bien d'une triste et dure réalité. Ce film revient sur une de ces nombreuses affaires de coup d’Etat. Abidjan, le 27 décembre 2007 au soir. Un journaliste français est arrêté non loin de la Télévision ivoirienne. Son nom : Jean-Paul Ney. Il est accusé d'avoir participé à une tentative de coup d'Etat préparée par des mercenaires français depuis Paris. L'affaire, qui fait ressurgir les vieux démons de la Françafrique, embarrasse l'Elysée. D'autant plus que les relations franco-ivoiriennes se normalisent enfin après des années de tension.

« Barcelone ou la mort » de Idrissa Guiro (Sénégal, 2007, 51 mn)

D'une banlieue de Dakar partent vers l’Europe de fragiles bateaux, dont les passagers risquent de disparaître sous les eaux de l’Atlantique. La pêche locale est en faillite, le pays peine à offrir un avenir à ses jeunes. Dans chaque famille, quelqu’un rêve de partir, à tout prix.

« Combattre le silence » de Femke van Velzen (Pays-Bas, 53 mn)

Durant les 7 années de guerre en République démocratique du Congo, plus de 80.000 femmes et des filles ont été violées. Ce film raconte l'histoire de femmes ordinaires et des hommes qui luttent pour changer la vision des membres de la société: celle là même qui préfère blâmer les victimes plutôt que de poursuivre les violeurs. Les soldats et les policiers partagent leurs idées sur les raisons pour lesquelles le viol continue de se développer au Congo malgré la guerre qui a officiellement pris fin il y a quatre ans. Quelles réponses nos sociétés modernes apportent à la nouvelle culture du viol comme arme de guerre ?

« Bloody Cartoons » de Karsten Kjaer (Danemark, 2007)

Ce film documentaire retrace les répercussions que les 12 caricatures danoises ont provoquées. Le réalisateur promène sa caméra au Liban, en Iran, en Syrie, au Qatar, en Cœur, en Turquie et au Danemark, donnant la parole à certaines des personnes qui ont joué un rôle clé pendant la crise des caricatures. Le débat : cette crise est révélateur d’un certains nombre de dilemme posé par le système démocratique contemporain : Que se passe-t-il quand un droit démocratique (liberté d’expression) porte atteinte aux droits d’autrui ? La démocratie elle-même est-elle façonnée par la religion ? Les religions sont-elles démocratiques ? Plus important encore, Dieu est-il démocratique ?

« Please vote for me » de Weijun Chen (Chine, 2007)

Dans le centre de la Chine, le directeur d’une école mène une expérience de la démocratie. Une classe de 3ème année à l’école primaire s’exerce avec les principes démocratiques par la tenue d’une élection pour sélectionner le délégué d’une classe. En Chine comme dans de nombreux pays, les votes font objet de manipulations. Comment peut-on éviter des élections truquées, manipulées, volées ? Quel rôle joue l’argent dans les principes démocratiques, la corruption est-elle fille de la démocratie ?

« An independant mind» Rex Bloomstein (Royaume Uni//2008//89 mn)

Les témoignages de certains protagonistes de ce film - un caricaturiste en Algérie, des comédiens birmans, un poète syrien ou celui du célèbre chanteur ivoirien engagé Tiken Jah Fakoly - soulignent par contraste la nécessité de la libre expression sur des problèmes curieux. La voix des sans voix

« Behind the Rainbow » (Le pouvoir détruit-il le rêve ?)" de Jihan El-Tahri (Egypte, 2008, 124mn)

Behind the Rainbow met en lumière la transition de l'ANC, le mouvement de libération et au parti du pouvoir de l'Afrique du Sud, à travers l'évolution des relations entre deux de ses plus grands cadres : Thabo Mbeki et Jacob Zuma. Ils furent en exil sous le régime de l'apartheid. Frères d'armes sous Mandela, ils ont travaillé loyalement à bâtir une nation non raciste. Aujourd'hui, ils sont de grands rivaux.

« Niger, la bataille de uranium » de Nahan Siby, Frédérique Denis, Stéphane Manier (France, 2009, 50 mn)

Au Niger, l’uranium est uniquement exploité par la société française Areva, fournissant ainsi 30 % des approvisionnements de la France. L’exploitation de la mine d’Areva à Arlit pollue. Si la population reste silencieuse, les touaregs ont pris les armes dans le nord du pays…

«Hissène Habré : la traque d’un dictateur » Florent Chevolleau (France//2009//52)

Documentaire enquête sur l’ancien dictateur Tchadien refugié au Sénégal. L'Afrique est-elle capable de juger certains de ses dirigeants accusés de « crimes contre l'humanité » ? Quel est l'enjeu principal de la traque contre l'ancien président du Tchad, Hissène Habré ? Le Sénégal, où l'ex-dictateur s'est réfugié après sa chute, en 1990, proclame sa volonté d'organiser le procès, mais multiplie les actes en sens contraire. Jusqu'à nommer comme ministre de la justice l'ancien avocat du « Pinochet africain ».

« Le moment de vérité » de Pamela Yates, (France/RDC/2008//95mn)

"Le moment de vérité" suit le juge d’instruction Luis Moreno, son adjointe Fatou Bensouda et l’avocate générale Christine Chung dans leurs enquêtes contre les leaders de l’Armée de Libération du Christ en Ouganda, contre des seigneurs de la guerre en République Démocratique du Congo ou lorsqu’ils lancent un mandat d’arrêt pour génocide, contre le président en exercice soudanais, Oumar El Béchir.

« Faces » de JR & Marco (2007, Belgique, 52mn)

JR, photographe et son ami Marco se sont demandé pourquoi ces deux peuples qui se ressemblent tellement n'arrivent pas à s'entendre. Ils ont choisi de ne pas répondre à cette question et de se concentrer sur la ressemblance, sur ce qui unit "ces frères jumeaux élevés dans des familles différentes." Ils ont donc photographié des anonymes de Jérusalem, de Gaza, d'Hébron ou de Tel-Aviv, puis ont montré leurs portraits côte à côte, de part et d'autre du mur de séparation pour les mettre face à cette réalité, à leur réalité: ils se ressemblent mais se font la guerre. Avec humour et décalage, ils ont convaincu 41 Israéliens et Palestiniens de faire une grimace pour la paix.

« Une journée dans la vie de Marie-Madeleine» de Serge Bilé (æRCI, 52 mn )

En complément de son livre “Et si Dieu n’aimait pas les Noirs: Enquête sur le racisme au Vatican”, Serge Bilé dévoile dans ce documentaire la vie et la sexualité dans les couvents, avec les témoignages croisés, recueillis en Italie, au Congo, en France, et en Martinique, de cinq ex-religieuses, qui s’expriment sans tabou.

« Redacted » de Brian De Palma (USA, 2007, 90mn)

Redacted s’appuie sur toute une variété de sources tirées d’un matériau existant – journaux intimes en vidéo, documentaires, images de vidéosurveillance, témoignages en ligne, sujets sur l’actualité – pour faire des observations sur le décalage extrême qui existe entre la surface d’une image d’une part et la réalité des idées et la vérité d’autre part, particulièrement en période de conflit. Redacted se concentre sur un petit groupe de soldats américains en garnison à un poste de contrôle en Irak. La succession de points de vue différents permet de confronter l’expérience de ces jeunes hommes sous pression, de journalistes et collaborateurs des médias avec celle de la communauté irakienne locale afin de faire la lumière sur les conséquences désastreuses que le conflit actuel et leur rencontre fortuite ont eues sur chacun d’eux.

« Pain, Pétrole et corruption », de Remy Burkel et Denis Poncet (France//2009//90 mn)

Janvier 2004, un quotidien irakien publie une liste de 270 personnalités et entreprises du monde entier ayant bénéficié des largesses du régime de Saddam Hussein pendant le programme humanitaire Pétrole contre Nourriture. Un programme mis en place par l’ONU en 1996 et destiné à soulager la population irakienne qui souffre terriblement de l’embargo. Cette fameuse liste met le feu aux poudres. Le scandale éclate, éclabousse l’ONU, des personnalités politiques et plus de 2 800 entreprises à travers le monde. Ce film retrace l’enquête menée par le réalisateur, Denis Poncet sur ce que la presse de l’époque a qualifié comme le plus gros scandale de tous les temps. Un scandale que le monde entier a très vite oublié.

« La liste de Carla » de Marcel Schüpbach ( 2006, Suisse, 52 mn)

Au cœur du Tribunal pénal international pour l’Ex-Yougoslavie, une femme se bat pour obtenir l’arrestation des derniers criminels de guerre encore en fuite. Ils s’appellent Ratko Mladic, Radovan Karadzic ou Ante Gotovina. Elle s’appelle Carla Del Ponte.

« Onde de choc » de Pierre Mignault (France,//2008//52)

En République démocratique du Congo, dans ce pays où les violations des droits humains sont parmi les plus répandues au monde, les journalistes de Radio Okapi dénoncent au péril de leur vie les pires exactions dont sont victimes les populations civiles. Sur fond de rébellion, dans des zones dangereuses, Ondes de choc suit les journalistes dans leurs enquêtes sur le terrain. Dans ce pays où le silence s’impose à la pointe du fusil, Ondes de choc est un témoignage sur l’émergence difficile de la liberté d’expression et de la démocratie dans un pays déchiré par les séquelles de la guerre

« Georges Ruggiu » de Thierry Leclerc-Bocar Sy (2009/ 52mn)

Il est le seul non Rwandais à avoir participé au génocide 1994 au Rwanda. Au début du génocide, Georges Ruggiu, qui deviendra Omar Ruggiu après sa conversion à l’islam lorsqu’il était en prison, est journaliste animateur à la Radio Télévision Libre des Mille Collines (RTLM). Sa rencontre fortuite avec le Président Juvénal Habyarimana son mentor va faire de lui un inconditionnel de la cause hutue : le Président le fait recruter à la RTLM. Dès l’annonce de la mort du Président dans le crash de l’avion qui le ramenait de Dar Es Salam, le sort des Tutsis et des Hutus modérés est scellé, le génocide le plus rapide et le horrible du vingtième siècle va démarrer. Georges Ruggiu y prend une part très active…


PERSONNES A CONTACTER :

Yacouba SANGARE : Président de Ciné Connexion RCI (Tél. : 00225 07 37 28 30)
EMail1: cineconnexion@aol.com / Email2: sangarey@gmail.com

Bationo Fortuné, Secrétaire général de Ciné Connexion
(00225) 07 59 25 76/ bationofor@yahoo.fr

Roger Soumahoro, Trésorier de Ciné Connexion
(00225) 05 31 33 03/rogeresss@yahoo.fr

« Brisons le cycle de la méfiance »

Publié le 22/06/2009 à 18:00 par sergegrah
« Brisons le cycle de la méfiance »
Tant que notre relation restera définie par nos différences, nous donnerons du pouvoir à ceux qui sèment la haine et non la paix et qui encouragent les conflits au lieu de la coopération qui peut amener les peuples vers la justice et la prospérité.

C'est ce cycle de la méfiance et de la discorde qui doit être brisé. Mais je suis convaincu que pour aller de l'avant, nous devons dire ouvertement entre nous ce que nous recelons dans notre cœur et que trop souvent nous n'exprimons qu'à huis clos. Nous devons consentir beaucoup d’effort à nous mettre à l'écoute et d'apprendre les uns des autres ; nous respecter mutuellement et rechercher toujours l'entente. Comme dit le Saint Coran : « Crains Dieu et dis toujours la vérité ».

C'est ce que je vais essayer de faire aujourd'hui, dire la vérité de mon mieux. Humble par la tâche qui nous attend et ferme dans ma conviction que les intérêts que nous partageons, parce que nous sommes des êtres humains, sont beaucoup plus puissants que les forces qui nous séparent.

Vivre ensemble dans le monde, voilà ce que cela signifie au vingt et unième siècle. C'est la responsabilité que nous avons les uns envers les autres en tant qu'êtres humains. C'est une responsabilité difficile à assumer. Car l'histoire de l'humanité est trop souvent le récit de nations et de tribus - et admettons-le de religions - qui s'asservissent en ne visant que leur seul intérêt. Mais dans cette ère nouvelle, une telle attitude est autodestructrice…

Extraits des propos du Président Barack Obama,
Université du Caire, Egypte, du 4 juin 2009

Où en est la solidarité africaine ?

Publié le 15/06/2009 à 19:04 par sergegrah
Cette question interpelle nos consciences. Car le fait que l'Afrique soit le berceau de l'humanité a renforcé cette idée maternelle et généreuse que les africains sont solidaires les des autres. Fort de cela, c’est très souvent qu’on entend clouer au pilori l'Occident et sa culture individualiste. L’occidental est méchant. L'africain, quant à lui, est dit-on guidé par une philosophie qu’on résume par : « quand y en a pour un, c'est que y en a pour tous ». Cette assertion est-elle une réalité ou seulement un mythe ? S’il est vrai que dans nos villages on peut encore retrouver l’idéal de solidarité, dans les zones urbaines africaines, c’est tout le contraire. Il suffit de regarder autour de nous. Les valeurs de solidarité aujourd’hui en Afrique ne sont ni plus ni moins qu’une idée vaine. Tant les inégalités sont énormes. La pauvreté s’est s’accentuée. L’indifférence est devenue quasi glaciale. Et on affiche indécemment sa désolidarité.

Ce qui fait qu’en dépouillant cette question de toute considération émotionnelle, on dévoile une réalité de la vie sociale moderne en Afrique qu’il faut analyser avec sérieux. Et se garder de toute méprise ! C’est à tort qu’on présente la solidarité comme une vertu africaine, quand l’individualisme est décrit comme un vice occidental. Si les occidentaux passent pour être des individualistes, c’est avant tout parce que leurs pays ont compris la nécessité d’organiser la chaîne de la solidarité à l’échelle nationale. Et ce, pour libérer leurs populations des soucis matériels de leurs parents et de leurs proches. Afin qu’ils travaillent à leur propre développement et à celui de leur pays.

Cette méthode de gouvernance des pays occidentaux amène leurs citoyens à se tourner vers l’Etat, organisateur de la solidarité, pour réclamer des aides dès qu’ils rencontrent une difficulté. On commet donc une lourde erreur à croire que cette tendance occidentale est synonyme d’absence de solidarité. Tous les travailleurs, à quelque niveau qu’ils soient contribuent, par leurs cotisations sociales, à la prise en charge des exclus et des fragiles de la société (chômeurs, malades, invalides, personnes âgées, etc.). Les populations le comprennent bien parce que nul n’est à l’abri de l’exclusion ou d’une période de fragilité. En plus de cette solidarité organisée à l’échelle nationale, il y a la promptitude des Occidentaux à venir en aide à d’autres pays et à leur peuple dès qu’une catastrophe survient. Les guerres, les famines, les inondations et les épidémies, etc. à travers le monde, offrent régulièrement l’occasion de prendre la mesure de la solidarité dont sont capables les Blancs. Ce qui est révélateur d’une culture de la solidarité qui n’a rien à envier à l’entraide telle qu’elle se pratique chez nous.

La solidarité africaine, du moins cette entraide s’exerce essentiellement dans le cadre de liens parentaux ou amicaux. Pire, c’est une connivence mortifère dont le mot d’ordre est : « A mort, ceux qui ne connaissent personne. » Nos gouvernants ne veulent pas apporter des réponses efficientes aux problèmes de la solidarité nationale. Etablissant ainsi un rapport de dominé et de dominant. Pour qu’on leur soit redevable. Même après la mort… Il y a aussi le fait qu’aussitôt nommés, les différents responsables de nos pouvoirs publics font l’objet de sollicitations diverses de la part de parents proches ou éloignés, vrais ou supposés. Dans un tel système, lorsqu’on n’a pas de lien de parenté permettant d’acquérir ou de sauvegarder quelque intérêt, on recourt à un réseau d’amitié de type très mafieux. Nous voilà de plain-pied dans la corruption. Cette énorme plaie qui gangrène notre société ! Sur le banc des accusés, les « corps à billets ». Excusez-moi du peu ! C’est comme l’histoire des oiseaux. Tous mangent du mil, mais il y en a un parmi qui s’appelle mange-mil. Le pauvre !

L’entraide sous nos tropiques, tente donc de suppléer les carences de l’Etat en matière de protection sociale. Plus on continuera d’ignorer cette réalité, plus la culture du « tout parent » ou du « tout ami » s’enracinera. Empêchant ainsi la libération indispensable des énergies individuelles en vue du développement du pays tout entier. Comment pourrait-on, en effet, investir et maîtriser notre maigre compte financier si on doit sans cesse répondre à des sollicitations diverses, aussi urgentes les unes que les autres ? Il est d’ailleurs significatif de constater que ceux parmi nous qui s’en sortent un peu, sont généralement critiqués pour leur supposée avarice ou méchanceté.

A la vérité donc, on se doit de reconnaître que les africains n’ont pas plus le monopole de la solidarité que les occidentaux n’ont celui de l’individualisme. Brandir la solidarité comme une vertu typiquement africaine, c’est refuser de voir la piteuse léthargie de nos Etats en matière de solidarité et de protection sociale.

Serge Grah






















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