Publié le 09/07/2007 à 12:00 par sergegrah
[COLOR=blue]L’UNJCI a célébré le 21 mai dernier la presse et ceux qui l’animent. C’était la 8ème du genre. Nous voudrions ici rendre un vibrant et retentissant hommage aux responsables de cette structure et aux lauréats du prix Ebony 2005. C’était vraiment mérité.
Mais après cette superbe soirée, que doit-on retenir de notre presse ? Peut-elle se débarrasser enfin de son lourd et encombrant manteau de haine ?
Tout ce que nous avons pu entendre au cours de cette soirée de l’excellence journalistique, ne sera-t-il finalement que vœux pieux ? Reviendrons-nous à la triste réalité quotidienne que nous servent les animateurs des différents organes de presse dont certains sont passés maître dans l’art de tout faire sauf du journalisme ?
Comment peut-il en être autrement quand on a pu entendre à la soirée Ebony que les animateurs de notre presse sont « des militants avant d’être des journalistes » ?
L’UNJCI dont le credo est « excellence et professionnalisme » réussira-t-il a extirpé de son milieu la corruption qui le gangrène et qui fait que les journalistes ne traduisent que la vérité de leur chapelle ?
Il ne faut pas se le cacher, le débat sur la corruption dans notre pays n’est pas épuisé. Il a seulement été escamoté. Détourné. Les corrompus étant déjà tout trouvés : les forces de l’ordre.
La corruption, on en parle. Et, on en reparlera toujours. Peut-être beaucoup plus aujourd’hui à cause de la crise multiforme qui sévit dans notre pays. Une crise tentaculaire avec ses mains carcérales de pieuvres qui n’épargnent aucun des centres vitaux de notre État et de notre Nation.
Force est de se l’avouer, la rengaine à propos de la corruption ne doit plus continuer d’être le racket. C'est vrai que les forces de l’ordre sont sur le banc des accusés. C’est d’autant plus vrai que des éléments parmi elles, ne manquent aucune occasion de plonger leur corporation dans l’opprobre de la malhonnêteté.
Combien de fois la presse n’a-t-elle pas dénoncé, décrié le racket de ces forces de l’ordre, cette forme outrancière et violente de la corruption ? Combien de fois la population n’a-t-elle pas été révoltée par ce comportement indigne de ceux qui sont sensés faire appliquer la loi et faire respecter l’ordre ?
Et pourtant, il existe sous nos yeux, au quotidien, une autre forme de corruption, celle-là plus dangereuse parce que plus subtile, plus insidieuse car agissant directement sur la conscience. C’est celle à laquelle s’adonnent les journalistes, et tout comme eux, les écrivains et les artistes. Tous ces faiseurs et autres constructeurs d’opinion dont les messages ont un impact évident sur nos populations.
A travers leurs textes, ils véhiculent de fausses idéologies pour manipuler du peuple et l’induire ainsi à l’erreur.
La presse dit-on est le 4ème pouvoir. Si tel est le cas, faut-il se demander, dans quelle dynamique s’inscrit-elle ? Au service de quoi est ce pouvoir ?
Les Ivoiriens aujourd’hui se posent légitimement ces questions et, se les posant, découvrent avec horreur le rôle néfaste que joue la presse dans la déchirure de notre Nation.
Il faut le dire tout net. Les pratiques du journalisme sont trop complexes pour que ses principes généraux puissent être directement opératoires. Ils entretiennent trop souvent des débats banalement académiques. Tout simplement parce que la vérité est une notion tout aussi opérante en matière de journalisme que la beauté peut l’être dans l’art.
Sur des sujets d’intérêt national, et pour des rasons inavouées, la presse fournit la plupart du temps, des témoignages partiels et partiaux sur la réalité qu’ils présentent. Et d’ailleurs, la liberté d’opinion, et donc la légitimité du prosélytisme qu’elle fonde, justifie à la fois la sélection subjective des nouvelles et la partialité des commentaires.
Coincé entre les diverses pressions complexes et subtiles, celles des sources de plus en plus insidieuses, celles des informateurs, celles du public et celles de patrons de presse, le journaliste peut-il revendiquer son autonomie ?
Ces pressions qui le poussent à des manquements ne sont-ils pas des indices d’une corruption ?
La corruption de la presse naît donc de l’abus du pouvoir des journalistes eux-mêmes et des patrons de presse. Cette perversion apparaît lorsque le journaliste tente de ne pas révéler son information pour accroître, par intimidation, son influence sur sa source. Il fait même payer son silence. Une autre forme de corruption tient à la soumission par sympathie, crainte ou vénalité, du journaliste à sa source. Cette tromperie sur l’origine et sur la nature de l’information diffusée, corrompt le journaliste.
Aussi, les journalistes ont de tout temps, exploités le goût des lecteurs pour les allusions coquines, les indiscrétions, les coups de gueule et les sensations, etc. Il n’est donc plus rare de les voir vivrent en parasite du show-biz, de certaines institutions ou même encore de politiciens. Extorquant çà et là le prix de leur silence complaisant ou de leurs éloges tarifés.
Si l’on soumettait au verdict de l’équité toutes les campagnes de presse dont s’est honorée la presse ces dernières années, bon nombre seraient injustifiées. Tant elles imprègnent les informations d’un esprit de partis pris flagrant. L’intérêt du public au nom duquel sont menées ces campagnes se confondant généralement avec de gros intérêts partisans.
La corruption de la presse par la vénalité a toujours été sa plus évidente perversion : elle prend en certaines périodes une ampleur suffisante pour être caractéristique de tout le système de l'information.
La presse ivoirienne a pendant longtemps produit de fausses idéologies pour pousser le peuple à occulter ses vrais choix. C’est pourquoi, il ne serait pas absurde d’avancer que l’inculture politique des Ivoiriens, si souvent constatée, tient moins à l’insuffisance de notre système d’éducation qu’à la désinformation systématique de notre presse. Pratiquant ainsi un journalisme de type démagogique, prostitué aux poches des politiciens. Sommes-nous donc condamnés à cette forme de journalisme ?
Il faut faire le triste constat que depuis le 19 septembre 2002 la violence des polémiques politiques a rabaissé les débats de presse à un niveau assez médiocre qui rappelle étrangement celui des années 90 dit « printemps de la presse ». Cette période de crise nous a amené à voir que les corrupteurs naturels de la presse, c’est-à-dire leurs sources, ont désormais appris à assurer la défense de leurs intérêts par des moyens moins grossiers que l’argent, plus subtils et finalement plus efficaces : la confusion idéologique.
Nos médias, aujourd’hui encore, - hélas ! - continuent de secréter les germes du fanatisme de la vérité absolue. Ils font dans des amalgames tellement grossiers qu’on ne peut s’empêcher d’avoir pitié pour nous-mêmes. Désormais, ils sont perdus dans le dédale idéologique de certaines chapelles. Ils le portent comme un fardeau irréfutable, indiscutable.
La situation de guerre et de partition que nous vivons a ouvert dans notre pays des plaies béantes que nous aurons du mal à panser et à cicatriser. Aussi, voudrions-nous voir la presse ne plus prêter aucune oreille attentive à ces politiciens et autres révolutionnaires pantouflards de salon qui l’utilisent comme bouclier pour parfaire leurs projets apocalyptiques.
La presse ivoirienne est, à l’évidence, mal armée pour résister aux pressions de ses sources. La déplorable faiblesse des services de documentation de la grande majorité de nos médias aggrave la naturelle dépendance des journalistes à l’égard de leurs sources. Notre presse est trop jeune, trop désirable, trop pauvre et trop sollicitée. Elle a donc trop d’occasion de succomber à la tentation de la corruption. Malheureusement.
Les systèmes de régulation et d’autorégulation des pratiques professionnelles du journalisme (OPELD, UNJICI, CNCA) voient la plupart du temps leur arbitrage échouer devant l’hostilité des patrons de presse, des journalistes et des gros intérêts politiques qu’ils défendent avec acharnement.
A l’analyse des faits, la lutte contre la corruption en générale, mais en particulier contre celle de la presse et de tous les constructeurs d’opinion, va s’avérer très complexe. Car culturelle, idéologique et sournoise.
Échaudés de tant d’errances, notre presse pourra-t-elle tirer les grandes leçons de notre récente histoire nationale ? Pourra-t-elle accompagner la réunification et l’organisation des élections ( ?) d’octobre 2005 ? Pourra-t-elle enfin semer les nouvelles graines des futures moissons abondantes pour la Côte d’Ivoire de demain ?
Car ce qui se joue aujourd’hui dans notre pays a des liens étroits, intimes avec notre propre avenir. L’avenir de nos enfants. L’avenir de notre Nation. Et, dans l’échafaudage de cette Côte d’Ivoire à venir, les journalistes ont la lourde charge de notre destin commun. Par conséquent, ils ont le devoir de vérité devant l’histoire. Aujourd’hui et demain.
Il faut donc, plus que jamais, dans la perspective de la reconstruction du tissu national, garder la main appuyée sur la sonnette d’alarme.
Tant que la presse Ivoirienne sera folklorisée et portera le lourd manteau de l’intolérance et de la haine, les plus beaux rêves de Paix, d’Unité se casseront la gueule dans la gadoue.
Que les journalistes aient une conscience plus claire de leur responsabilité vis-à-vis du peuple. Ceci, dans leur mission d’information et de formation. Les consciences meurtries et perturbées par tant de souffrance et de haine en sortiraient certainement guéries.
Et alors, il n'y aurait plus d'obstacles à la PAIX et à l'AMOUR de l'autre.
(In Le Courrier d’Abidjan du 26 mai 2005)
Publié le 09/07/2007 à 12:00 par sergegrah
Depuis la déclaration du Groupe International de Travail, à l'indignation et à la révolte se mêle une sourde inquiétude chez bon nombre d'Ivoiriens… En effet, selon la lecture de certains spécialistes de la question, cette déclaration équivaut à une mise sous tutelle de la Côte d'Ivoire et à la suspension de sa Constitution… Le GIT règne donc sur la Côte d'Ivoire au grand dam des Ivoiriens et surtout de tous ceux qui ont offert leur poitrine pour protéger l'indépendance totale de notre pays, mais aussi la légitimité et l'autorité présidentielles de Laurent Gbagbo.
Ces faits ont laissé transi de frayeur plus d'un patriote. Pire, ils ont provoqué un séisme dans cette galaxie. Tant les opinions de ses leaders, aussi divergentes les unes que les autres, ont suscité une volée de bois vert.
La magnitude de ce séisme qui a secoué le camp présidentiel a été si puissante qu'elle a atteint l'intérieur du FPI où les réactions les plus vives se sont fait entendre… Mais si le GIT et son mandant continuent d'être dans le point de mire de toutes ces déclarations, le Président Laurent Gbagbo n'en est pas moins épargné. Certains Ivoiriens n'hésitent plus à l’accuser d'être lentement mais sûrement en train de dévoyer trois ans de lutte épique : « Résister pendant 3 ans pour en arriver là, c'est inacceptable !… Que devient le président Gbagbo ? Quel sera son pouvoir réel pendant cette période dite transitoire ? » Entend-on ici et là.
D'un autre côté, il y a ces Ivoiriens qui pensent que nous avons perdu la guerre contre la France. Ceux-là ne sont pas dérangés outre mesure que leur pays soit sous tutelle... Ils en sont même heureux. Des responsables politiques, avec un cynisme froid importé de là d'où proviennent les instructions de gouvernance, se félicitent que leur pays soit « dirigé » par un groupuscule informel de chefs d'État ; des individus qui font la preuve au quotidien de leur incapacité à conduire leur pays à une alternative démocratique crédible et à la bonne gouvernance…
Que se dégage-t-il d'autre hors du prisme émotionnel après l’envolée littéraire du GIT ? À la vérité, nous sommes en train de nous ulcérer pour rien. Parce que ces bons messieurs du GIT sous couvert de la France ne peuvent pas contrôler la conscience citoyenne et patriotique de chaque Ivoirien ? Alors quel est le problème ?
Loin de nous l'idée absurde et dangereuse de minimiser l'intrusion grotesque du GIT dans la gestion de la crise Ivoirienne. Ces faits sont suffisamment graves pour justifier la colère et le ras-le-bol des Ivoiriens… Cependant, si cette intrusion du GIT admet une nouvelle donne, force est de reconnaître qu'elle ne doit nullement nous éloigner de notre objectif historique.
Aujourd'hui, la question qui se pose fondamentalement à nous est celle de savoir si nous allons sortir forts et revigorés de cette guerre des nerfs, ou si finalement nous allons nous laisser vaincre sur des détails et perdre de vue l'essentiel. Si nous sortons de cette crise vaincus, ne serait-ce que moralement, notre avenir n'aura plus de sens. Or, nous n'avons pas été vaincus, loin s'en faut. D'autant plus que notre première grande victoire, c'est que les choses commencent à changer. Le déclin de l'empire français a commencé en Côte d'Ivoire le jour où il a décidé de conduire une guerre contre le peuple Ivoirien. Et c'est clair que nos rapports avec l'ex puissance coloniale ne seront plus jamais les mêmes qu'avant. Quels que soient le régime et son chef en place. C'est en État libre et souverain que nous nous regarderons désormais.
La Côte d'Ivoire depuis le 19 septembre 2002 a changé culturellement, politiquement, sociologique et psychologiquement. Le peuple Ivoirien l'a démontré par sa détermination à résister face à une puissance nucléaire. Et il a réussi les mains nues à montrer aux yeux du monde la laideur de la politique de Jacques Chirac dans sa « mission civilisatrice » en Afrique. Voilà la réalité politique sans fard.
Certes la France n'a pas épuisé toute sa capacité de nuisance en Côte d'Ivoire. Il faut se rappeler que sa barbarie a une histoire particulièrement horrible. Notamment en Indochine, en Algérie et au Rwanda avec des méthodes qui ont fait bien des émules. À tel point que les députés français se sont autorisés, dans une loi récente, à dicter aux historiens d'enseigner aux générations futures les bienfaits de la colonisation. Mais, les Ivoiriens sauront chaque fois que l'occasion se présentera, lui donner la bonne réplique.
Nous avons gagné sur la rébellion et tous ces commanditaires. Tous les ennemis de la Côte d’Ivoire, nageurs dont on ne voyait que le dos, sont aujourd’hui connus et reconnus. Restons donc unis et soyons déterminés à nous libérer de la sauvagerie néocoloniale d'une France décadente…
Pour dépasser cette situation, pour sortir plus grand, nous devons nous reconditionner afin d'atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés : l'indépendance réelle et totale de notre pays. Et ne pas tomber dans le piège des faux problèmes et des fausses solutions. Sachons identifier les priorités qui sont prioritaires dans la reconstruction de notre Nation. Pour cela, il faut dorénavant que la lutte pour notre indépendance de l'encombrante tutelle française soit la boussole qui oriente tous nos actes. L'heure n'est plus à la demi-mesure. Même si nous sommes appelés à faire une lecture de premier degré de la gestion de la crise par Gbagbo... L'heure est à la réorganisation mentale. Car, c'est de notre avenir qu'il s'agit.
Nous avons d'énormes atouts. Il suffit seulement d'une prise de conscience réelle de ce que nous représentons et de notre victoire historique sur toutes les forces du mal coalisées pour arriver à cette espérance d'un Ivoirien de type nouveau dans une Côte d'Ivoire Nouvelle.
Ne nous laissons pas distraire par ceux qui attendent que nous baissions la garde pour nous porter l'estocade. Enclenchons l'avènement de notre Renaissance. Une Renaissance qu'il nous faut faire émerger dans nos foyers, nos villes, nos bureaux, nos bars, nos maquis, nos villages et champs… Commencer par le patriotisme littéraire (Merci Agnès Kraidy), par des lieux de discussion et de débat (nos encouragements aux animateurs des agoras et autres parlements) où les Ivoiriens apprennent à avoir une autre idée d'eux-mêmes et de la gestion de leur liberté tant individuelle que collective. Cette Renaissance demande que tous nous nous mettions debout et entonnions l'hymne de la victoire ; nous avons peut-être été ébranlés, mais nous n'avons pas été abattus ni désorientés. Car c'est de cet ébranlement que va rejaillir un nouveau type d'Ivoiriens armés pour relever tous les défis. Une nouvelle race de politiciens qui va sortir de la logique de nègre du Mississipi quand il s'agit de la France colonialiste et impérialiste. Gbagbo en résistant face à la France et à ses alliés nous a libérés l'esprit. Il a tracé les sillons de notre liberté. C'est à nous d'en faire un boulevard. Le boulevard de toutes les hardiesses.
Connaissez-vous beaucoup de nations qui auraient vécu ce que nous avons vécu en 3 ans et qui seraient encore en mesure de dire que nous avons un avenir ? Ils sont très peu les peuples qui soient capables d'avoir subi toutes ces voracités d'une guerre conduite par une puissance nucléaire et qui aujourd'hui seraient encore capables de dire, nous sommes un peuple. Parce que le processus de destruction de notre pays s'est déroulé avec éclat et férocité. Mais nous sommes là, plus que jamais débout pour nous jouer des anomies et des ingérences non-neutres des apprentis sorciers et autres charognards.
Chirac veut diriger la Côte d'Ivoire par troupes militaires, barbouzes et dictateurs interposés, sous couvert d'accords de coopération du cavalier et du cheval et de résolutions taillées sur mesure. Opposons-lui une force déterminée et combattante. Et continuons de rester forts et unis... Ces tournants de notre histoire, nous allons tôt ou tard les renégocier.
Il faut donc libérer notre imaginaire dans le sens d'un projet de société qui nous mobilise pour changer effectivement la donne politique néocolonialiste. Ne soyons pas figés, tétanisés, paralysés par la tragi-comédie de la France à travers son GIT. Ce n'est rien d'autre qu'une phraséologie creuse de plus pour nous faire croire que notre avenir dépend de la communauté internationale Franco-Onusienne. Et ces subterfuges employés pour justifier l'existence de cette nébuleuse de parasites dans notre pays sont fondés sur les techniques visant à en appeler à l'émotion plutôt qu'à la raison. Comme on le voit, ces institutions internationales tentent seulement d'outrepasser leur rôle de gardien des droits individuels pour s'attribuer des fonctions ponce pilatiennes gouvernementales…
Si nous nous trompons de combat, nous risquons de nous retrouver dans une situation de re-colonisation extrême… Que dieu nous en garde ! C'est quand on s'engagera dans la perspective de notre souveraineté, quand notre pensée sera déterminée par ce rêve-là, cette ambition-là que nous comprendrons qu'il faut qu'on rompe avec le modèle prôné par la France négationniste. Ce jour viendra… car « rien ne peut contre une idée dont le temps est venu ».
Nous devons démontrer qu'à la barbarie de la rébellion française, c'est la Côte d’Ivoire qui a raison. Et c’est l’Afrique qui triomphera. La preuve, Poncet n'est qu'au début de ce qui va le conduire devant le tribunal de l’histoire. Et il ne sera pas le dernier sur la liste des négroïdes invétérés.
Il y a plus de raison aujourd’hui que nous sachions faire la bonne lecture de la forme et du fond de tout ce qui nous agite. Car nous sommes un peuple mûr. Un peuple responsable. Un peuple qui s'est réveillé et qui veille pour ne plus avoir à dormir ni à supporter quelque caprice aventurière que ce soit. Nous sommes le peuple du 3è millénaire dont l’éveil spirituel et politique oxygène la conscience africaine.
C’est ce rôle-là qui nous oblige à continuer de résister. Une résistance farouche d’abord contre ces comportements qui risquent d’entraver notre marche glorieuse. Oui résister, c'est dire non. Non au racket sous toutes ses formes. Non à l'insouciance. Non à l'inconscience professionnelle. Non au gain facile. Non à la tricherie. Non au mépris. Non à l'intolérance. Non à la gabegie… Résister c'est aussi pouvoir dire oui. Oui à la vérité. Oui au respect scrupuleux des lois. Oui au respect des biens publics. Oui à la solidarité nationale. Oui au sacrifice pour sa patrie…
(In Le courrier d’Abidjan du 24 décembre 2005.)
Publié le 09/07/2007 à 12:00 par sergegrah
« La vérité sera sauvée de sa mutilation,
Débarrassée de sa gangue mortelle…
Nous avançons au grand jour de la vérité
A nos côtés, fidèle, le peuple
Nous n’avons rien à cacher ni aux mouches ni aux asticots
Seuls les cadavres les redoutent, menacés qu’ils sont de pourriture… »
M. le Président,
Nous ne sommes plus au stade des folles rumeurs auxquelles nous avons été habitués depuis le 19 septembre 2002. Abidjan et la Côte d’Ivoire tout entière bruissent d’une nouvelle réalité qui se veut apocalyptique. Votre état major et celui de vos alliés, tapis dans l’ombre, sont prêts à transformer le pays en un vaste cimetière où ne régnera plus que le silence assourdissant de nos soupirs qui résonneront éternellement dans votre conscience coupable... Le prétexte, la fin du mandat de Gbagbo.
Est-ce vrai M. le Président que vous faites partie de cette horde d’envahisseurs qui promettent d’installer l’enfer dans le foyer de vos parents, de vos enfants, de vos sœurs et de vos frères ? Est-ce vrai que vous voulez exterminer des Ivoiriens juste pour que Gbagbo quitte le pouvoir ? Est-ce donc vrai M. le Président Bédié que vous aller brûler ce pays ?
Comment nous en sommes arrivés là ? Comment vous en êtes arrivés à cette situation de quelqu’un qui utilise, au soir de son existence, toute son intelligence au service de la destruction ? Que vous arrive-t-il M. le président ? Qu’arrive-t-il au successeur d’Houphouët, le Sage d’Afrique, l’Apôtre du dialogue, l’artisan de la Côte d’Ivoire moderne ? Votre devoir ne serait-il pas de protéger ce bien commun que votre « papa » a construit ?
Houphouët a fait ce pays. Et Houphouët et la Côte d’Ivoire vous ont fait présidentiable. Ils vous ont fait Ministre, Ambassadeur, Président de l’Assemblée Nationale puis Président de la République... Houphouët s’est battu becs et ongles, sueur et salive pour vous placer à la tête de ce pays. Il avait foi en vous, il comptait sur votre capacité à conduire « son » pays à la modernité démocratique et au développement. C’est humain, il s’est lourdement trompé. Malheureusement. Vous n’avez pas été à la hauteur du grand espoir qu’il a placé en vous et pour lequel il a connu critiques acerbes et adversité. A qui la faute ? Honnêtement, Laurent Gbagbo que vous accusez aujourd’hui de tous les péchés d’Israël, est-il comptable de ce que vous ayez été incapable de répondre aux attentes des Ivoiriens ?…
Et pourtant, à la mort du Père de la Nation, les Ivoiriens dans leurs divergences récriminatoires contre le pouvoir du PDCI avaient tu leurs reproches pour vous accepter. Le Président Gbagbo (vous lui devez reconnaissance) alors leader de l’opposition s’est soumis à ce fameux article 11 qui introduisait dans un contexte de République moderne une succession de type monarchique… Tout ceci, M. le Président pour une seule raison : l’Amour de son Pays.
En six ans de gestion de l’Etat, la Côte d’Ivoire est apparue sous votre règne comme un pays laissé exsangue. Tant il était aux mains de bandits de tous acabits. Nous avions atteint une propension jamais égalée de détournements de deniers publics : l’affaire Nasra, le Haut-commissariat au Tourisme, la CIDT, les fameux 18 milliards de l’UE, etc. Un pays vidé donc de tous ses repères moraux. Un pays où les sous-valeurs étaient promues.
« Le progrès pour tous, le bonheur pour chacun » s’est résumé durant votre règne en un seul projet : transformer votre village en banlieue Suisse avec l’argent des contribuables Ivoiriens. Sur quelle politique nationale reposait ce projet qui vous tenait tant à cœur ? Quel était l’apport de ce petit hameau à l’économie nationale pour que subitement, il soit d’intérêt national ?
Comme vous le voyez, M. le Président, vous subissez un double phénomène d’érosion : l’usure et l’amnésie. Mais, les Ivoiriens qui n’ont pas perdu la mémoire, heureusement, se souviennent. Et, ils s’en souviendront encore longtemps. Même six pieds sous terre.
Il paraît déjà à des années-lumière le temps où, M. le Président, vous étiez la fierté des Ivoiriens, même avec tous vos défauts… Vous avez plu un temps. Juste un temps. Mais, vous avez très vite cessé de plaire et votre discours, hélas, avec le temps et la nouvelle pratique en vogue, est devenu vaseux, insipide et anachronique pour ne pas dire archaïque. Votre ennemi le plus grand, c’est évidemment votre incapacité à construire votre propre image en convainquant votre propre Histoire.
Ne cherchez pas querelle à tout propos pour vous faire revaloir. Vous méritez mieux. Beaucoup mieux que ces appels à l’insurrection. Encore mieux que ces inquiétantes accointances actuelles avec ceux qui ont de la politique une vision noire, pessimiste, cynique et sanguinaire. Et la démocratie apaisée que vous prôniez ? C’est maintenant que nous avons plus que jamais besoin d’apaisement. Surtout de votre part.
Sinon, comment vous comprendre M. le Président ? Vous qui avez fait les plus prestigieuses écoles de ce monde, vous qui avez occupé les plus prestigieux postes de ce pays, pouvez-vous vous laisser embrigader dans un système construit par des va-nu-pieds qui ne comprennent nulle autre chose que le langage de la violence et de la mort ?… Des individus qui pour la plupart n’ont guère passé deux années à l’école durant tout leur cursus scolaire. Quelle Nation, M. le Président projetez-vous ainsi de construire sur ce vaste cimetière que vous nous promettez ? Vous voilà précurseur d’un cataclysme qui, à vous entendre, ne laissera aucun survivant sur cette terre d’Eburnie au-delà du 30 octobre prochain. Et après, qu’envisageriez-vous de faire ? Diriger une République de ruines et de morts ? Je crois que non. Mais manifestement vous laisserai derrière vous une image brouillée, négative et contestable. A jamais. Vous ne parviendrez plus à remaquiller votre itinéraire politique dont les ombres seront toujours visibles sur plusieurs générations… Ceux qui vous poussent à une guérilla contre votre peuple ne vous aident pas à retrouver votre fauteuil présidentiel. Si tel est vraiment votre objectif. Tirez, s’il vous plaît, enfin les grandes leçons du vide qu’a fait autour de vous votre plus farouche partisan, le CNB (Cercle National Bédié) au moment où vous aviez le plus besoin de lui à vos côtés. L’histoire va-t-elle se répéter ? Qui vivra, verra !
De grâce Président Bédié, sortez de votre cauchemar et de votre torpeur d’un certain alcoolisme politique à la merci des ivresses coupables. Car si vous avez un soupçon de bon sens, et je suis persuadé que vous en avez, vous devez savoir lire l’intelligence de l’absence des doyens du PDCI à vos côtés lors de votre solitaire prière à la Basilique le 18 octobre dernier. Comment donc appréhender le sens de leur absence à Yamoussoukro et interpréter la raison de leur présence à la pose de la première pierre du mausolée de Félix Houphouët-Boigny avec Laurent Gbagbo ? N’est-ce pas finalement et comme depuis un certain temps maintenant un désaveu cinglant des racines du PDCI à votre politique de terre brûlée ? Que des doyens parmi lesquels votre plus grand confident Ahoussou Koffi, que l’histoire de leur relation avec Houphouët leur vaut une place d’autorité historique au sein de votre parti et dépositaires du trésor secret du grand fils de Yamoussoukro, vous fassent défection est la preuve que votre lecture politique de la reconquête du pouvoir d’état par le PDCI est fausse.
Les doyens Camille Alliali, Jean Konan Banny, Ahoussou Koffi, Usher Assouan, Bernard Dadié, Mathieu Ekra, etc. auraient-ils démissionné de leur devoir africain d’aîné qui leur exige de ne pas vous abandonner à l’aventurisme de votre moi suffisant et de ne pas ainsi se faire complice de cet octobre meurtrier ? Ou bien restent-ils encore victimes de cette monstrueuse peur qui a émaillé le long règne du Président fondateur du PDCI… Votre cher parti est conduit à vau-l’eau. Sortez donc de votre peur et rompez enfin votre mutisme coupable pendant que vous pouvez encore sauvez la vie des Ivoiriens. Demain il sera peut-être trop tard.
Il s’impose aujourd’hui à la grande famille du PDCI une remise en question totale, un aggiornamento qui pourrait la conduire à un exorcisme du mental militant dévoyé outre mesure.
M. le Président Bédié, rentrez en vous-même, regardez-vous droit dans les yeux, interrogez votre conscience et demandez-vous si « vous avez fait, bien fait ce que vous devez pour votre pays », demandez-vous encore ce que vous faîtes dans ce milieu sans foi ni loi, vous le « fils » du grand Homme de dialogue et de Paix.
Le parti du Président Houphouët n’a nullement besoin de rebelles ni de ceux qui n’ont pour seul programme de gouvernement que de rendre le pays ingouvernable pour reconquérir le pouvoir d’Etat… Vous donnez inutilement de la prestance à ces rebelles. Finalement, c’est votre présence à leurs côtés, M. le Président qui leur confère l’autorité qu’ils n’ont pas et qui leur fait croire qu’ils constituent une force à prendre au sérieux. C’est votre soutien sans faille à ces hors-la-loi qui fait perdurer la souffrance de vos compatriotes. Au PDCI, il y a une nouvelle génération d’hommes et de femmes qui sont intellectuellement mieux équipés et moralement mieux armés pour relever les nouveaux défis. Ce sont ceux-là qu’il faut, M. le Président, aider à bâtir un PDCI nouveau, une Côte d’Ivoire Une et Indivisible. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest.
Mathieu Kérékou au Bénin, Justin Viéra en Guinée Bissau et Oleshegun Obasanjo au Nigéria ont su revenir au pouvoir par leur seule capacité à proposer un nouveau contrat social à leurs concitoyens, un nouveau projet de société fédérateur, un discours débarrassé de toutes les rancoeurs. Et cela, dans un combat loyal qui a eu pour cadre l’un des principes fondateurs de toute démocratie : les élections. Comme vous le voyez M. le Président, ils n’ont pas eu besoin de nager dans le sang de leur peuple pour retrouver leur place au sommet de l’Etat. Ils ont convaincu par la persuasion, l’argumentaire et le respect scrupuleux des lois de leur pays. Inspirez-vous en M. le Président et épargnez à la Côte d’Ivoire un autre bain de sang inutile. Le peuple de Côte d’Ivoire vous en conjure.
Que Dieu vous garde !
Publié le 09/07/2007 à 12:00 par sergegrah
Le ridicule a ceci de particulier qu'il ne tue point. Mais est-ce pourtant qu'il faut s'en couvrir tout le temps ?… Et le G7 et ses tentacules rebello-houphouétistes ont encore de beaux jours devant eux. Malheureusement… Sinon comment comprendre cette nouvelle trouvaille fumeuse à laquelle ils tentent de s'agripper désespérément. Et comment ne pas se révolter légitimement face à cette proposition moralement contestable. Un vrai jeu de quilles. C'est plus que dérisoire : c'est dégoûtant…
On peut le dire, l'opposition politico-rebelle est au bout du rouleau ténébreux de ses brouillards paranoïaques. Pour l'observateur politique bien assis sur les convictions intellectuelles et morales les plus communément admises, peu d'hommes sont aussi piteux que Djédjé Mady et ses amis qui se terrorisent quotidiennement avec un goût pour l'autoflagellation. Ils ont fini, après 3 ans de danse macabre, par s'inculquer une lecture parcellaire. Superficielle. Et, subséquemment erronée de leur propre combat. Tristesse ! C'est vraiment triste que l’éthique politique prenne l'allure effrayante d'une catastrophe morale humanitaire… la misère morale ne fait plus scandale. On voit de moindres acteurs se chercher un rôle, et quelques officiers de luxes roder près du rideau… Le Général saint-cyrien, du haut de ses trois étoiles occupe désormais la scène : le Héraut improbable d'une époque qui s'achève. L'opposition-rebelle est bien en panne de héros… Les turpitudes des houphouétistes font dorénavant plus que sourire. Si elles choquent encore, elles confortent l'impression dangereuse de la faillite de leur imagination…
Quelle fourberie que d'oser dire qu'il ne peut y avoir d'élection avec Gbagbo ! Une transition ? Médiocre dérobade… A quoi va-t-elle servir ? Quel est son contenu réel ? Est-ce cela qui va enfin décider Blaise Compaoré et Jacques Chirac à libérer leurs otages Ivoiriens ?
Le G7 a définitivement été compris… Aujourd'hui son discours n'émeut plus personne. Pas même ses partisans et ses parrains… Comme on le voit, le misérabilisme politique ne sert à rien, sinon à donner bonne conscience à ceux qui l'énoncent. Si ce n'est pas un crime d'être myope, il y a quand même une gêne et une certaine indécence à l'exhiber.
Le G7 dans sa légendaire mauvaise foi pousse les Ivoiriens, aujourd'hui plus que jamais, à leur responsabilité nationale historique. Choisir entre la voie des urnes et la voie des armes. Autrement dit, entre le maintien de la Côte d'Ivoire dans le giron nauséeux de la françafrique et la rupture du pacte colonial qui ouvre le chemin d'une véritable indépendance nationale… Ne nous y trompons pas. La transition-rebelle de Djédjé Mady sera pire que le mal qu'elle est censée prévenir.
Tout indique, en effet, que la Démocratie qu'on envie aux grandes nations et qui est le fondement de leur développement, a pour maillon essentiel l'Élection. Pour démocrates qu'ils soient, l'organisation d'élection dans leur pays ne devrait nullement les rebuter ni les mettre dans un tel état d'hystérie… Malheureusement, comme toujours en pareil cas, c'est nous-mêmes qui embouchons les trompettes de notre chaos… C'est nous-mêmes qui tenons les cordes de notre pendaison. Pauvre Afrique ! Pauvre Nègre !
La Démocratie, c'est avoir le droit de dire non. C'est avoir le droit de dire oui… La Démocratie contient certes des insuffisances. C'est vrai. Mais son seul remède, c'est la Démocratie. Toujours plus de Démocratie. Et rien d'autre… La médiation M'béki l'aura bien comprise qui a réitéré cette option devant le Conseil de Sécurité de l'Onu. Quel est donc le problème ?…
On a donc créé de faux problèmes pour lesquels on ne nous propose que de fausses solutions pour retarder la marche de la Côte d’Ivoire. Car à l’évidence, le départ de Gbagbo de la présidence n’est que l'iceberg, la partie visible. A n'en plus douter, la volonté du bloc rebelle de mettre Gbagbo à la retraite forcée, n'est que le visage hideux du néocolonialisme français camouflé, nié, paré d'intentions factices par le proverbial mensonge de médias barbouzards…
La position de la communauté internationale comporte deux caractères dangereux : la dissymétrie et le faux-semblant. Sa vigilance épargne Soro et ses parrains… Son silence coupable la place devant une action qui la disqualifie dans sa fonction essentielle, celle de sauvegarder la Paix Mondiale. Mais l'ONU peut-il être autre chose que le "machin" dont parlait De Gaule ? Le Président M'béki a beau se démener comme un bel ange dans une diablerie, il aura du mal à faire dire à l'ONU ce qu'elle se refuse à dire depuis le 19 septembre 2002… Koffi Anan lui a donné l’illusion qu’il a remporté un round... Mais ce n’est qu’un round. Attention peuple de Côte d’Ivoire ! « Le serpent n’est pas encore mort ».
Il faudrait peut-être qu’un jour que l'ONU soit capable, face aux Nations membres, de justifier son rôle. Faute de quoi, elle risque de se retrouver aux antipodes d'un monde réglé, pacifié, moralisé dont elle prétend imposer aujourd'hui la douteuse perspective.
Les valeurs de démocratie sont apparues éclatantes dans cette crise ivoirienne. Tant elles ont mis à nue l'incohérence de l'ONU, porte-flambeau d'une communauté internationale léthargique et sournoise... La France des droits de l'Homme en premier… avec ses forces militaires qu'elle a déversées chez nous avec une générosité inquiétante.
Il est vrai que la compassion ne coûte rien à ceux qui la manifestent… et ne rapporte pas davantage à ceux qui en sont l'objet. Il est également vrai que cette prétendue aide de la France lui est plus profitable qu'à nous… Mais de là à lui faire de petits bisous sous la douche, il y a là un pas que nous ne saurions franchir avec insouciance. Parce que l'étrange haine contre la Côte d'Ivoire qui coalise nos ennemis n'a pas encore démordu... Loin s'en faut. Alors, Vigilance ! Vigilance !
Djédjé Mady, patron du G7, sait que les germes de cette crise dont ils profitent aujourd’hui des prébendes se trouvaient inscrits dans le système mis en place par son parti, le PDCI. Notamment la dépendance presque coloniale de la Côte d'Ivoire à la France. C'est pourquoi ce système n'a jamais songé à mettre en place des structures efficaces de notre indépendance nationale réelle, tant politique, économique que culturelle. La privatisation ADO, alors membre du Bureau Politique du PDCI et Premier Ministre, dans la forme qu'elle avait prise, la liquidation pure et simple de notre patrimoine économique, suivait bien cette stratégie : la récolonisation. C’est cette expropriation de fait de notre souveraineté nationale qui est au centre de cette stupide crise.
Aujourd'hui, pour nous ivoiriens, notre choix d'être désormais une Nation libre doit s'incruster dans notre comportement quotidien. Nous ne devons plus continuer à laisser à nos ennemis le soin de le penser, de décider à notre lieu et place, experts et spécialistes onusiens soient-ils. Nous devons sortir du supplice infernal de la roue française autour de laquelle nous semblons être attachés. Faisons-nous forts de trouver les moyens de notre politique. Une politique nationale. Une politique d'indépendance réelle. De souveraineté effective. Car, nous sommes acculés aujourd'hui à relever tous les défis qui entravent notre marche vers le seul destin que nous méritons, un destin de Paix, de Liberté et de Justice, ou alors de disparaître en tant que peuple libre, souverain. Nous ne devons plus nous dispenser de mourir pour notre Patrie.
Il est venu le moment où face à son propre destin et à celui de son peuple menacé, les Ivoiriens ont le devoir, ne serait-ce que moral, de faire le bilan avec honnêteté et courage du pitoyable échec de notre rapport avec l'ancienne puissance coloniale. Faisons l'état des lieux, à cette étape de notre histoire, afin d'élaborer un projet de décolonisation sérieux et d'induire avec intelligence les moyens de notre libération. Notre indépendance (la vraie, celle-là) en dépend. Et ce sera le seul préalable à notre développement. Un développement souverain et endogène…
Un grand peuple est un peuple qui, face à la montée des périls, sait pareil à l’araignée trouver en ses entrailles la force de réparer sa toile… Un grand peuple, est un peuple qui maîtrise l’art de relever les embuscades historiques… Un peuple fort, est un peuple qui, par un effort surhumain, cherche et trouve un nouveau souffle. Un dernier souffle d’orgueil de liberté qui attise sous les cendres, l’étincelle porteuse de grandes flammes… Mais pour cela, il nous faut avoir une conscience nationale libérée de toutes les pesanteurs du pacte colonial… mais aussi et surtout de la maléfique puissance de l'argent. Une conscience nationale armée culturellement. Idéologiquement. Spirituellement… et Patriotiquement.
Frères Ivoiriens, reconditionnons-nous pour reformer la personnalité ivoirienne bafouée. Humiliée. Déstructurée… Indépendance Nationale, Conscience Nationale, Solidarité Nationale, Conscience Professionnelle… Technologie, Économie Nationale, Culture Nationale. Tels seront désormais les mots clefs que nous nous devons d'avoir présents dans tous nos combats. Car, c'est à ces défis fondamentaux que l'Ivoirien Nouveau devra répondre par son choix de la voie des urnes contre la voie des armes... Alors, Djédjé Mady et ses amis pourront continuer de se construire des rêves de présidents, mais ils n'empêcheront pas d'écrire l'Histoire de la Nouvelle Côte d'Ivoire.
(In Le Courrier d’Abidjan du 7 septembre 2005).
Publié le 09/07/2007 à 12:00 par sergegrah
À moins de souffrir d'une cécité chronique, on est forcé de constater que l'ONU et la France sont en train d'inscrire la Côte d'Ivoire dans le funeste schéma Rwandais. Elles qui dans les mêmes errements ont frayé et balisé la voie au génocide… Bravo messiers « les gendarmes du monde » !
Depuis que la France a décidé de faire la guerre à notre pays, l'ONU met tout en œuvre pour l'accompagner dans son dessein criminel. La célèbre boutade du Général Charles de Gaule qu'on croyait hyperbolique prend ainsi en Côte d'Ivoire tout son vrai sens. L'ONU n'est rien d'autre qu'un gros « Machin » inutile et corrompu qui se complaît dans de fourvoiements scandaleux.
C'est dans cette optique que doivent se comprendre les sanctions onusiennes contre Blé Goudé, Eugène Djué... Qu'on ne s'y trompe surtout pas, c'est bien le Président Gbagbo et sa politique de dénonciation du pacte colonial, sa politique de modernisation de la Nation ivoirienne qui sont visés à travers ces prétendues sanctions. Mais comme à ses habitudes, l'ONU n'a pas suffisamment de courage pour dire tout haut ce qu'elle pense tout bas et indexer nommément Gbagbo, son épouse ou le professeur Mamadou Koulibaly… De toute façon, cet acte, comme bien d'autres, est en train de rendre irréfutable les soupçons que les Ivoiriens nourrissaient depuis longtemps sur l'attitude de l'ONU dans notre pays. Parce qu'à écouter Koffi Anan, avec un mélange de mépris pour notre État et pour les Institutions qui l'incarnent, menacer les Ivoiriens, on ne peut qu'être outré par la ressemblance de style et de contenu avec les propos des leaders de l'opposition politico-armée.
Il faut presque se pincer pour le croire : ce sont les leaders patriotiques qui font obstacle à la paix. Qu'ils sont vraiment marrants dans cette organisation ! Cette mesure décrétée par le Conseil de Sécurité, sous le fallacieux motif de blocage de la paix, n'est qu'un palliatif démagogique, par ailleurs inefficace et dérisoire. C'est également une forme de poudre aux yeux destinée à abuser des opinions publiques, essentiellement occidentales, lesquelles, de toute façon, ne s'intéressent pas du sort des populations ivoiriennes. Il s'agit de laisser croire que la sécession entreprise par les rebelles au vu et au su du « machin international », est humanitairement correcte. Et là, personne ne fronce les sourcils ni ne trouve à redire devant une telle outrecuidance. Puisqu'il faut voiler des intérêts crapuleux dans une draperie rhétorique pour promouvoir le maintien de la partition de la Côte d'Ivoire. C'est pourquoi, dès qu'il s'agit de désarmement, de réunification et donc d'élections, ces « gendarmes » d'un autre genre disent ne pas être venus pour ça. « C'est le problème des Ivoiriens », se défendent-ils. Que diantre sont-ils donc venus chercher chez nous ?
L'essor de la Côte d'Ivoire est perçu comme une menace pour la France. Chirac juge proprement insupportable de voir notre pays se démocratiser, se développer et se moderniser hors de sa tutelle et de son contrôle. Il faut donc compliquer l'existence de ce pays à tout prix pour entraver son progrès afin d'éviter qu'elle donne l'exemple aux autres nations africaines… Il s'agit donc pour la France de provoquer l'apparition d'une sorte d'abcès de fixation qui immobilise et parasite l'État Ivoirien, afin qu'il consacre l'essentiel de ses ressources aux nécessités de défense et non point aux investissements productifs et sociaux dont le programme du Président Gbagbo était porteur. La France des réseaux françafricains a toujours su trouver à chaque fois des alibis pour assouvir ses instincts de prédateurs et briser les reins à ceux des leaders africains qui entreprennent des efforts méritoires de bonne gouvernance et de modernisation de leur Nation.
La France, l'ONU et ses appendices (le GTI et le G7) s'inscrivent dans une stratégie d'étranglement de l'État et du peuple Ivoirien… Celle-ci vise d'une part à créer la chienlit pour ne pas qu'il y ait élections et, d'autre part, à décourager toutes formes de défense de la République de Côte d'Ivoire. Et pourtant le patriotisme Ivoirien est aussi respectable que celui des Français. Un Patriotisme Ivoirien qui a parfaitement droit de citer dans le monde. Mais, bien évidemment à la seule condition qu'il ne porte pas atteinte aux intérêts de Paris, de ses alliés et de ses protégés rebelles.
Il y a donc quelque chose d'irrationnel dans l'acharnement contre les Patriotes Ivoiriens, au-delà même du blanc-seing accordé aux hors-la-loi de l'opposition politico-armée. Tout conspire à donner créance aux certitudes et à combler les vœux de Soro, Bédié et consorts… Le discours captieux de l'ONU peut donc faire rêver ces prédicateurs exaltés de la Paristroïka… Ces idéologues du néo-chiraquisme, apôtres inconditionnels de la mort de l'État Ivoirien et de l'asservissement de son peuple, attendent ainsi impatiemment de l'ONU qu'elle impose non pas le désarmement, mais une guerre d'usure afin que le « triumvirat » de notre fécond et lumineux Bongo procède à la « Bertrandisation » du Président Gbagbo… Sacrées Nations Unies ! Vous ne perdrez rien pour attendre !
C'est pourquoi il faut se demander ce que le peuple Ivoirien doit attendre de ce énième pseudo-sommet ivoiro-ivoirien dit des « 5 grands » à Yamoussoukro. Ne nous leurrons pas. Rien de nouveau ne sortira de ce conclave ! Absolument rien. Les mandants du bloc politico-rebelle, tapis dans l'ombre, auraient dû prendre part officiellement à cette rencontre. « Quand la tête est là, le genou ne porte pas le chapeau » dit l'adage. Les Ivoiriens veulent aujourd'hui voir la France qui nous mène une guerre sournoise depuis 4 ans, assise à cette table et dire ouvertement ce qu'elle attend du peuple de Côte d'Ivoire et de son Président. Parce que ce genre de rencontres copiées sur le modèle de controverse byzantine et qui rappellent celui de la poule et de l'œuf, ne sont initiés que pour nous faire tourner en rond. Et nous distraire… Ivoiriens, restons mobilisés et vigilants !
Le gouvernement de réconciliation nationale, l'amnistie des rebelles, le vote des lois issues de Marcoussis, l'article 48 pour faire des candidats d'exception, la perte de ministère dits de souveraineté, etc. Que faut-il encore ? Nous sommes fatigués et la seule chose que nous puissions encore faire, c'est le désarmement et les élections. Toute autre idée relève du tragi-comique, du charlatanisme, d'une parfaite bêtise et du dilatoire...
Sinon, pourquoi Paris et l'ONU, soutenus par leurs relais locaux s'emploient-ils à saper le travail colossal abattu par le Président M'béki si ce n'est pour faire perdurer les souffrances des Ivoiriens ? Comment des gens qui pendant plusieurs décennies ont soutenu l'apartheid, cette forme hideuse du racisme politique, peuvent-ils prétendre donner des leçons de démocratie et de liberté à un « freedom fitghter ». Quelle amnésie ! Mais c'est tout le PDCI ça… Finalement, tous ces détours découlent de la nature de la politique mafieuse de la France. Elle a bien tort cette France ! Parce que, c'est une vérité presque d'Évangile que de rappeler qu'elle n'est rien et ne sera rien sans la Côte d'Ivoire.
Contrairement donc au charlatanisme ambiant, ce n'est point à la réconciliation des Ivoiriens que ces messiers travaillent ; mais bien plutôt à la liquidation progressive du peuple de Côte d'Ivoire. Silencieusement, offert en sacrifice des intérêts stratégiques et mesquins de la France. Cette France des « droits de l'homme » pour qui un rebelle en guerre contre Gbagbo, veut la paix, et doit être considéré comme victime innocente de persécutions, et se voir aménager un statut particulier ; mais un « Patriote » qui défend son pays et proclame sa souveraineté, est un va-t-en-guerre, un xénophobe, extrémiste au nationalisme exacerbé.
L'ONU, en Côte d'Ivoire, s'en balance de savoir que des bandes armées pillent au quotidien les ressources économiques de ce pays, qu'elles exécutent sommairement des Ivoiriens qui ne partagent pas leur soif de sang et, qu'elles n'ont jamais respecté aucun accord, même quand il est arbitrairement en leur faveur. Ces fameux « gendarmes » s'en contrefoutent que certains pays voisins du nord violent l'embargo sur les armes en destination de la Côte d'Ivoire en offrant aux rebelles leur territoire comme couloir de contrebande. L'organisation mondiale s'en branle de savoir que le contingent bangladais ait tué froidement à Guiglo de jeunes Ivoiriens. Qu'ils ont l'indignation sélective, ces donneurs de leçons internationaux ! La vie en Côte d'Ivoire n'a pas la même valeur, suivant que l'on est rebelle ou patriote. Choisir les bonnes victimes, telle est la ligne de conduite qui préside à la politique humanitariste de l'ONU… Et pourtant ces flamboyants fonctionnaires et leurs nervis tropicaux sont tout indignés et offusqués quand les Patriotes Ivoiriens expriment en termes explicites et sans ambages, des convictions et des vérités qui devraient, selon eux, rester confinées dans le domaine éthéré de l'indicible. Nulle part au monde, aucune loi n'interdit d'aimer son pays et de le proclamer, mais il y a bien des lois et des principes internationaux qui interdisent de tuer, de s'en prendre à l'intégrité territoriale d'un pays souverain. Et c'est ça, que l'ONU feint de ne pas savoir ! D'où sa propension aux grandes déclarations vaseuses cachant son incapacité et son parti pris flagrant.
Pierre Schori et ses petits copains ont compromis aux yeux des Ivoiriens la seule partie valable de l'organisation mondiale par une série de gestes pour le moins surprenants, par des maladresses, des contradictions et des faux-semblants. Les frustrations et avanies qu'ils infligent aux patriotes sont manifestement intolérables. L'ONU et la France ne semblent pas avoir tiré les leçons de la tragique expérience qu'elles ont menée ici et là. Il faut donc craindre que l'accumulation de ces mesures frustrantes et révoltantes ne débouche sur un ras-le-bol généralisé.
Les manifestations de colère des Ivoiriens sont une réponse au colonialisme chiraquien et à la lecture corrompue de la crise ivoirienne par les fonctionnaires de l'ONU… Ceux sont des cris de Vérité, des cris de Justice, de Dignité et de Révolte que pousse ce peuple. N'en déplaise aux déstabilisateurs de notre pays, qu'ils gênent dans leur sinistre projet, les Patriotes sont des « freedom fighter » qui luttent pour convertir cette crise en une opportunité pour la Libération Totale de la Côte d'Ivoire et de toute l'Afrique. Les Ivoiriens ont aujourd'hui une description convaincante du combat contre l'impérialisme français.
Une nouvelle Côte d'Ivoire est née. Une nouvelle génération d'Ivoiriens est née. Elle n'a pas la couardise de ses aînés. C'est pourquoi, aucune muraille de Chine ne sera assez épaisse ni longue pour empêcher le peuple de Côte d'Ivoire de faire obstacle à tous les complots franco-onusiens. Dieu nous est témoin !
Vive le peuple Ivoirien Uni, Digne et Fier ! Vive la Côte d'Ivoire Indépendante et Souveraine !
Publié le 09/07/2007 à 12:00 par sergegrah
Comment expliquer le paradoxe de cette « mésentente cordiale » entre les membres de la galaxie patriotique ? Comment comprendre que des personnes dont la noblesse de la lutte est reconnue, saluée et pris en modèle peuvent-ils offrir ce spectacle désolant au moment où la lutte commence à payer avec l’avènement du processus de paix qui avance irréversiblement vers une sortie de crise définitive.
CNRD, Alliance des Jeunes Patriotes, Fédération des Agoras et Parlements, Conareci, FRGO, etc. Qu’est-ce qui nous fait perdre notre sérénité ? Qu’est-ce qui justifie notre manque d'humilité ? Où est donc passée la cohésion que nous manifestions avec fierté et enthousiasme ? Est-ce l’ivresse de nos ambitions mal contenues qui nous fait perdre nos repères ? Quel désastre ! Et dire que nous sommes si prêts du but !
Pendant quatre ans le sang des ivoiriens a coulé pour tracer les sillons de la paix. Nous n’avons pas le droit, au nom de tous ces morts et au nom de nos idéaux de dévoyer la lutte. S’il est vrai que notre action a constitué un jalon important dans le cheminement du peuple ivoirien vers la paix et la démocratie, nous n’avions pour seule arme que notre foi en la vérité de notre combat. Qu’est-ce qui a bien pu donc développer ces lignes de partages que l’on croyait, bien à tort, disparus du champ idéologique patriotique : le leadership ? Pourquoi faut-il qu’au moment où nous célébrons la fin de la guerre, devrions-nous créer les conditions d’un clash dans notre propre famille ?
En prenant le risque d’instaurer cette guéguerre inutile, réalisons-nous le danger que nous en courons à court, moyen et long terme ? A la faveur du processus de paix engagé par l’accord de Ouaga et des prochaines échéances électorales, des rendez-vous aussi décisifs, la galaxie patriotique est moralement tenue de faire cause commune. Et, par exigence de ces futures batailles, de sceller une union sacrée. Pareille audace offrirait aux ivoiriens l’exemple de notre grandeur politique et de notre passion patriotique que nous avons déjà démontré en soutenant le dialogue direct. Approprions-nous le meilleur de ce que nous avons pour renforcer notre unité, augmenter notre capacité à surmonter les obstacles qui jonchent notre parcours. Il nous faut mettre l'accent sur tous les éléments de notre combat commun qui peuvent servir à nous souder plutôt qu'à nous diviser.
Les patriotes doivent, dans l'état d'urgence actuel du processus de paix, faire converger leurs idées. Car l’engagement pour la patrie ne se divise pas. C'est en son nom que le peuple a pris conscience de notre combat et l’a soutenu. Faire progresser cette prise de conscience est la dynamique de résistance dans laquelle nous devons continuer de nous inscrire.
Général Blé Goudé, Maréchal Eugène Djué, Commandant Watchard Kédjébo, Général STT, Idriss Ouattara, Nado Clément, Henriette Lagou, Maho Glofié, etc. Qu'attendons-nous pour démontrer que nous sommes une multitude en un seul combat : celui de la Côte d'Ivoire ? Parce que si on en reste là, mesquinement, dans quel état d’esprit serions-nous pour engager la campagne électorale dont on imagine l’âpreté de la bataille ? Chacun doit-il concevoir la lutte patriotique selon le prisme de son seul intérêt et de ses ambitions égoïstes ? On oublie facilement les leçons de l'histoire et les petites querelles continuent d'être là, quelquefois profondes et durables. Nous empêchant d'aller vers notre objectif fondamental. Parce qu'il y a un autre combat. Celui qui n'est pas encore terminé. La paix et la tenue des élections. Et, la victoire la plus significative, celle qui sera d'une certaine façon, la plus définitive, est la victoire de Laurent Gbagbo aux prochaines élections. Ne la perdons pas de vue au profit de causes instrumentalisées par un quelconque enjeu du pouvoir tapis dans l’ombre.
Ayons à l’esprit ce qui nous a conduit et animé durant ces quatre années, afin que nous en tirons des leçons pour le présent et pour l'avenir. Que cessent donc ces chicanes qui risquent de nous perdre au soir des élections présidentielles de 2008, pour souligner les aspects des actions qui peuvent être facteurs d'unité autour de notre idéal commun... La Côte d’Ivoire nous est chère, comme à tous les ivoiriens. Et, sans y être contraints, nous avons cru que c'était notre devoir d'apporter notre part de contribution par notre loyauté, notre patriotisme, notre générosité, notre désintéressement et notre solidarité.
Pourquoi faut-il qu’aujourd’hui, nous exposions nos divergences d’opinion sur la place publique ? De cette façon si lamentable. Dans quel intérêt ?... Et pourtant, nous sommes bien obligés de rester solidaires, avec le même esprit patriotique et les mêmes aspirations nationales. Non pour rechercher les faveurs populaires et pécuniaires, mais uniquement parce que le sang qui bout dans nos veines nous l'exige. Un sang qui a fait des martyrs. Le peuple de Côte d’Ivoire ne nous pardonnera pas ces errements. Dans la situation qui est la nôtre, l'amour que nous éprouvons pour notre patrie doit rester profond, inconditionnel. Il doit être entretenu pour être préservé et être transmis de génération en génération. N'ouvrons pas les yeux sur les opportunismes et sur le pouvoir de l'argent.
Il ne s'agit nullement plus ici, du pseudo-patriotisme dont nous avons été trop longtemps coutumiers durant la période de la pensée unique, papelard et bavard, toujours prêt à se dissoudre en un contentement orgueilleux et puéril, en un optimisme béat et sans fondement ; mais d'un patriotisme conscient de la situation dans laquelle les circonstances nous ont appelés à organiser la survie de notre Nation, des périls qui nous ont menacés, des droits dont nous pouvons nous prévaloir et des devoirs qui nous incombent envers nous-mêmes et envers notre pays ; d'un patriotisme qui, respectueux des valeurs qu’il incarne, n'accepte pas, sous prétexte d'avantages matériels souvent illusoires et toujours précaires, de sacrifier les acquis de la lutte qui constituent notre richesse la plus vraie, la plus sûre, la plus féconde…
Saurions-nous l'admettre en cette nouvelle Heure de notre Histoire Nationale ? Saurions-nous dépasser les enjeux sectoriels, matériels, et nous consacrer en priorité au redressement qui nous sauvera ? L’Histoire nous regarde !
Publié le 09/07/2007 à 12:00 par sergegrah
Réponse à Tiburce Koffi
« Dans la société ancienne, c'était vers la voix des oracles que se tournait le clan ou la tribu quand la communauté menaçait ruine. Dans les temps modernes, c'est vers ceux qui ont l'art de dire la parole belle et profonde que se tourne le corps social. L'oracle et l'écrivain opèrent dans le même registre et fonctionnent de la même manière : ils ont, sous la langue et dans la plume, les mots pour dire notre mal et les notes d'espoir. Pour la Côte d'Ivoire d'aujourd'hui en crise, Bernard Dadié est cet oracle, cette voix des Dieux qui gronde, interpelle, parle et remue nos certitudes... » (In Notre Aurore n° 088 du 30 juin 2003)
Celui qui a pondu ces lignes, s’appelle Tiburce Koffi ! Il était alors Directeur de Publication d’un médiocre et éphémère (Dieu merci) quotidien dénommé Notre Aurore, qui paraissait par intermittence. Avant que ce journal ne déclare faillite, et qu’il ne mette la clé sous le paillasson, l’un des rares intellectuels qui trouvait grâce à ses yeux, était le Doyen Bernard Dadié. Vous avez bien lu ! Mais les temps changent. Même trop vite ! Et voilà que le 22 janvier dernier, cet électron dérangé de l’houphouétisme (il devra un jour nous expliquer ce que recouvre cette idéologie qu’il défend bec et ongles !), a osé tirer à boulets rouges sur Dadié. Qu’il invite même à engager avec lui niaisement « un débat sur deux sujets : la crise que connaît notre pays, (et) la lecture de l’action du Premier président de la Côte d’Ivoire, Félix Houphouët-Boigny »
Pour qui se prend donc Tiburce Koffi, pour engager un tel débat avec Dadié ? Croit-il que ce Grand Homme s’abaisserait à répondre au coup de pied d’un âne ? Le lecteur qui ne connaît l’homme, aurait du mal à croire que pareilles divagations puissent être publiées, a fortiori par un conseiller spécial du Premier ministre chargé de la Culture ! Mais, la Côte d’Ivoire est devenue ce qu’elle est. Et, Tiburce Koffi peut donc se permettre de reprocher à Dadié son patriotisme et son soutien à la légalité Républicaine en éructant des inepties du genre : « Depuis l’éclatement de cette crise, tous vos actes de communication sont des diatribes inouïes contre la colonisation, la France et ses dirigeants actuels (…) Que Tiburce Koffi ou César Etou ou Ferro Bally… se livrent ou se soient livrés à de tels exercices peut se comprendre : nous n’avions pas l’expérience du passé et de l’histoire (…) Nos comportements exaltés étaient, en réalité, ceux de néophytes. »
A qui Tiburce Koffi veut-il faire croire, qu’à plus de 45 ans, (il est né en 1955) il était encore « néophyte» ? A un âge où la quasi-totalité des hommes vrais portent des projets, se déterminent sur le socle de convictions durement éprouvées. Les affirmations puériles de Tiburce Koffi ne peuvent qu’être le fruit des masturbations d’un esprit agité, versatile, fantasque et superficiel, qui tourne comme une girouette au gré du vent.
C’est dans cette logique que se trouve le « Camarade » Tiburce qui, autrefois combattait (?) pour la légalité, avec ténacité pour se dédire et se renier. Il milite aujourd’hui pour la Patrie, version MPCI. Triste époque que la nôtre ! Il l'a fait d'une manière qui ne laisse traîner aucun malentendu sur l'interprétation qu'il convient de donner à sa nouvelle mission : il combat le méchant, le hideux, le gueux, le barbouze, partout où il se trouve. Il déterre les cadavres de l’histoire, enfin pas tous ! Seulement ceux qui peuvent servir sa cause. Les autres peuvent bien encore attendre qu’on veuille bien réhabiliter leur mémoire.
Voici quelqu’un qui se vit parachuté, Directeur de la Bibliothèque Nationale de Côte d’Ivoire, sans aucune qualification dans le domaine (l’une des grosses bêtises qui a tué cette maison !) Le sieur Tiburce resta si peu imaginatif qu’il ne trouva rien de mieux qu’une grève de la faim pour « réhabiliter » cette bibliothèque qui s’écroulait sous ses yeux. Mais après avoir « mangé », il se retrouva subitement « ami personnel » du Président Gbagbo, puis Conseiller de l’homme qu’il criblait pourtant dans les coulisses de diatribes à côté desquelles certaines saillies verbales d’un Koné Zacharia sont des bluettes.
Est-il révolu le temps où les hommes pouvaient s’affronter et se respecter en dehors des autodafés ? Car, s’il peut être aisé de combattre le fondamentaliste sur le terrain de la raison, il est plus compliqué de batailler contre les thuriféraires déguisés en libre-penseur. Le nouveau gardien de l’axe houphouétiste français, condamne, anathémise Dadié qui ose contrevenir aux ordres de soumission béate de la France !
Est-ce bien de Bernard Binlin Dadié dont parle notre cher Tiburce Koffi avec cette rare légèreté? Personnalité exceptionnelle par la puissance de ses convictions, la singularité de son talent et l’étendue de sa culture, Dadié a marqué son histoire et notre histoire politique et culturelle. Il a exercé une influence positive sur plusieurs générations d’Africains qui ont admiré et admirent encore en lui, la force de caractère, la qualité d’écriture, la fermeté des idées, la générosité dans l’engagement et la passion pour le combat qu’il mène en faveur d’une Afrique plus souveraine, plus digne et plus solidaire.
Aussi Dadié, à 91 ans, est-il resté constant dans sa lutte ! Tiburce feint d’ignorer l’histoire du PDCI et de l’houpouétisme qu’il défend si piteusement. Qu’il compulse donc les archives du vieux parti et lise les textes de Bernard Dadié, pour se rendre compte qu’à l’âge que lui Tiburce a aujourd’hui, Dadié avait déjà énormément contribué au rayonnement de la culture africaine, il avait une vision claire des choses, un combat noble à mener : dénoncer le colonialisme et l'arbitraire sous toutes ses formes ! Le doyen Dadié n’a pas varié d’un iota ! Il en a vu d’autres. Il a traversé les époques. Il ne détient pas la vérité. Il est faillible et le reconnaît humblement.
Est-il franchement honnête d’affirmer comme Tiburce Koffi, que Dadié n’a rien fait pour la culture ivoirienne, sans se couvrir de ridicule ? Tiburce Koffi se fouette avec son propre fouet ! N’est-ce pas grâce au Festival National de Théâtre Scolaire initié par le Ministre Dadié que Tiburce Koffi s’est découvert et forgé une âme de dramaturge ? N’est-ce pas dans ce cadre-là que notre « éminence grise » a fait ses premiers pas dans les provinces de l’écriture dramatique, grâce à « Chut, ça couronne », co-écrite avec Hyacinthe Kakou ? Les meilleurs textes du répertoire théâtral ivoirien ne proviennent-ils pas de ce rendez-vous culturel ? N’est-il pas vrai que la quasi-totalité des dramaturges et comédiens ivoiriens sont issus du Théâtre Scolaire et de Vacances Culture ? Notamment, Tiburce Koffi, lui-même, Hyacinthe Kakou, Thiam Abdul Karim, Liazéré Elie, Gbizié Zoumana, Doh Kanon, Assandé Fargas, Adrienne Koutuan ?… Tiburce Koffi qui se flatte du passage de son maître Zadi Zaourou au Ministère de la Culture est d’une incroyable mauvaise foi ! N’est-ce pas, l’administration Zadi avec Tiburce Koffi comme disciple et Directeur Régional de la Culture, qui a réussi la prouesse de supprimer ces rencontres culturelles ? Qu'a-t-il proposé ? Qu'a-t-il fait pour les Arts en Côte d'Ivoire ? Que dalle !
D’autre part, Tiburce Koffi pousse le ridicule jusqu’à accuser Dadié de s’être servi de son passage au ministère de la Culture pour jouer et éditer ses propres œuvres. Balivernes ! L’Institut National des Arts, avec des comédiens professionnels chevronnés comme Bitty Moro, Kodjo Ebouclé et autres Bienvenu Néba, ont monté des pièces primées dans le cadre du Festival de Théâtre Scolaire et Universitaire et ont fait la promotion des dramaturges ivoiriens comme Hyacinthe Kakou, avec « On se chamaille pour un siège ? », Tuyo Nalourgo, « Le Dêguê », etc. En ce qui concerne les publications de Dadié, est-il besoin de rappeler que la plupart des œuvres du pionnier de la littérature ivoirienne, voire de l’Afrique francophone, ont été éditées avant 1975, donc, bien avant sa nomination au Ministère des Affaires Culturelles ?
Au fait, le militantisme de Dadié contre la françafrique date-t-il de l’avènement de Laurent Gbagbo au pouvoir ? Ses critiques contre Houphouët-Boigny datent-elles de la naissance du CNRD ? Tiburce Koffi, qui est un piètre (c’est connu) critique littéraire affirme que Le Nahoubou 1er , « le personnage bouffon » et tyrannique, dans « Les Voix dans le Vent » publié chez Clé (pour sa première édition en 1970, et non « dans les années 80 » comme il le soutien) n’est autre que Houphouët-Boigny ! Alors pourquoi est-ce seulement maintenant que le défenseur de l’houpouétisme dénonce les « dérapages » de l’écrivain Dadié ? Et puis, la présence de Dadié à la tête de cette structure de résistance, le CNRD, a-t-elle changé sa vie ? Roule-t-il sur de l’or ? De quoi bénéficie-t-il au juste qui rend Tiburce Koffi si aigri et si haineux ? Croyez-vous vraiment que le doyen Dadié a besoin de militer pour que la Côte d’Ivoire l'honore ou le soigne ? Qu’a-t-il reçu d’Houphouët auquel il n’avait pas droit ? Mais lui Tiburce Koffi, que n’a-t-il pas eu qu’il méritait vraiment ?
Tiburce Koffi, a-t-il jamais réussi quelque chose ? Qui ne se souvient encore de son album « Kunta Kunté », ce flop retentissant d’une nullité sans pareil ?.... Pire, il a passé le clair de son temps à dénigrer des artistes comme Jimmy Hyacinthe. Mais à sa mort, Tiburce n’a pas hésité à lui découvrir le génie artistique qu’il lui a toujours nié. Quel homme ! Est-il à une incohérence près ? Que non !
Et puis Tiburce énonce des choses d’une stupéfiante légèreté : « Vous n’avez jamais eu de compagnie théâtrale propre à vous (…) au contraire de tous les autres dramaturges (…) » Est-ce à dire que tous les auteurs dramatiques doivent posséder forcement une troupe ? Aimé Césaire en a-t-il ? Corneille a-t-il eu une troupe ? Tous les auteurs compositeurs dans le domaine de la chanson doivent-ils avoir des orchestres ? Tous les auteurs de scénarios devraient-il être obligatoirement réalisateurs ?
Son discours cache de sordides intérêts, au détriment de la plus élémentaire répulsion à l’égard des crimes odieux que les rebelles ont impunément commis derrière leur rideau de fer. Ivre de son poste de conseiller et de son statut auto proclamé de « lumière intellectuelle », il a finalement décidé de soutenir, lui, ouvertement la division de la Côte d’Ivoire… et la souffrance des Ivoiriens. Tant pis pour lui ! Tant mieux pour les Ivoiriens !
Mais à la lecture pénible de cette « Lettre ouverte à Dadié », on est abasourdi par tant de bêtises, affligé par ce que peut écrire un cul terreux, gonflé d’importance et pétri de ses absences de convictions. Ce qui fait que, de quelque manière qu'on le lise, même en lui faisant crédit d'une once de bonne foi, le discours de Tiburce Koffi illustre un schéma de pensée où puent une myopie intellectuelle et une malhonnêteté sans vergogne. Rien donc de bien nouveau. Sauf que les esprits naïfs découvrent aujourd’hui Tiburce Koffi tel qu’il est. Mieux vaut tard que jamais.
Mais il y a plus grave au-delà du vitriolage : il s'agit d’une mixture nauséabonde, mijotée dans les arrière-cuisines tribales pour donner une caution à sa nouvelle mission. Le tout sur fond trompeur de clairvoyance intellectuelle. En réalité ce qu’il reproche à Dadié, sans avoir le courage de le dire, c’est qu’il ne mette pas sa plume et son aura au service de ses nouveaux patrons. Parce qu’il y a bien chez nous des « arrières grands-pères » qui prennent position dans la crise (ce qui est normal), sans que cela ne dérange notre « illuminé » de Tiburce koffi.
Comment un akan de l’aura de Dadié peut-il soutenir ce « gueux » de Gbagbo ? Voilà le vrai enjeu. La vraie question à laquelle il faut donner une réponse appropriée. En effet, Tiburce n’arrive pas à se départir de son tribalisme dérangeant et de sa cécité inacceptable à l'égard d'Houphouët qu'il adore littéralement et qu’il veut canoniser par un tour de passe-passe… C’est ce qui traverse de bout en bout le désespérant texte du Conseiller spécial de Banny.
Quoi qu'il en soit, on ne tarde pas à réaliser qu'en dehors de l'enflure narcissique, la laborieuse tentative de Tiburce Koffi de canoniser Houphouët est désespérément vaine. Car les Ivoiriens savent que la majeure partie des problèmes socioéconomiques et politiques que nous avons aujourd'hui prennent bien leur source dans la vision monolithique, donc antidémocratique qu'Houphouët avait de la gestion d'une Nation. A lire le pamphlétaire, la Côte d’Ivoire n’aurait jamais existé sans Houphouët. A l’en croire, nous devrions tous vouer un culte tribal à Houphouët et « préférer l’injustice au désordre ». Pauvre Tiburce !
Combien d’intelligences et de talents, supposés ou réels, follement engagés dans les tourbillons de la politique du ventre plein, ont préparé, provoqué ou aggravé les drames qui leur fournissent aujourd’hui matière à tant d’invectives et d’élucubrations ? Ils en sont mêmes fiers alors qu’on n’en finit pas de déplorer leur action de gribouille. Ce qu'il faudrait donc fournir à Tiburce Koffi, c'est l’adresse d’un bon psy. Car il souffre d’une maladie bien plus grave que l’hystérie. C’est un schizophrène qui n’a de goût que pour les contorsions et autres revirements spectaculaires à cent quatre vingt degrés !
Il n'est donc plus loin le moment où Tiburce Koffi va se glisser dans la peau d’un persécuté et crier à qui voudra l’entendre, qu’il est « menacé » et demander « asile politique » à la France de Chirac et de Sarkozy ! Si ce n’est déjà fait ! Dadié et son militantisme anti-colonial n'étaient en fait qu'un gros prétexte tout trouvé.
Publié le 09/07/2007 à 12:00 par sergegrah
7 Nouvelles Merveilles du Monde : Tombouctou « la mystérieuse », candidate
En 200 avant Jésus-Christ, Philon avait désigné les 7 merveilles du monde. Depuis l’an 2000, la fondation « 7NM » a entrepris de faire élire 7 autres merveilles du monde moderne. Serge Grah, éditeur ivoirien en visite au Mali rapporte ici des clichés de la seule ville africaine au sud du Sahara candidate.
A l'origine du projet des sept nouvelles merveilles, une idée du journaliste et réalisateur Suisse Bernard Weber. Il s'est rendu compte qu'une seule merveille existe encore : la grande pyramide d'Égypte. Sur la base donc des 7 merveilles de l’antiquité, ledit projet doit toucher toutes les aires géoculturelles du monde. Parmi les nombreux monuments et sites existants actuellement sur la planète, il faudra donc désigner ceux qui méritent l’appellation de « nouvelles merveilles ». Après une première phase de présélection, 21 finalistes dont 8 sont d’Europe, 6 d’Asie, 4 d’Amérique Latine, 2 dans les Etats Arabes et 1 d’Afrique sont en lice… Unique représentante de l’Afrique parmi ces finalistes dont la Tour Eiffel de Paris, Tombouctou la cité des « 333 Saints » a des atouts qui peuvent indéniablement peser lourd dans la balance. Située à 1200 kilomètres au nord du Mali, Tombouctou a été fondée au 12e siècle, au bord du fleuve Niger à l'est de Gao, centre névralgique des affaires avec l'Orient. A son côté ouest, se trouve Walata, la porte menant aux mines de sel qui à cette époque pouvait valoir jusqu'à deux fois son pesant d'or. Au Nord, il y a le Maghreb et la mer Méditerranée. Et enfin, au sud des royaumes qui s'étendaient jusqu'à l'océan atlantique. Dans cette ville multiséculaire, des quartiers comme la fameuse cité de Djingareiber, un vestige du passé, respire aujourd’hui encore la grande forme. Tombouctou est réputée comme cité de l'or, du commerce, de la science et de la culture. Mais surtout, ville touristique par excellence. Elle avait suscité l’engouement d’illustres explorateurs dont le français René Caillé. Sa maison, sise au quartier Djingareiber, même si elle se trouve dans un état de détérioration avancée, n’en demeure pas moins un site historique à visiter. Actuellement Tombouctou continue d’exercer encore un pouvoir magique sur ses visiteurs par les vestiges de son université, son patrimoine architectural, ses hauts lieux historiques et culturels, son artisanat original et sa tolérance religieuse. Les chrétiens (baptistes, catholiques et protestants) et mêmes juifs y ont toujours vécu dans une parfaite harmonie et une grande solidarité avec les musulmans. Ses mosquées de Djingareiber, Sankoré et de Sidi Yahia qui datent toutes du 14e siècle, sont inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Le centre Iheri-Ahmed Bada qui est un centre de documentation et de recherches, est chargé de collecter et d’exploiter les manuscrits africains pour une réécriture de l’histoire africaine. Depuis sa date de création en 1973 jusqu’à ce jour, le centre a pu collecter 20 000 manuscrits traitants de sujets divers. A Arabadjou, au nord de la ville, se dresse fièrement le monument de la paix qui a consacré la fin de la rébellion dans le nord du Mali. Construit après la « Flamme de la Paix de Tombouctou » organisée le 27 mars 1996, ce monument comprend trois parties que sont les murs de l’histoire, le bûché symbolisant la flamme qui a permis d’éteindre le feu et une silhouette de quatre personnes tenant le flambeau de la paix. Pour que cette paix règne en Afrique et à travers le monde. Tous les africains où qu’ils soient doivent apporter leurs suffrages à Tombouctou pour faire de cette « cité mystérieuse » l’une des 7 nouvelles merveilles du monde. Car son mérite et sa contribution à la civilisation de l’universelle doivent être reconnus à leur juste valeur à Lisbonne le 7 juillet prochain. Toutefois, il faut rappeler que le mode d’élection se fait par un vote sur internet. Et tout Africain doit le faire. Pour mémoire il est bon de savoir que sur la liste des sept merveilles du monde de l’antiquité, il y avait le temple d’Artémis à Ephèse, les Pyramides d’Egypte, les jardins suspendus de Babylone, le mausolée d’Halicamesse, le phare d’Alexandrie, le colosse de Rhodes et la statue de Zeus à Olympie.
Publié le 09/07/2007 à 12:00 par sergegrah
« Il y a en… [Côte d’Ivoire] quelque chose qui commence lentement, mais se développe de plus en plus. Rien n’arrive avant son temps. Mais pour que quelque chose arrive en son temps, il faut que quelques-uns essaient de le faire arriver avant son temps. »
Mgr Pantin, Evêque de Trinidad.
Dans une inhabituelle unanimité, les hommes politiques et le peuple de Côte d’Ivoire ont sans réserve ni nuance accueilli avec joie et espoir la nomination de Banny au poste de Premier Ministre… « Banny a une intelligence particulièrement vive, c’est un homme de haute trempe ; tout ce dont la Côte d’Ivoire a soif… » En réalité, ces flagorneries et autres professions de foi dominicales qui paraissent aujourd’hui dérisoires, tendent simplement à cacher le fait que le nouveau messie que le Premier Ministre semble être ne pourra réaliser le miracle escompté que s’il est capable de rupture, c’est-à-dire d’aller résolument à la Paix par des voies qui ne soient pas sujettes à caution pour promouvoir la bêtise-rébellion d’une part, et d’autre part d’éviter le gouffre carcéral de l’absurde perpétuel recommencement.
Pour les Ivoiriens cette nomination doit être porteuse d’un double défi : Rassembler les Ivoiriens autour des valeurs morales, du Désarmement, de la Réunification, des Elections et être capable de rompre avec tout ce qui nous perd.
Il s’agit tout d’abord de prendre conscience de la gestuelle néocoloniale de la France chiraquienne et de la dénoncer avec force. Ensuite de mettre fin au règne des profiteurs du désordre établi que l’appétit de pouvoir intellectuel, politique, financier et de reconnaissance sociale a conduit à s’organiser en Cosa Nostra… C’est en rompant résolument avec cette politique qui consiste à sanctifier les symboles des sous valeurs et non pas en recherchant avec eux on ne sait quel compromis qu’il pourra accomplir ce miracle que les Ivoiriens attendent de lui et qui va sortir la Côte d’Ivoire de cette saleté nauséeuse qui empuantie tous les esprits. Même les plus insoupçonnés.
C’est vrai que Banny a le profil et les atouts de ce démiurge annoncé qui peut écrire un nouveau Contrat Social, procéder à une rupture radicale et donner un signal très fort pour la Paix afin que ce flou, artistique ou non, soit à jamais proscrit dans les annales de notre République.
Les Ivoiriens ont donc applaudi l’arrivée de Charles Konan Banny à se briser les phalanges. Impatients qu’ils étaient de voir cette équipe gouvernementale, son chronogramme… en tout cas, d’entendre les premiers mots du Premier Ministre qui les rassurent dans l’espoir qu’ils fondent en lui… Mais hélas, la montagne accoucha d’un souriceau. Cependant, il faudra tout de même saluer le style et la limpidité du propos – dans l’adresse aux Ivoiriens - qui confèrent à cet exercice pourtant bien ordinaire à son niveau de responsabilité la qualité de nouveau morceau de bravoure qui mérite, bien plus que d'autres sans doute, d'être précieusement conservé dans les archives de notre malheureuse République anormale. Une République qui va à vau-l’eau.
A l’analyse froide de ce discours, on remarque tout de suite qu’il apparaît destructif. Sa force tient seulement à son dogmatisme… Une pâte colorée, aromatisée, mais désespérément molle et insipide. Nul n’est besoin d’être cynique pour se demander ce qu’il y a de véritablement original et nouveau dans un tel discours. Comme quoi dans cette crise, les premiers ministres passent et leurs discours se ressemblent étrangement. Mais les maux qu’ils dénoncent ( ?) perdurent… tragiquement.
Un aveu de taille : « Bohoun Bouabré à bien travailler, mais il faut qu’on essaie autre chose… » En le disant, Banny dit ses bas-fonds comme l’iceberg dit titaniquement sa partie immergée, son invisible sans lequel il ne serait pas visible.
Le peuple de Côte d’Ivoire qui croyait naïvement, que le Premier Ministre Banny allait, avec l’onction d’être « accepté par tous » et de « tous les pouvoirs » dont il dispose, pouvoir trancher avec le mensonge qui couvre cette crise depuis 4 ans qu’elle dure. A vrai dire, il n’était pas besoin d’être grand clerc de la sociologie politique pour se rendre compte que le DDR et la réunification du pays ne sont pour lui qu’une mission subsidiaire. Les faits récents, que nul n’ignore, donnent hélas raison aux prévisions les plus pessimistes... Notre nouveau locataire de la primature n’a-t-il pas vite fait d’emboucher la trompette Élyséenne pour nous ressortir ce vieux fonds de commerce plus que galvaudé de mutinerie ?… Quel désastre !
Monsieur Banny dit-on, est très jaloux de son indépendance et de son honnêteté intellectuelle. Et pourtant, s’il est Premier Ministre aujourd’hui c’est bien par la volonté et par la force de Chirac. Rien d’autre… Comment pourra-t-il alors travailler pour la côte d’Ivoire (sic) ainsi chapeauté par les canaux Élyséens ? Quel discours Monsieur Banny, Ministre de l’Economie et des Finances, envisage-t-il de tenir à Soro, son frère en Chirac, pour que l’argent des contribuables Ivoiriens (pour le moment de la zone gouvernementale) n’entretienne pas indéfiniment un oisif petit rebelle ?
Les acteurs politiques nationaux et hexagonaux ont, certes, salué la formation du nouveau gouvernement, ce cocktail inédit : une bonne dose de chiraquie, une rasade de GIT et une pincée de gbagbocité. Cependant, ils n’en font pas moins la part entre ce curieux mélange et la réalité politique : le désarmement, la réunification du pays et les élections.
Ne nous y trompons pas. Tant que le Premier Ministre ne sera que l’écho de la vision politique de l’Elysée et aura dans son gouvernement des rebelles, il recevra certes des satisfecit de Chirac qui le citera abondamment en référence, mais les bandes armées du MPCI ne déposeront jamais les armes. Les coups de stylet et les palinodies des rebelles et de la France l’attestent bien. Que les Ivoiriens se le tiennent pour dit. Et cela restera vrai aussi longtemps que la fameuse communauté internationale et surtout les Etats Africains ne reconnaîtront pas la Vérité au-delà du seul point de vue de la France. Car ils devront un jour convenir que l’époque de la prise du pouvoir par des bandes armées et autres rébellions en savate est bel et bien révolue. De même, il leur faudra admettre qu’on ne saurait régler la crise ivoirienne (et toutes les autres d’ailleurs) dans le mensonge et la promotion des fausses valeurs…
Avec l’allure que prennent les choses , ce gouvernement présenté avec beaucoup de délectation, n’est-il pas en définitive qu’un remplissage de pure forme, un équilibrisme pour la « Paix et la réconciliation » (l’expression est désormais consacrée) ? Ce serait alors une alarmante vocation et une bien triste image pour Monsieur Banny et pour notre pays. Parce qu’en l’espèce, aucune paix, aucune réconciliation ne pourra se faire en dehors de la Vérité indépendante et libre. Quel qu’en soit l’objectif, il ne peut y avoir d’alliage possible entre le faux et le vrai.
L’espoir que le Premier Ministre a suscité pour le peuple Ivoirien de déconnecter la politique du mensonge, d’encourager le mérite et de cultiver l’éthique se révèle à la fois périlleux et chimérique... C’est une incontournable continuité dans l’opacité des méandres de la recolonisation de la Côte d’Ivoire … Nous sommes encore pour bien longtemps sur ce chemin des horizons brumeux et tempétueux. Hélas ! C’est vrai qu’il est mieux de vivre dans un environnement sain. Mais pour nous c’est à l’ensemble des problèmes qu’il convient d’apporter une solution globale et non sectorielle. C’est une réponse globale qu’il faut tâcher d’apporter à notre patrie malade d’elle-même, malade de la démission de ses dirigeants, malade du culte des fausses valeurs, malade du vide moral…
En tous cas, nous avions espéré qu’avec Banny, nous allions commencer par avoir un début de réponse sur les motifs réels du drame dont nous sommes victimes... Pourquoi ? Au nom de quoi ? Qui sont les commanditaires ? Qui financent ?... Ces images sont là, encore fraîches dans notre mémoire, et parlent d’elles-mêmes… Et pourtant, ces tueurs, chaque fois, sont primés, honorés, sanctifiés... par une communauté internationale hypocrite avec la complicité insultante de l’Etat de Côte d’Ivoire. Quelles sont les raisons profondes, affreuses, effroyables de ce deal avec les rebelles et la France qui nous ronge l’âme et que personne au sommet de l’Etat ne veut dénoncer ni regarder de face ? Y a-t-il en ce qui les concerne une limite de ce qu’il faut faire et de ce qu’il ne faut pas faire et de ce qu’il faut dire et de ce qu’il ne faut pas dire ? … Est-il devenu politiquement incorrect de ne pas accorder aux rebelles leur droit de Mazeaud et de dire la vérité, toute la Vérité sur ce qu’ils sont en réalité : des voyous armés dont un Etat civilisé ne devrait même pas s’accommoder ? C’est pourquoi le Premier Ministre n’a pas à fricoter avec eux au risque de se salir d’une tache indélébile. Car ces rebelles, pour être « ex » n’en sont pas moins des buveurs de sang de sinistre mémoire. Des individus qui ont érigé la haine, le fanatisme, le meurtre, les théories tribales en programme de gouvernement au service de leur appétit de pouvoir.
L’ONU, pour paradoxal que cela puisse paraître, veut-elle vraiment du règlement de la crise ivoirienne ? Sinon comment comprendre cette nouvelle transe du GIT ? Ce démembrement de la coalition anti-Côte d’Ivoire se préparerait à réserver à notre Assemblée Nationale un sort anti-national ? Au nom de quoi ? Au nom de quelle morale, de quelle éthique, de quel principe ?... Au nom de quelle Paix et de quelle Réconciliation promeut-on des symboles d’une société de type barbare ? Pourquoi tant de blocages meurtriers dans la marche vers la PAIX de notre pays ?
Dans quel Etat Républicain sommes-nous avec ces deux constitutions ? La Constitution de juillet 2000, votée par les Ivoiriens et la constitution-résolution 1633, inspirée par la France chiraquienne ? Deux hymnes nationaux : l’Abidjanaise et le croassement folklorique du GIT… Quand une société atteint une telle pathologie… il faut garder la main appuyer sur la sonnette d’alarme. Car nos amis de la France, de l’ONU, du Burkina Faso, du Mali, etc., aiment tendrement la Côte d’Ivoire à la seule condition que les Ivoiriens disparaissent… L’insulte et le mépris doivent quand même avoir des limites !
Un autre sujet qui n'est d'ailleurs pas sans relation avec la question précédente. En effet, nous ne parvenons absolument pas à comprendre comment dans l’esprit du Premier Ministre se justifie la place qu’occupe Soro dans le gouvernement. Il nous paraît de première importance qu’il éclaircisse aux Ivoiriens sur quoi repose une telle promotion qui relève à nos yeux non seulement comme une provocation, mais aussi comme un dangereux message pour l’avenir de notre pays en particulier et de toute la sous région en général.
Sinon, comment Monsieur Banny explique-t-il la légitimation qui est faites aux bandes armées dozos ? Est-ce parce que Soro est doué en la matière qu’il est vice premier ministre ? Est-ce seulement parce que Dacoury excelle dans le domaine de la Solidarité Nationale qu’il a été promu ? Si non, il aura avant même de n’avoir commencé, failli à sa Mission. Si telle est que cette mission consiste vraiment à réconcilier les Ivoiriens. Une mission inachevée comme une symphonie funèbre. Dommage !
Nous faisons sans doute partie du très petit groupe (?) de personnes qui pensent que le cordon ombilical qui lie le Premier Ministre à la France et ses ambitions politiques présidentielles, supposées ou réelles, en couveuse et goupillées par des cercles informels de réflexions d’où il ira variablement tirer les axes d’orientation de son programme, risquent de le perdent… Et nous faisons partie du groupe encore plus restreint qui croit que c’est son admirateur Chirac et son Vice-premier Ministre, Soro Guillaume, chef ( ?) de la rébellion qui vont l’anéantir… politiquement.
Si beaucoup d’actes intolérables sont tolérés, beaucoup de faits inacceptables sont acceptés, un certain mépris à la vie des Ivoiriens inadmissible est admis, c’est bien à cause de la volonté du peuple de Côte d’Ivoire à aller à la paix. Mais pas une paix immonde et immorale. Quelle morale devrons-nous inculquer à nos enfants sous l’avalanche des questions desquels nous ployons quotidiennement ? De grâce ! Epargnons aux enfants d’aujourd’hui, adultes de demain, nos vices suicidaires, notre misère morale. Il y va de la survie de notre pays…
Les valeurs que la France dit défendre en Côte d’Ivoire ne sont point celles des droits de l’homme, mais celles de balles traçantes tirées à coeur joie sur des jeunes aux mains nues ! Leurs crimes, défendre leur pays contre l’imposture ! Les Ivoiriens défendent leur souveraineté contre un ennemi aveuglé par sa seule puissance militaire, piétinant sous ses bottes les lois et les traités internationaux, croyant être capable de tout et d'imposer sa vision simpliste du monde… Il faut vraiment refuser de voir pour ne pas voir. Car de tout ce qui se dit et se fait dans la crise ivoirienne, d'où que l'on se place pour en juger, on est bien obligé de reconnaître à Chirac sa guerre en Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens ne sont plus dupe des tartufferies de la prétendue amitié franco-ivoirienne… Chirac n’a pas envoyé une armée de 4000 soudards en Côte d’Ivoire qui lui coûte des millions de francs par jour pour les beaux yeux des Ivoiriens. Si les morts de novembre 2004 ne lui ont pas suffit, qu’il vienne en tuer davantage. Ce n’est pas ça qui transformera la Côte d’Ivoire en la Corrèze.
Comme on le voit, le Premier Ministre se donne facilement bonne conscience en proclamant avec force son adhésion au désarmement qu’il ne se donnera jamais les moyens d’atteindre. Mais qu’il est commode d’exprimer devant les micros et les caméras du monde entier. Les Ivoiriens seraient donc bien inspirés de s’en rendre à l’évidence et de cesser de croire que le Salut de leur Nation viendra de Banny. A bon entendeur salut !
Publié le 09/07/2007 à 12:00 par sergegrah
Le nom de Souleymane Cissé est à lui seul une référence dans le cinéma africain. Avec plus d’une vingtaine de films et documentaires à son actif, il a été double Etalon de Yennega avec Baara et Finye et le premier cinéaste africain à être primé à Cannes en 1987 avec son long métrage Yeelen. Président fondateur de l’UCECAO, il a été élevé le 1er janvier dernier au rang de commandeur de l’Ordre National du Mali par le Président ATT.
Souleymane Cissé, vous êtes le Président de l’Union des Créateurs et Entrepreneurs du Cinéma et de l’Audiovisuel de l’Afrique de l’Ouest (UCECAO), on est alors tenté de vous demander quel est l’état des lieux du cinéma africain ?
Il va m’être difficile de faire l’état des lieux du cinéma africain. Ce que je puis dire, c’est que nous avons d’énormes difficultés tant dans la production que dans la diffusion de nos films. Nous pensons donc que les créateurs et les entrepreneurs doivent se donner la main pour essayer de sortir le cinéma africain du piège dans lequel il est. Le problème du cinéma africain est un problème de volonté politique. Nous allons beau crier, beau faire tout ce qu’on veut, s’il n’y a pas une volonté politique pour le cinéma, l’industrie cinématographique n’existera pas chez nous. Les pays africains qui l’ont compris et qui ont su donner une réelle volonté politique à leur cinéma, brillent aujourd’hui. Je pense notamment au Maroc, à la Tunisie… Si leurs productions nous font honneur, c’est parce que les dirigeants de ces pays ont très tôt compris que le cinéma est un moyen très fort pour non seulement promouvoir l’image de leur pays à l’extérieur, mais en même temps une industrie qui peut générer d’importantes devises. Chez nous, malheureusement, le cinéma est vu comme un ennemi du pouvoir, un secteur à ignorer, à museler ou à contrôler.
Quelles sont les actions que vous avez entreprises pour sensibiliser les dirigeants africains sur le rôle du cinéma ?
En créant l’UCECAO en 1997, notre objectif était de former les jeunes cinéphiles, de mobiliser et de sensibiliser les professionnels du cinéma et de l’audiovisuel, les opérateurs socio-économiques et les pouvoirs publics afin de donner un nouvel essor au cinéma ouest africain. Il s’agit de donner aux films africains, à travers cette union, une nouvelle visibilité et la possibilité de rencontrer le plus régulièrement possible son public. Pour atteindre cet objectif, la première étape de l’UCECAO a consisté à réfléchir aux moyens de regrouper, de conserver et de archiver le patrimoine audiovisuel ouest-africain. La conservation de la mémoire cinématographique est pour nous un enjeu important qui participe à la sauvegarde de la culture africaine… Or, nos archives audiovisuelles et cinématographiques sont pour la plupart stockées hors du continent, parce que les conditions offertes par nos structures ne sont pas suffisantes pour garantir leur conservation optimum. C’est pourquoi, il est absolument nécessaire que l’UCECAO travaille à la réalisation de son projet de construction du « Ja So », la Maison de l’Image. Aussi, avons-nous entrepris des démarches pour aboutir à la réouverture progressive de la plupart des salles de cinéma de la sous région. Cela constitue pour l’UCECAO un grand sujet de préoccupation. Il nous faut aujourd’hui multiplier les facilités d’accès à la culture cinématographique du grand public… A la mi-décembre dernière, l’UCECAO a organisé sa première compétition internationale de films ouest africains à l’attention des réalisateurs en herbe. L’objectif était d’encourager les nouveaux talents de la sous région et de donner la possibilité à de nouvelles œuvres d’êtres projetées. 4 films étaient en compétition et c’est votre compatriote Alex Quassy qui a enlevé le premier prix pour son film « Les bijoux du sergent Digbeu »… Nous avons installé une antenne de l’UCECAO dans chaque pays de l’Afrique de l’Ouest afin que les dirigeants, les hommes politiques, les responsables à quelque niveau que ce soit, s’intéressent à cette structure en la soutenant. Au Mali, les choses se passent plutôt bien. Notre initiative est soutenue par le Centre National Cinématographique. Mais ce que nous voulons, c’est que ce soit ainsi dans l’ensemble des États de l’Afrique de l’Ouest afin que d’une même voix, on puisse dire un jour « vive le cinéma, vive le cinéma africain ».
Ça fait quand même 10 ans qu’on ne vous voit plus vu sur les écrans… que se passe-t-il ?
Pendant 10 ans, je me suis intérieurement organisé. J’ai travaillé à la mise sur pied d’une structure sous-régionale qui puisse être pour les nombreux jeunes cinéphiles africains un espoir. L’UCECAO est aujourd’hui un interlocuteur valable entre le pouvoir, les professionnels du cinéma et les mécènes. Il fallait instaurer ce dialogue pour convaincre les politiques qu’ils ne sauraient avoir meilleurs ambassadeurs que les cinéastes… Et puis, en ce qui me concerne personnellement, je travaille sur ma prochaine production, « Nyamina Sory ». Je n’en dirai pas plus pour le moment. En général, je n’aime pas parler de ce qui n’est encore qu’un projet.
Quelles sont les innovations auxquelles vous vous attendez à la 20e édition du Fespaco prochain ?
Le Fespaco est un festival très important pour les cinéastes africains. Mon souhait est qu’il devienne incontournable dans le paysage cinématographique mondial. Mais avant tout, il faut que l’édition de 2007 soit celle de la maturité tant au niveau de l’organisation que de la qualité des films en compétition… Ce serait réconfortant non seulement pour les cinéastes, mais aussi pour le festival lui-même. Je souhaite également qu’il y ait beaucoup de jeunes créateurs. Ce sera pour moi la belle surprise et l’innovation. Sinon, ce serait vraiment dommage. Car on aura failli à notre mission.
Dans quelle catégorie allez-vous compétir ?
J’ai un court métrage qui sera en compétition… Je ne peux rien dévoiler pour le moment. Je donne seulement rendez-vous aux cinéphiles à Ouagadougou.
Un critique dans une boutade a affirmé qu’avoir vu un film africain, c’est de les avoir tous vus. Qu’en dites-vous ?
Non ! C’est juste qu’il méconnaît le cinéma dont il se proclame critique et qu’il ignore tout du cinéma africain. Il y a tellement de belles créations cinématographiques africaines qu’entendre de tels propos prouve tout simplement que son auteur est un grand ignorant… C’est vrai que nous n’avons pas les moyens d’Hollywood, mais nous avons accompli un excellent travail qu’il suffit simplement de reconnaître.
Des perspectives d’avenir ?
J’ai l’ultime conviction que le salut du cinéma africain sera dans la formation des jeunes… Il faut juste pour cela que les pouvoirs publics se décident à le soutenir.
Réalisée à Bamako